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Comment cette skieuse « ordinaire » a réussi à concourir aux JO d’hiver

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Elizabeth Swaney a terminée 24e et dernière au classement des qualifications du ski half-pipe. | © Twitter

Sport

Malgré ses piètres prestations, la skieuse Elizabeth Swaney est parvenue à vivre l’expérience olympique sur le terrain prisé des Jeux d’hiver.

 

Qu’on se le dise, Elizabeth Swaney n’est pas si mauvaise sur une paire de skis. Mais pour une compétition du niveau des Jeux Olympiques, on est en droit de s’attendre à une meilleure performance. Lors des qualifications du half-pipe, l’athlète américaine – qui défendait les couleurs de la Hongrie sur la scène des JO 2018 – a livré une prestation déconcertante, le tout sans tenter la moindre figure. Et ce n’est pas le timide alley-oop (rotation à 180 degrés) tenté en toute fin de run qui lui épargnera la dernière place, l’éliminant ainsi de la finale olympique de ski half-pipe qui se déroule ce mardi à Pyeongchang.

Aucun risque

Terminée 24e du classement, la skieuse de 33 ans vient pourtant de réaliser son rêve olympique en dévalant, même à petite vitesse, le pipe des Jeux d’hiver. Si beaucoup ont jugé la prestation de l’athlète digne d’une débutante troisième étoile, son parcours révèle pour d’autres la spécificité décalée des Jeux Olympiques dont on ne compte plus les performances surréalistes.

Une question reste cependant en suspens : comment cette skieuse a-t-elle pu atteindre le pipe olympique de Pyeongchang avec une glisse aussi modeste ? Plusieurs spectateurs ayant assisté aux qualifications de ce lundi se sont étonnés, voire indignés, devant le run de Swaney pendant que ses concurrentes se risquaient à des blessures majeures en effectuant des tours de haut vol. L’Américaine naturalisée Hongroise a quant à elle préféré ne prendre aucun risque. Car pour celle qui a débuté le ski à 25 ans, éviter à tout prix les chutes fut par le passé une manière de gravir (lentement mais sûrement) les échelons du succès.

Leçon de détermination

Comme le précise le Denver Post, si Swaney est arrivée jusque Pyeongchang, c’est grâce aux nombreuses compétitions auxquelles elle a participé. Chine, Italie, France, Corée du Sud, Canada, Nouvelle-Zélande, Californie, Colorado : la jeune femme a parcouru le monde entier pour répondre à l’appel de la compétition et atteindre son rêve ultime des jeux olympiques. Sans jamais faire de grandes prouesses, c’est en évitant les chutes que la skieuse « a profité de celles de ses concurrentes pour grappiller des points décisifs », souligne RMC Sport.

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« J’ai vraiment travaillé de nombreuses années pour en arriver là », a-t-elle confirmé « déçue’ après sa performance qualifiée de « nulle ». Diplômée de Harvard, la trentenaire a porté avec abnégation les couleurs de la Hongrie, dont ses grands-parents maternels sont originaires, après avoir tenté sa chance avec le Venezuela dans d’autres sports d’hiver. Toujours selon RMC Sport, elle aurait même tenté de devenir gouverneur de Californie face à Arnold Schwarzenegger. Mais au-delà d’une belle leçon de détermination, le destin d’Elizabeth Swaney est aussi le résultat d’un manque relatif de profondeur dans le halpipe féminin, relève le Washington Post.

Vers une sélection plus restreinte

« Cette situation est principalement causée par le système de qualification et le peu de participants dans cette compétition », a expliqué le journaliste sportif américain Gergely Marosi sur Twitter. En effet, poursuit un vétéran de la Fédération Internationale de Ski dans le Denver Post« elles ne sont pas nombreuses à concourir dans ce circuit… et Swaney a participé à chaque Coupe du Monde où il n’y avait que 24, 25 ou 28 femmes », explique-t-il en évoquant la persévérance de l’athlète qui s’est toujours débrouillée pour figurer dans le top 30. Un constat qui pousse la Fédération internationale à revoir son système de sélection. « Il y aura des changements dans les quotas de la Coupe du Monde ainsi que sur qualifications pour être éligible aux Jeux Olympiques », a-t-elle précisé.

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Qu’à cela ne tienne, Elizabeth Swaney compte désormais se servir de son expérience olympique pour « inspirer d’autres sportives ». « J’espère que d’autres jeunes filles, en Hongrie ou ailleurs, se serviront de mon exemple pour se dire qu’elles ont une chance de vivre un jour la même expérience », a-t-elle déclarée.

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