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Pour Banksy, il y a un "mince espoir" pour que l'art soit utile en Palestine

Une oeuvre de Banksy dans les rues de Bethléem. | © Belga

Société

Contacté par le Financial Times, le street-artist Banksy explique les motivations derrière ses oeuvres qui s'inscrivent sur les murs de Cisjordanie.

 

Voilà maintenant plusieurs mois que le très mystérieux Banksy a pris ses quartiers dans la région de Bethléem. À travers ses oeuvres, dont deux récentes et à forte portée symbolique, l'artiste britannique tente de faire passer un message universel.

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Au lendemain de la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël, Banksy a eu l'art du clin d’œil bien placé en dévoilant deux nouvelles oeuvres : "Peace on Earth" qui symbolise la paix (possible ou non) au Proche-Orient. Et celle des deux anges braqueurs qui tentent d'élargir la barrière de Cisjordanie. Interrogé par mail par le Financial Times, l'artiste dont on ne connaît toujours pas l'identité, explique sa démarche et son implication dans cette région.

Surréalisme et engagement politique

"La présence invisible de Banksy dans cette partie de la Cisjordanie est devenue de plus en plus forte", souligne le quotidien britannique. Particulièrement sur le fameux mur territoire palestinien de Jérusalem-Est. “J’ai été attiré par le mur. Sa surface me semblait très bien adaptée à la peinture”, explique-t-il.

En Palestine il y a un mince espoir pour que l’art soit utile à quelque chose.

Comme le rapporte le Financial Times, Banksy a commencé à peindre en Cisjordanie dès 2003, dès sa première visite sur place. Il raconte alors ses premières impressions : "Pour être tout à fait honnête, je connaissais très peu le Moyen-Orient quand je suis allé là-bas. Vous savez, j'avais juste l'image que l'on montre aux infos : un tas de gens qui s'entretuent habituellement". Début 2017, le graffeur inaugurait l'ouverture d'un tout nouvel hôtel à Bethléem "avec la pire vue au monde”. Son nom, « The Walled Off », faisant directement référence au gigantesque mur tout proche, construit par les Israéliens, ainsi qu’au luxueux Waldorf Hotel. "Voir la disparité entre les deux côtés du mur était choquant, parce que vous pouvez voir que l'inégalité est totalement évitable", explique-t-il. Emprunt d'un surréalisme qu'on lui connaît bien, l’hôtel du street artist est la manifestation d'un engagement politique tout en fresques et installations.

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"D'artiste en visite", le statut de Banksy est passé à celui "d'investisseur", note le quotidien financier en interrogeant l'artiste sur l'impact de son oeuvre et sa capacité à changer les choses. "Il existe peu de situations où un street artiste peut s’avérer utile. La plupart de ce que je fais a uniquement un but esthétique", estime l'artiste incognito qui reste tout de même optimiste. "En Palestine il y a un mince espoir pour que l’art soit utile à quelque chose. Tout ce qui stimule les jeunes, en particuliers les jeunes Israéliens, peut aider."

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