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Super Bowl : Pourquoi le football américain n’aura jamais son heure de gloire à la télévision belge

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Sport

Pourquoi les Belges préfèrent-ils le ballon rond à l’ovale ? Une question de culture, bien sûr, mais aussi de règles – du jeu et publicitaires.

Super Bowl, coup d’envoi. Pour le spectateur lambda, qui s’attaque pour la toute première fois à la vision complète de cette super-production sportive américaine, le temps peut paraitre… drôlement long. Alors que le match débute cette année à 18h30 aux États-Unis, on s’attend à ce que le coup de sifflet final n’ait lieu qu’entre 22h et 22h30. La durée moyenne d’une retransmission de finale de la NFL – la Ligue nationale de football américain – est ainsi de trois heures et 44 minutes, à en croire The Verge.

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Et pourtant, le match en tant que tel ne dure que 60 minutes : quatre quart-temps de quinze minutes chacun, auxquels peuvent s’ajouter deux temps supplémentaires de deux minutes et demies. Côté temps effectif de jeu, le chrono tombait à 12 minutes en 2015, durant la finale du Super Bowl.

Un sport fondamentalement lent

Si à l’écran – et au stade -, la rencontre dure plusieurs heures, c’est à cause des règles de ce sport qui est, cinq mois durant, le plus populaire des États-Unis. À chaque blessure, penalty, passe incomplète, ou encore passation du ballon d’une équipe à l’autre, le chronomètre s’arrête. Le football « européen » n’en a quant à lui que faire, et perdre du temps peut faire partie de la stratégie d’un match.

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Dans le football américain, chaque arrêt de jeu est alors colmaté par de super-ralentis et de gros plans sur les joueurs du banc de touche, les coachs et les arbitres, pour un total de 75 minutes d’après le média Quartz.

Et pour occuper le temps restant, impossibles à manquer, il y a les publicités. Ces coupures – 20 en moyenne par affrontement – sont devenues partie intégrante de la culture du football américain. Par match, les spectateurs peuvent ainsi être confrontés à pas moins de 100 spots publicitaires. Soit plus d’une heure de coupures commerciales.

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Une statistique ahurissante, mais non moins lucrative, puisque selon L’Équipe, les publicités représentaient un revenu total de 445 millions de dollars en 2017, rien que pour le Super Bowl. Et avec pas moins de 111,9 millions de téléspectateurs derrière leur écran, le jeu en vaut la chandelle pour les annonceurs.

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Cache-cache pub

Mais cette débauche de publicités, qui découle notamment d’un jeu assez lent, est précisément la raison pour laquelle le football américain ne parviendrait pas à se faire une place à la télévision belge. Si la culture du petit écran américain autorise ce nombre invraisemblable de messages publicitaires, il n’en est pas de même en Europe, et certainement pas en Belgique.

Si les matchs de la NFL diffusés en Europe contiennent fondamentalement moins de publicités, la Belgique a quant à elle adopté des règles strictes en la matière : à la télévision – et à la radio -, la durée maximale de diffusion des pubs ne peut dépasser les 12 minutes par heure. Pour la RTBF, le Conseil supérieur de l’Audiovisuel est encore plus sévère : pas plus de 30 minutes de coupure entre 19 et 22 heures. Les chaines devraient alors faire preuve d’une sacrée imagination pour combler les temps morts qu’impose un sport comme le football américain.

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