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Comment se préparer pour le Super Bowl comme un vrai Américain ?

Le match du Super Bowl commencera ce dimanche dès 18h30, heure locale. | © Pexels

Sport

Comme chaque année, le Super Bowl marque l’année américaine comme peu d’autres évènements. Si l’envie vous venait, en Belgique, de le regarder, voici comment vous y préparer comme là-bas.

 

2014, Coupe du monde de football. Chaque bar s’est transformé en stade et chaque copain qui maîtrise le concept du hors-jeu en arbitre suppléant. Les autres, une mousse à la main et l’autre serrée en poing vindicatif, ont muté en Rodrigo Beenkens particulièrement vocal. Marc Wilmots est un héros national, alors que les rues voient se déverser une marée noire-jaune-rouge, après une nouvelle victoire des « petits Belges ». Ah, ce qu’on est fiers, mais surtout, ce qu’on aime cette foule rigolarde réunie dans, si ce n’est l’amour du sport, la joie d’une soirée d’union footballistique.

Maintenant, imaginez que les Nord-Américains ont la chance de vivre cela chaque année, à l’occasion du sacro-saint Super Bowl, la finale du championnat de la NFL – la ligue US de football américain. Et comme ici durant le Mondial, nul besoin d’être un grand amateur de football pour se réjouir de l’arrivée imminente de la compétition ultime, ce 4 février. « Même si on ne suit pas le sport en général, il est probable qu’on fête le Super Bowl. Pour moi, c’est l’incarnation de tout ce qui est le plus américain – pour le meilleur et pour le pire – : la bouffe grasse, la bière diluée, les publicités et un sport violent et macho », prévient Anna Weber.

©EPA/RALPH LAUER

Cette jeune américaine a connu les deux grandes compétitions, en Europe et aux États-Unis, et sait donc de quoi elle parle. Tombée raide dingue du plat pays, elle voyage entre ses deux patries avec plus d’ardeur qu’un amoureux transi. Et se préparer pour de grands matchs, elle connait – surtout dans son pays natal, où le Super Bowl est un évènement aussi incontournable que Thanksgiving. À l’occasion de la grande finale américaine, elle dispense ses conseils pour vivre le match des étoiles plein les yeux, façon ricaine.

1. Ne pas lésiner sur la quantité

On aime se le répéter de notre côté de l’Atlantique, mais la parcimonie ne fait pas vraiment partie des valeurs du drapeau américain. Si on y aime souvent voir grand, le Super Bowl est l’occasion de voir titanesque. Et c’est valable également pour les assiettes : « Tout le weekend, il y a un monde fou dans les supermarchés, qui sont à moitié dévalisés. On cuisine des ‘appetizers’ : des entrées assez simples et bien grasses, en proportions énormes. Pensez aux ailes de poulet, aux boulettes, aux ‘dips’ (des sauces épaisses dans lesquelles on trempe des chips), aux crudités et aux plats ‘tex-mex’ comme du chili ou des nachos », décrit Anna, à propos de ce qui se trouvera sur sa table ce dimanche.

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2. Choisir son équipe

Cette année, au milieu d’un stade gigantesque devenu la scène d’un show « à l’américaine », les Patriots de la Nouvelle-Angleterre – les gagnants de l’année dernière – affronteront les Eagles de Philadelphie. Et comme dans tout match, c’est forcément choisir son camp qui crée la tension indispensable à une bonne compétition. C’est aussi elle qui fait toute l’ambiance, dans les rues des États-Unis. « Je vis actuellement à Pittsburgh, d’où vient l’équipe des Steelers. Si notre équipe était dans le Super Bowl cette année – comme elle était censée l’être, mais n’en parlons plus -, toute la ville serait fermée, sauf les bars. Toute le monde serait collé devant le match, et à chaque ‘touchdown’, on entendrait des cris de joie partout », raconte notre conseillère américaine. « Et si on gagnait le Super Bowl ? Pas moyen de bouger dans ou à travers la ville ! Les gens seraient dans la rue jusqu’au lendemain pour faire la fête ».

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3. Bien s’entourer

Plus qu’une compétition sportive encore, le Super Bowl est un évènement social. Pas question dès lors de rester dans son coin : si on n’est pas parmi les heureux élus du stade, on s’entoure au moins du mieux qu’on peut, chez soi. « J’ai toujours trouvé que ça représentait une occasion de se réunir, entre amis la plupart de temps, mais parfois avec sa famille si on vit près de là d’où on vient », décrypte Anna Weber.

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« Le jour même, on se réunit chez quelqu’un ou on invite des gens chez nous. Parfois c’est quelques heures avant le ‘kickoff’ – vers 18h30 cette année -, parfois c’est juste avant le début du match. Et on reste ensemble toute la soirée ! » Cette année, elle et son compagnon inviteront plusieurs amis dans leur appartement de Pittsburgh. « On s’attend à passer un bon moment entre potes, une soirée pour se détendre ».

4. Ne pas penser qu’au match

Bien sûr, il y a le match en lui-même, mais le Super Bowl, c’est surtout une affaire… de pubs. Nombre d’Américains attendant avec impatience les créations publicitaires exclusives, drôles ou percutantes, que les annonceurs réservent à cette occasion. La compétition est également ponctuée de prestations d’artistes grandioses, dont notamment la très attendue mi-temps. « Il y a toujours un groupe qui regarde le match avidement, et un autre groupe qui n’est pas là pour ça, mais pour la nourriture et la compagnie, qui n’est pas particulièrement posé devant la télé, mais qui y jettera un œil de temps en temps », commente Anna.

©EPA/TANNEN MAURY – Les Black Eyed Peas à l’occasion du Super Bowl, en 2011.

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Son compagnon, Cameron Barnett, un professeur et poète américain, intervient brusquement : « Ce n’est pas relaxant, le Super Bowl. Regarder le sport, c’est stressant en soi ! » Facile de deviner, dès lors, dans quel groupe chacun se retrouvera ce dimanche.

5. S’apprêter à parler de politique

Dans le climat politique actuel, où les dissensions entre démocrates et républicains sont plus présentes que jamais, un moment de rassemblement comme le Super Bowl est forcément un évènement qui délie les langues et permet d’échanger les points de vue, et pas que sur le sport.

Anna Weber espère également que les médias en profiteront pour aborder des sujets délicats liés à l’univers du football américain, le sport le plus populaire aux États-Unis. Elle mentionne notamment le racisme rampant du milieu envers les noir-américains, récemment dénoncé sur le terrain par les joueurs. L’ETC – pour « encéphalopathie traumatique chronique » également, une « condition cérébrale qui affecte beaucoup de joueurs et cause dans certains cas la mort. Ce sont de vrais problèmes qui existent au sein de la ligue et dont elle devrait s’occuper. La ligue pourrait au moins commencer par laisser les joueurs parler ouvertement et plus longuement de ce qui les concerne. Car la politique et le sport, c’est impossible à séparer l’un de l’autre », explique-t-elle.

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Et sa perspective est, de son propre aveu, assez unique : Anna fait de l’accompagnement scolaire avec de jeunes joueurs de football américain, à l’université. Elle estime cependant que leurs problèmes seront à nouveau passés sous silence : « La couverture médiatique parlera de politique de façon polémique, et ça ne servira à rien », déplore-t-elle. « Mais moi, avec mes potes ce dimanche et avec des pizzas et des ailes de poulet, on va sûrement parler de politique. Pour manger, regarder du sport et se parler librement de ce qui nous intéresse : rien que pour ça, j’ai très hâte d’y être. Et c’est probablement ça l’essence d’un événement comme le Super Bowl, pour moi ».

 

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