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Ça swingue en Belgique : le golf à la conquête du Royaume

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Sport

Nouveaux parcours, nombre de licenciés à la hausse, démocratisation grandissante : porté par les exploits de Thomas Pieters, Nicolas Colsaerts et Thomas Detry, le golf est parti, en Belgique, à la conquête d’un nouveau public

 

Le golf n’a jamais été aussi populaire et médiatisé en Belgique. Il le doit, bien sûr, aux exploits des nos meilleurs joueurs. Nicolas Colsaerts avait amorcé le mouvement lorsqu’il avait battu Tiger Woods lors de la Ryder Cup de 2012. Thomas Pieters l’a amplifié en terminant quatrième des Jeux Olympiques de 2016 et du Masters de 2017. Certes, le golf souffre toujours, dans notre pays, d’une image élitiste. Aux yeux de certains, c’est encore un sport de riches, de snobs et de vieux. Mais cette caricature évolue dans le bon sens. Le tennis et le hockey avaient, autrefois, le même genre de réputation avant de briser le tabou et de conquérir un nouveau public.

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De plus en plus populaire (mais pas forcément chez les jeunes)

Au dernier recensement, la Fédération Royale Belge de Golf (FRBG) totalisait 64965 licenciés. C’est assurément peu en regard d’autres nations. Aux Pays-Bas, par exemple, on comptabilise plus de 380 000 affiliés. Et que dire de la Suède qui enregistre, parmi ses 9 millions d’habitants, près de 500 000 pratiquants joueurs fédérés ? Il n’en reste pas moins que la ‘popularité’ du golf ne cesse d’augmenter dans notre pays. À titre indicatif, en 1988, le nombre de golfeurs dépassait à peine les dix mille. Il a donc été multiplié par six en l’espace de trente ans. Et il y a aujourd’hui, en Belgique, bien davantage de golfeurs que de hockeyeurs !

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Ceci dit, les chiffres pourraient être meilleurs, notamment auprès des jeunes. Selon les dernières statistiques en notre possession, on ne dénombre que 6 900 juniors (âgés de moins de 21 ans) parmi les licenciés. Les ‘Seniors’ (joueurs âgés de plus de
50 ans) représentent, en revanche, plus de la moitié de la population golfique. Petit à petit, cependant, la situation évolue. La plupart des clubs belges organisent des journées ‘portes ouvertes’ et proposent des tarifs très attrayants pour les jeunes joueurs. Les ‘Ecoles de golf’ sont de plus en plus nombreuses et performantes.

Niveau : débutant

Par ailleurs, ici ou là, des infrastructures spécialement conçues pour les débutants – genre parcours de 9 trous, pitch and putt, driving range,…- voient le jour et incitent les juniors à s’initier aux joies du swing. Mieux encore : certains établissements scolaires proposent à leurs élèves des séances de ‘practice’ durant les heures d’éducation physique. Une façon idéale de découvrir ce sport.

On sent clairement un changement d’état d’esprit. Par leur charisme et leur jeunesse triomphante, Nicolas Colsaerts, Thomas Pieters et Thomas Detry ont fait bouger les lignes. Le champion anversois, élevé au rang de ‘bekende vlaming’, a notamment fait du golf une vraie discipline ‘à la mode’ côté néerlandophone. Et il est évident que le retour du swing dans le programme olympique lors des Jeux de Rio en 2016 a largement contribué à sa médiatisation auprès d’un nouveau public.

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« Il y a un engouement, un intérêt nouveau. La perception du golf est en train de changer. C’est de bonne augure pour l’avenir. À long terme, on pourrait atteindre les 100 000 licenciés », analyse Emmanuel Rombouts, le nouveau président de la Fédération. Plusieurs nouveaux clubs ont vu le jour ces dernières années aux quatre coins du pays : le Golf de Naxhelet à Wanze, ‘The National’ à Sterrebeek, le Ter Hille à Coxyde, le Golf des Lacs à Froidchapelle.

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La Belgique, un terrain à part

Mais le défi n’est pas si simple. En Belgique, ce sont les clubs qui sont les membres de la Fédé là où, dans d’autres pays, ce sont les joueurs. La nuance est énorme. Aux Pays-Bas ou en France, un golfeur peut obtenir sa licence sans être affilié à un club et jouer exclusivement au ‘greenfee’. Ce n’est pas le cas chez nous où il doit obligatoirement être membre d’un club pour recevoir sa carte fédérale. Heureusement, là aussi, les choses évoluent dans le bon sens.

De nouveaux concepts ont été ‘inventés’ afi n de proposer des cotisations à coûts réduits avec une carte fédérale en bonne et due forme (c’est par exemple le cas pour @golf, considéré comme club sans terrain). L’idéal, pour donner un élan supplémentaire à la démocratisation du golf en Belgique, serait évidemment la création de parcours publics, ouverts à tous.

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Aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en Australie, le golf est un sport national, pratiqué par toutes les couches de la société. A côté de clubs ultra privés et très exclusifs fleurissent des parcours ouverts, des ‘pay and play’ comme ils
disent. Mais il existe dans ces pays une véritable culture golfi que. Tel n’est pas le cas en Belgique. Enfin, pas encore…

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