Paris Match Belgique

Benjamin Deceuninck : quadra, footeux et… golfeur

Benjamin Deceuninck golf

Benjamin Deceuninck au golf de l'Empereur | © Christophe Bortels

Sport

Commencer le golf à trente ans sans être un fils à papa ou jouir d’un salaire à cinq chiffres, c’est possible. La preuve avec cette figure phare du service public qui a débarqué sur les green tardivement.

Elément incontournable du service des sports de la RTBF, le mari d’Elodie de Sélys se présente comme un insatiable mordu de football. On le retrouve aux commentaires des matches de Pro League, co-présentateur de La Tribune chaque lundi et bientôt chef d’orchestre de « l’épopée russe », le magazine quotidien ertébéen lors de la prochaine Coupe du monde.

L’ancien gardien de Mouscron se révèle aussi être un passionné de la petite balle blanche qu’il a apprivoisée sur le tard mais qu’il ne lâche plus. Il nous l’a prouvé il y a quelques semaines. Sous un vent ébouriffant et une drache piquante, celui qui se présente sur Twitter comme étant « payé aux mauvais jeux de mots » nous retrouve avec un large sourire. « Quand j’ai décidé de jouer, rien ne peut m’arrêter », clame-t-il en bombant le torse.  C’est parti pour un 9 trous en 9 questions.

Paris Match Belgique : Comment êtes-vous tombé amoureux du golf ?
Benjamin Deceuninck :
J’adore expérimenter de nouvelles disciplines sportives. À 30 ans, il me fallait un nouveau challenge à côté du football (Ndlr : Il évolue chaque week-end en Abssa, l’Association Belge des Sports du Samedi Après-midi). Amateur des tournois de golf à la télévision, j’ai eu envie de tester. J’ai immédiatement apprécié et suis très rapidement devenu accro. Quel pied une fois qu’on parvient à frapper la balle, cela procure un tel plaisir et une bonne dose d’adrénaline. Vous ne me verrez jamais sauter en parachute ou pratiquer des sports extrêmes. Ça fera peut-être rire certains, mais on peut vibrer en jouant au golf, oui !

Benjamin Deceuninck au golf de l'Empereur
© Christophe Bortels

Où cette addiction s’est-elle déclarée ?
Il y a 10 ans, j’ai commencé le golf à Anderlecht où il règne une très chouette ambiance, c’est un club idéal pour débuter. Et puis, c’est le seul 18 trous des 19 communes de Bruxelles. Je n’ai pris que trois heures de cours et puis j’ai appris par moi-même, j’aime bien découvrir seul et le golf est une discipline qui le permet. Assez vite, j’ai passé mes brevets pour pouvoir jouer sur un 18 trous.

Des greens bruxellois aux greens wallons

Il y a trois ans vous avez abandonné la capitale pour un club de la campagne wallonne. Pourquoi ?
En effet, je suis désormais membre du Golf de l’Empereur à Ways. Habitant en ville, cela me fait du bien de profiter du grand air de la campagne et ici à certains endroits du parcours on se croit au bout du monde, il y a des paysages magnifiques. D’autre part, si j’ai changé de club, c’est aussi pour progresser, plus spécifiquement au niveau de mon jeu long car le parcours de l’Empereur propose plus de profondeur par rapport à celui d’Anderlecht.

C’est quoi la particularité du golf par rapport à la pratique d’autres sports?
La magie de ce sport, c’est que sur un coup, je dis bien un, on peut faire quasi aussi bien qu’un professionnel. Je pratique également le tennis mais ne vous ne me verrez jamais claquer un revers comme Federer ! Et puis, cela permet de se vider totalement la tête, c’est pour ça que je joue régulièrement seul, généralement le jeudi qui est mon jour de congé. Ce sport nécessite aussi de se concentrer aux bons moments et de manière intense. D’être performant et juste à l’instant T. Un peu comme dans mon boulot où je dois réagir avec précision aux événements que je dois commenter.

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Le golf conserve l’image d’un sport de vieux pour beaucoup de gens.
Le cliché que c’est un sport de papy, il faut l’évacuer. À l’issue de mon premier parcours d’un 18 trous il y a de ça dix ans, je me rappelle que j’étais crevé. Ce sport nécessite une bonne condition physique, il suffit de voir le gratin mondial. Un gars comme Rory Mcllroy a pris 15 kilos de muscles ces dernières années, quant au premier mondial Dustin Johnson, c’est une armoire à glace ! Qui plus est, pour ces pros, tout est calculé au gramme près, ces mecs sont réglés comme des Formule 1.

Un sport accessible ?

Mais cela reste réservé à certaines bourses.
C’est vrai que ce n’est pas un sport bon marché. Personnellement, je paie une cotisation de 1 500 euros/an. J’ai trouvé du matériel de qualité en seconde main pour un prix abordable. Après, si on joue régulièrement, une fois par semaine pour ma part, cela ne revient pas beaucoup plus cher que de s’inscrire dans un club de tennis où il faut souvent dépenser plus de 20 euros de l’heure.

D’accord, mais il n’est pas toujours perçu comme le sport le plus fun. À pratiquer ni à commenter d’ailleurs.
À la rédaction, on se moque parfois de moi. ‘’Toi avec ton golf, pfff !’’ N’empêche que c’est un sport planétaire qui est connu sur tous les continents. Dans de très nombreux pays, il y a des joueurs de golf qui sont de véritables superstars au sein de leur nation. C’est loin d’être le cas pour tous les sports. Concernant le commentaire, c’est vrai que par rapport au foot, il vaut mieux y jouer pour pouvoir le commenter car c’est plus technique, plus complexe. Les règles du sport roi sont dans les grandes lignes assez évidentes. Mais lors des JO de Rio en 2016, j’avais pris énormément de plaisir, d’autant que Pieters avait livré un tournoi remarquable avant d’échouer au pied du podium.

Valeurs, philosophie, savoir-être : le golf défend une charte éthique pointue. Dans la pratique, comment comparez-vous l’atmosphère de la buvette de foot avec celle du club house d’un golf?
Ici à L’Empereur, l’ambiance est bon enfant, très sympa et décontractée, ça ne se prend pas la tête. Mais après, plus de gens me disent bonjour à la buvette que dans les clubs de golf, ça c’est vrai… Ce que je regrette, c’est que beaucoup de clubs revendiquent un droit d’entrée à payer en plus de la cotisation pour pouvoir jouer. C’est une mauvaise stratégie, le filtre de l’argent me dérange. Après, de très bonnes initiatives se développent autour de golf en Belgique pour le dynamiser, le démocratiser et le rajeunir. Autre exemple : les règles vont évoluer pour simplifier et accélérer le jeu, c’est la bonne voie à suivre.

Benjamin Deceuninck au golf de l'Empereur
© Christophe Bortels

Y-a-t-il un sportif belge provenant d’une autre discipline qui vous a épaté au golf ?
Tom Boon ! Il ne joue que depuis plus d’un an mais quel swing. Lorsque je l’ai vu jouer, il envoyait des patates à 270 mètres, comme un pro. Néanmoins, dans le petit jeu il doit encore évoluer, ce n’est pas le même type de sensation qu’avec un stick mais il a une facilité déconcertante. Notre consultant à La Tribune Marc Degryse se débrouille également fort bien. Tout comme Wesley Sonck. Sinon les frères Rochus sont monstrueux

Le golf de Benja en quelques points

Son parcours de référence
À Houthalen dans le Limbourg, le parcours est incroyable. Sinon les golfs de Spa, Waterloo se révèlent eux-aussi de très grande qualité.

Son joueur fétiche
Je ne vais pas être très original mais je dirais Tiger Woods. D’autant plus avec ce come-back tonitruant. Il parvient à faire trois Top 10 consécutifs, c’est dingue. Il faut rappeler que gagner un tournoi de golf, c’est beaucoup plus difficile que remporter un titre au tennis, c’est davantage concurrentiel.

  1. Les bons plans de Benja
    La première étape pour tester le golf, c’est le practice. Là, si vous y découvrez des sensations et que vous y prenez goût, il vous faudra prendre quelques cours individuels ou collectifs voire s’inscrire à un stage pour travailler votre technique. Pour le matériel, il vaut mieux demander conseil autour de soi via un copain ou un membre de sa famille qui joue. On peut trouver du matos de qualité en seconde main pour pas trop cher, c’est comme ça que je m’y suis pris pour acheter mes clubs. C’est un sport de paliers, parfois passer un niveau supérieur peut prendre du temps. Il faut travailler ses points faibles via des leçons supplémentaires ou jouer avec de meilleurs partenaires pour trouver la clé et évoluer. Actuellement, je suis Handicap 12.
  2. Fan de golf ? Retrouvez notre supplément « Golf 2018 » en librairie avec le Paris Match Belgique du 29 mars 2018

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