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Pour la Fifa, le Mondial 2018 est « le meilleur de tous les temps »… et c’est faux

Le gardien croate Danijel Subasic, après la victoire face aux Anglais. | © AFP PHOTO / Jewel SAMAD

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Le président de la Fifa Gianni Infantino a affirmé vendredi que le Mondial 2018 était « la meilleure Coupe du monde tous les temps ». Et pourtant…

« Il y a quelques années j’avais dit que ce Mondial serait le meilleur de l’histoire et je peux aujourd’hui le dire avec conviction : il s’agit de la meilleure Coupe du monde de tous les temps », a estimé ce vendredi le président de la Fifa Gianni Infantino, alors que le Mondial-2018 s’achève dimanche. Le président de la Fifa, qui tenait une conférence de presse au stade Loujniki où la finale entre la France et la Croatie se jouera dimanche, a notamment remercié « le gouvernement de Vladimir Poutine ».

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« La Russie a changé, est devenue un véritable pays de football, pas simplement avec la Coupe du monde organisée au plus haut niveau mais le football fait aussi partie maintenant de l’ADN du pays, grâce aux performances de l’équipe nationale, à tout le travail réalisé, aux infrastructures, tout est magnifique et très efficace », a poursuivi M. Infantino. « L’héritage de cette Coupe du monde va faire remonter dans le classement des nations a du foot la Russie. Ce qui a été construit, a été construit pour l’avenir », a encore ajouté le patron du foot mondial. « Ce qui a changé c’est la perception de la Russie. Près d’un million de visiteurs en Russie, à Moscou mais aussi dans toutes les villes hôtes, se sont rendus compte qu’ils sont arrivés dans un beau pays, accueillant, dans un pays prêt à montrer au monde que la réalité n’est pas celle qu’on pense connaître. C’est un pays riche de culture, d’histoire, de l’histoire de l’humanité », a-t-il conclu sur ce volet.

Rien de comparable avec les Coupe du monde 1970, 1986 et 2006

Et pourtant, aux yeux de nombreux observateurs, la Coupe du monde russe n’a pas suscité la même émotion que les éditions 1970-1986 et 2006, considérées comme les plus belles. Si quelques matches sont entrés dans l’histoire de l’épreuve, comme Espagne-Portugal (3-3) au premier tour, France-Argentine (4-3) en huitième de finale et Belgique-Brésil (2-1) en quart de finale, il n’y a rien de comparable avec l’Italie-Allemagne de 1970 (4-3, après prolongation), le France-Brésil (1-1, 4-3 tirs au but) et Argentine-Angleterre (2-1) 1986 et le France-Brésil (1-0) et Allemagne-Italie (0-2) de 2006 en terme de suspense et de qualité de jeu.

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Si les stades ont finalement été bien remplis à quelques exceptions près, la ferveur populaire russe n’a bien sûr pas rivalisé avec celle de vrais pays de football comme le Mexique en 1970 et 1986, l’Allemagne en 2006 ou même le Brésil en 2014. Le fait que de nombreuses grosses équipes soient sorties prématurément du tournoi et avec elles de nombreuses stars attendues comme Ronaldo, Messi ou Neymar pèse également dans la balance émotionnel. Si la France se souviendra bien sûr longtemps de l’épopée de Kylian Mbappé et ses partenaires, quelque soit le résultat de dimanche, pas sûr que le Mondial laisse une trace impérissable dans les têtes des supporters allemands, espagnols, brésiliens ou… italiens (rappelons que la Squadra Azzurra était absente).

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Les deux prochaines Coupes du monde auront lieu au Qatar en 2022 et chez le trio États-Unis/Canada/Mexique en 2026. L’édition 2026 sera la première à 48 équipes, contre 32 actuellement.

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