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Romelu Lukaku a quelque chose à vous dire

Romelu Lukaku

Romelu Lukaku, ce combattant qui vient de loin. | © BELGA PHOTO / BRUNO FAHY

Sport

« Big Rom’ » s’est livré dans un texte particulièrement touchant, à la première personne, au magazine anglais The Player’s Tribune.

Romelu Lukaku a livré un long témoignage sur son enfance et ses débuts difficiles pour The Player’s TribuneOn y découvre un homme qui en a bavé durant son enfance et un combattant qui n’a eu cesse de se démener, pour réussir et sortir sa famille de la misère.

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« J’avais six ans et j’étais retourné à la maison durant le temps de midi. Ma mère nous servait le même menu tous les jours : du pain et du lait. Quand tu es enfant, tu ne réfléchis pas à ce que cela signifie mais je pense que c’est tout ce que nous pouvions nous offrir », raconte l’attaquant des Diables, et poursuit : « Ce jour-là (…) elle m’a apporté mon repas et elle était en train de sourire, comme si tout allait bien. Mais j’ai réalisé ce qu’il était en train de se passer. Elle avait mixé le lait avec de l’eau. Nous n’avions plus assez d’argent pour tenir le même menu toute la semaine. Nous étions fauchés. Pas juste pauvres, mais bien fauchés. »

La promesse à sa mère

Le joueur de Manchester United, qui a affolé les compteurs dés son plus jeune âge, raconte comment il a promis à sa mère, Adolphine, de devenir un joueur professionnel : « Maman, ça va changer. Tu verras. Je vais jouer pour Anderlecht, et cela va arriver bientôt. Nous irons mieux. Tu ne dois plus te tracasser. » 

Il revient aussi sur ses débuts et les réfléxions racistes dont il était victime dés son plus jeune âge, dûes à son physique hors-norme : « Quand j’avais onze ans, je jouais chez les jeunes au Lierse et un parent d’une équipe adverse m’a pratiquement empêché d’aller sur le terrain. Quel âge a cet enfant ? Où est sa carte d’identité ? D’où vient-il ? ». Des propos qui lui encore plus donné la hargne et l’envie de réussir. « Je jouais avec tellement de colère, à cause de beaucoup de choses… À cause des rats qui couraient dans notre appartement… Parce que je ne pouvais pas regarder la Ligue des Champions [il n’avait pas de télévision]… Parce que les parents me regardaient d’une façon particulière. »

In 2007 with @rscanderlecht against Lens against @raphaelvarane #tbt

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Des réfléxions qui reviendront épisodiquement à plusieurs stades de sa carrière et qui ne cesseront d’alimenter sa colère : « Quand ça tournait bien pour moi, je lisais les journaux et ils m’appelaient Romelu Lukaku, l’attaquant belge. Mais quand ça ne se passait pas bien, ils m’appelaient Romelu Lukaku, l’attaquant belge aux origines congolaises. »

Le lien très fort à son grand père

Il évoque le lien très fort qui le liait à son grand père, mort lorsqu’il avait 11 ans : « Cela me rend tellement triste de penser à cela parce que s’il avait encore vécu quatre ans de plus, il m’aurait vu jouer pour Anderlecht. Il aurait vu que j’avais tenu ma promesse [de veiller sur sa maman]. Il aurait vu que tout allait bien. »

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Un texte humble, très personnel et dédié à sa famille, sûrement la chose la plus importante pour lui. « J’aurais vraiment, vraiment aimé que mon grand-père soit présent pour voir tout cela. Je ne parle pas de la Premier League. Pas de Manchester United. Pas de la Ligue des Champions. Pas des Coupes du Monde. Ce n’est pas ce que je veux dire. J’aimerais juste qu’il soit là pour voir la vie que nous avons maintenant. J’aimerais recevoir un nouveau coup de téléphone pour tout lui raconter. »

Dear God thank you for another year in my life 🙏🏿 #25

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