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Sœurs de patins à glace, elles brillent aux JO mais pas sous le même drapeau

Marissa et Hannah Brandt, le 31 janvier 2018.

Sport

Marissa et Hannah ont nourri leur passion pour le hockey sur glace jusqu'à briller ensemble sous les projecteurs des jeux Olympiques de Pyeongchang.

 

L'une défend les couleurs des Etats-Unis. L'autre celles de la Corée du Sud. Patinant pour deux équipes différentes, Hannah et Marissa Brandt font pourtant partie de la même famille. Dans la vie comme sur la glace, les deux soeurs ont vécu un véritable coup de foudre et sont devenues meilleures amies. Main dans la main, elles ont nourri leur passion pour le hockey sur glace jusqu'à briller ensemble sous les projecteurs des jeux Olympiques de Pyeongchang.

Deux soeurs, deux pays, un sport

Née en Corée du Sud, Marissa fait partie des centaines de milliers d'enfants qui ont trouvé une nouvelle famille à l'étranger au début des années 1990. Adoptée peu après sa naissance par un couple américain, Greg et Robin, elle hérite du nom de Brandt et grandit dans le Minnesota aux côtés de sa soeur Hannah, née quelques mois plus tard.

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Après avoir patiné ensemble pendant des années pour figurer dans l'équipe américaine de hockey sur glace, elles ne concourront pourtant pas sous le même drapeau sur la glace des J.O 2018. Afin de renforcer son équipe nationale, Séoul a rétabli la nationalité sud-coréenne de Marissa, tandis que Hannah continuera de défendre les couleurs américaines. "C'est dingue", répond Marissa, 25 ans, lorsqu'on lui a demandé ce qu'elle pensait de la situation. "C'est au-delà de tout ce que nous aurions pu rêver." Tout aussi enthousiaste, Hannah ajoute : "J'ai vraiment hâte d'être aux cérémonies d'ouverture. Mais pour ma sœur, de la voir marcher devant les fans sud-coréens, je pense que ça va être une expérience incroyable pour elle".

© AFP PHOTO / Brendan Smialowski

Trajectoires parallèles

Si l'agilité des deux soeurettes sur la glace s'est révélée dès leur plus jeune âge, Marissa a d'abord enfilé les patins artistiques avant de les troquer contre ceux de hockey et ainsi suivre la trajectoire de sa cadette. "Je voulais m'intégrer, n'être en rien différente de ma soeur", explique-t-elle à l'AFP. "On a toujours été meilleures amies et tout fait ensemble", ajoute sa soeur. Jusqu'à leur départ dans deux universités différentes, les soeurs Brandt patinent sans relâche. Hannah en tant qu'avant-garde pour l'université du Minnesota et Marissa pour le collège voisin de Gustavus Adolphus.

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Malgré la distance, elles sont toujours restées en contact pour se soutenir dans leurs compétitions respectives. Et c'est encore le cas aujourd'hui, bien que la paire vit désormais à des milliers de kilomètres depuis le retour de Marissa dans son pays natal. Un retour inattendu, après des années passées loin de sa culture et sa langue. Identifiée parmi les candidates nord-américaines pouvant être sélectionnées dans l'équipe sud-coréenne, elle fut contactée pour effectuer un essai en 2015. Désormais intégrée dans l'équipe des 319 hockeyeuses de Corée du Sud, Marissa porte désormais son maillot estampillé "Park Yoon-Jung", le nom figurant sur ses papiers d'adoption. "J'ai choisi de porter mon nom coréen sur le maillot car c'est vraiment mon seul lien avec la Corée", a-t-elle expliqué.

"Fière d'être Coréenne"

Aujourd'hui, Marissa se "considère Coréenne-américaine et plus seulement Américaine". "Je peux enfin dire que je suis fière d'être Coréenne", déclare-t-elle à l'AFP. Si la jeune Sud-coréenne souhaite également profiter de ce retour au pays natal pour rencontrer sa mère biologique, elle reste infiniment reconnaissante envers sa famille adoptive et l'accueil qu'elle a reçu aux Etats-Unis. "Je pense que l'adoption est une chose importante pour que les enfants trouvent un bon foyer et reçoivent de l'amour", souligne-t-elle. "Je remercie ma mère pour l'adoption. Elle voulait pour moi une vie meilleure, ce que j'apprécie".

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Quant à savoir si elle affrontera sa cadette sur la glace de Pyeongchang, les chances sont faibles, les deux nations figurant dans deux poules différentes et la Corée ayant peu de chances d'atteindre le carré final. Mais les deux jeunes femmes se surprennent à rêver : "On blague toujours en se demandant qui nos parents supporteraient en cas de confrontation", lâchent-elles avec le sourire.

 

 

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