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Nong Rose, la boxeuse transgenre qui a marqué l’histoire du ring français

Nong Rose, de son nom d’origine Somros Polchareon. | © AFP PHOTO / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Sport

Ce samedi, la Thaïlandaise Nong Rose s’est inclinée face au champion de France Akram Hamidi. Sportive autant au symbolique, cette rencontre marquait une grande première dans l’histoire du ring français.

 

On la surnomme « le lady boy aux genoux d’acier ». En France, elle est la première boxeuse transgenre à s’être frottée aux cordes d’un ring de gala officiel. Une grande première qui s’est déroulée ce samedi 6 janvier, dans l’enceinte du stade Pierre de Coubertin à Paris, lors d’un combat qui l’opposait au monstre français de la boxe thaïe, Akram Hamidi.

Une victoire malgré la défaite

Les cheveux tressés, la tenue rosée et les lèvres maquillées, Nong Rose est une professionnelle de muay thaï. À son actif, quelques 300 combats et 150 victoires. Sur le ring, ce petit bout de femme « née dans un corps d’homme » – comme elle se définit elle-même – a mis plus d’un adversaire KO. Si face au champion de France en titre Akram Hamidi, la Thaïlandaise de 21 ans s’est inclinée ce samedi, le combat restera gravé dans les mémoires, dépassant le simple cadre de la discipline.

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Soutenue par les uns, raillée par d’autres, Nong Rose a su porter un message fort depuis le ring du stade Pierre de Coubertin et ce malgré la défaite. « Cela permet de promouvoir les trans, de montrer que nous valons autant que les autres. Nous ne sommes pas faibles », a-t-elle confié à l’AFP. Sans vouloir être le porte-étendard de la communauté transgenre, la jeune femme se dit fière de combattre au milieu des hommes et balaye les préjugés d’une paire de kicks.

« Je n’ai plus peur du regard des autres »

Alors qu’elle combattait pour la première fois en dehors des frontières de l’Asie, la Thaïlandaise de 21 ans ne craint plus les regards obliques. « Je n’ai pas peur du regard des autres », confiait-elle. « J’ai l’habitude maintenant ». Initiée à la boxe dès l’âge de 8 ans et assumant progressivement sa féminité dans les salles d’entraînement, Nong Rose a dû tenir tête à des adversaires hostiles. « Certains boxeurs me regardaient de travers et affirmaient que les trans ne pouvaient pas gagner », se souvient-elle. Même chez les sponsors, la tolérance n’a pas toujours été au rendez-vous. « Certains boxeurs refusent de l’affronter », raconte à l’AFP Pariyakorn Ratanasuban, qui s’occupe de la carrière de Nong Rose depuis trois ans. « Ils savent que la pression sera plus forte. Et craignent les commentaires en cas de défaite. À l’inverse, j’ai parfois affaire à des hommes très intéressés à l’idée de la rencontrer. Ils ont compris que le combat bénéficiera d’une grande publicité. »

La Thaïlandaise Nong Rose face au champion de France Akram Hamidi. AFP PHOTO / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

La boxe avant tout

Bien consciente du phénomène médiatique suscité par son combat, la jeune femme préfère se concentrer sur sa carrière de boxeuse avant de poursuivre des objectifs plus personnels. Si la Thaïlande ne reconnaît pas légalement le changement de genre, Nong Rose assume ses choix jusqu’au bout. « Aujourd’hui je ne prends plus d’hormones car cela influe sur ma condition et ma boxe, j’ai moins d’énergie. Mais dès que j’arrête la boxe, je fais toutes les opérations pour finir ma transformation », a-t-elle déclaré. Son rêve ? Ouvrir une école de muay thaï, « pour transmettre mon savoir aux Thaïlandais mais également aux Occidentaux ».

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