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Les trois mousquetaires belges des greens de golf

Pieters Colsaerts Detry

Thomas Pieters, Thomas Detry et Nicolas Colsaerts symbolisent toute la santé actuelle du golf belge. Ils sont jeunes, doués et charismatiques. | © Philippe Gaudy

Sport

La petite Belgique a gagné sa place sur la carte du golf mondial grâce, notamment, aux performances de Thomas Pieters, Thomas Detry et Nicolas Colsaerts. Trois joueurs plein de charisme et de talent qui font swinguer le plat pays. 

Ils sont trois à fréquenter les sommets du golf européen, voire mondial. Trois joueurs belges et fiers de l’être. Trois garçons dans le vent, jeunes, sympas, charismatiques et doués. Pour un petit pays sans grande culture golfique, c’est un vrai miracle. Et une fierté nationale. Thomas Pieters, Nicolas Colsaerts et Thomas Detry, c’est un peu un remake de David Goffin, Olivier Rochus et Xavier Malisse. Trois champions ‘self made men’ issus d’une génération en or. A consommer sans modération.

Colsaerts, la référence

Nicolas Colsaerts, 35 ans, fait presque figure de patriarche. C’est lui qui, au début des années 2000, a réellement placé la Belgique sur la carte du golf mondial. Certes, avant, il y avait eu Flory Van Donck, Donald Swaelens et Philippe Toussaint. Mais c’était une
autre époque. Le ‘Coels’ a débarqué sur le circuit professionnel à l’âge de 18 ans avec un style flamboyant et une frappe de balle improbable qui allait lui valoir ce fameux surnom de «Belgian Bomber». Son palmarès – deux titres sur l’European Tour (Open de Chine en 2011 et Volvo Matchplay en 2012) – traduit mal son immense talent. Avec un peu plus de travail, Nico aurait sans doute un CV bien plus étoffé. Mais il n’est pas du genre à cultiver les regrets. Artiste dans l’âme, il a toujours privilégié le il a déjà remporté trois tournois sur l’European Tour, terminé quatrième du Masters d’Augusta et participé à une Ryder Cup ! Mais, perfectionniste jusqu’au bout des ongles et d’une ambition défiant la raison, l’Anversois en veut toujours davantage. Il ne s’en cache pas : seule la victoire l’intéresse et il vise ouvertement la première place du ranking mondial. Ni plus, ni moins.

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Ce tempérament de ‘winner’, forgé dans les championnats universitaires américains où il a fait ses classes, passe plaisir, le panache et le culte du beau coup au calcul, à la spéculation et à l’attentisme. Attaquant de grand chemin, il n’est pas du genre à pratiquer
le ‘catenaccio’. Rappelez-vous cette Ryder Cup 2012 où, en état de grâce, il avait dominé le grand Tiger Woods en personne. « Mais c’est qui ce gars ? » avait même demandé l’Américain, interloqué par la frappe de balle exceptionnelle du Bruxellois. On ne remerciera jamais assez Colsaerts pour son apport au développement du golf en Belgique. Il a créé une dynamique gagnante, suscité des vocations chez les jeunes, médiatisé une discipline qui vivait dans l’ombre. Il a fait bouger les lignes. Sa popularité est immense, chez nous et à l’étranger. C’est un champion différent. Et quelque chose nous dit qu’il n’a pas fini de faire parler de lui. Jeune marié, il est récemment devenu papa. Pour lui, c’est une nouvelle vie qui commence avec peut-être, en toile de fond, une
deuxième carrière. Le ‘Dude’ n’a rien perdu de sa longueur de balle. Et, à son talent naturel, il ajoute désormais davantage d’expérience et de lucidité. Le chien fou est devenu vieux renard! Bref, il est toujours capable des plus beaux coups d’éclat sur n’importe quel
tournoi. Et, on le sait, les années de Ryder Cup ont tendance à l’inspirer…

Pieters, la fusée

Membre à part entière du Top 50 mondial, Thomas Pieters signe un début de carrière exceptionnel. A 26 ans, il a déjà remporté trois tournois sur l’European Tour, terminé quatrième du Masters d’Augusta et participé à une Ryder Cup ! Mais, perfectionniste
jusqu’au bout des ongles et d’une ambition défiant la raison, l’Anversois en veut toujours davantage. Il ne s’en cache pas : seule la victoire l’intéresse et il vise ouvertement la première place du ranking mondial. Ni plus, ni moins. Ce tempérament de ‘winner’, forgé
dans les championnats universitaires américains où il a fait ses classes, passe parfois pour de l’arrogance. En réalité, c’est pour lui une façon de se motiver, de repousser ses limites, d’améliorer son niveau. «Cela fait partie de son caractère de champion. J’ai rarement vu un joueur s’entraîner avec une telle intensité. Il joue chaque coup comme si c’était son dernier » résume Jérôme Theunis, l’un de ses coaches attitrés. En vérité, Pieters est l’exemple du joueur moderne. A l’instar de la nouvelle génération américaine, emmenée par Justin Thomas, Jordan Spieth ou Rickie Fowler, il possède un jeu à la fois complet et athlétique. Ses drives partent à plus de 300 mètres, ses approches sont d’une précision horlogère et ses putts millimétrés. Certes, il lui manque parfois un peu de régularité et il a souvent tendance à s’énerver lorsque tout ne fonctionne pas comme il le souhaite. Mais il faut que jeunesse se passe. Tôt ou tard, la balle roulera pour lui. «S’il remportait cette année son ajoute Theunis. L’an passé, après sa quatrième place à son premier Masters, ‘Young’ Pieters n’avait pas caché sa déception! « J’aurais parfaitement pu gagner sans ce mauvais coup sur le trou n°16 » fulminait-il. Voilà qui symbolise pleinement son tempérament !

Début avril, il reprendra le chemin de l’Augusta National avec le secret espoir de revêtir la légendaire green jacket. C’est dans sa nature. Et comptez sur lui, aussi, pour faire partie des douze apôtres européens qui partiront à la conquête de la Ryder Cup, fin septembre, au Golf National de Paris. En 2016, Pieters avait apporté quatre points à son équipe. Un record pour un rookie. Mais il veut faire mieux. Comme toujours!

Detry, l’homme qui monte

Troisième Mousquetaire du golf belge, Thomas Detry brûle aussi les étapes au soleil de son talent. Passé professionnel voici moins de deux ans, le Bruxellois est passé comme un météorite sur le Challenge Tour avant de s’installer en bonne place sur l’European Tour. Et ce n’est qu’un début ! De l’avis unanime, le jeune champion, formé à 7 Fontaines et au Ravenstein avant de suivre la filière universitaire américaine, est à l’aube d’une très grande carrière. «Il est vraiment très fort dans tous les secteurs : technique, mental et physique.Et, en prime, il intègre instantanément le moindre conseil. Quelque part, c’est un élève modèle» confie Jérôme Theunis. Agé de 25 ans, ‘Tom’ rêve de franchir, cette année, de nouveaux caps. « J’aimerais bien intégrer le Top 100 mondial
et remporter mon premier tournoi sur l’European Tour. C’est passé tout près en 2017 lors du tournoi de Munich où j’ai terminé deuxième…»

A plus long terme, il espère évoluer sur le PGA Tour américain et, bien sûr, gagner sa sélection au sein de l’équipe européenne de Ryder Cup. « Mais chaque chose en son temps. Tout va très vite. Il me faut gravir les paliers un à un… » Avant de se lancer dans la carrière professionnelle, il s’était fait un point d’honneur à terminer ses études en Business à l’Université de l’Illinois. Quadrilingue parfait, il aurait pu devenir cadre dans une grande multinationale. « Mais le golf, c’est ma vraie passion. Là, j’ai l’impression de vivre mon rêve… »

Unanimement considéré comme l’un des grands espoirs internationaux, il savoure chaque instant. Colsaerts et Pieters l’ont, au début, pris par la main. « Ils m’ont donné les bons tuyaux et fait rencontrer les bonnes personnes. Ce sont un peu mes deux grands frères… » Mais, là, le ‘gamin’ se débrouille très bien tout seul. « Il n ‘a pas de limite tant il progresse chaque jour » poursuit Jérôme Theunis. Trois Belges, trois talents différents. Mais, finalement, trois destins parallèles qui font flotter le drapeau noir, jaune et
rouge aux mâts des plus grands Club Houses!

Retrouvez également le dossier « golf » dans le Paris Match du 29 mars 2018

 

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