En Italie, football et sexisme font toujours bon ménage

En Italie, football et sexisme font toujours bon ménage

Les communiqués des Ultras de la Lazio sont traditionnellement signés au nom d'un groupe, généralement celui des "Irriducibili", le plus important du club romain. | © EPA / WALTER BIERI.

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Lors du match entre la Lazio de Rome et Naples samedi, un étrange tract a été distribué dans la tribune nord du Stadio Olimpico.

Au cours du dernier Mondial, on a encore pu voir l’immensité du travail qu’il reste à faire pour dépoussiérer le monde du football et le rendre plus sympathique à l’égard de la gent féminine. Que ce soit des commentatrices de matchs qui soient prises pour cibles, des présentatrices harcelées en plein direct ou des jeunes femmes agressées après la victoire de la France, il semble que le foot nous révèle avec férocité que le sexisme lui colle à la peau.

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Et à peine les championnats de football européens ont-ils repris qu’une nouvelle polémique pointe le bout de son nez. « La Curva Nord représente pour nous un lieu sacré, un environnement avec un code non-écrit à respecter. Nous considérons depuis toujours les premières rangées comme une ligne de tranchée. Ici, nous n’acceptons pas les femmes, les épouses et les fiancées et nous les invitons à s’installer au-delà du dixième rang ». Voilà ce qu’on pouvait lire sur un tract distribué samedi lors du match entre la Lazio de Rome et Naples (1-2), dans la tribune nord du Stadio Olimpico. Un texte à l’origine mystérieuse signé « Executif Diabolik Pluto ».


« Ceux qui ont choisi le stade comme une alternative à la journée tranquille et romantique à la Villa Borghese (un des plus grands parcs de Rome) peuvent aller dans d’autres secteurs », peut-on également lire dans ce communiqué, vraisemblablement rédigé par des Ultras (fanatiques) de la Lazio.

Un sexisme profondément ancré

Les communiqués des Ultras de la Lazio sont traditionnellement signés au nom d’un groupe, généralement celui des « Irriducibili », le plus important du club romain. Plusieurs médias italiens relèvent que le nom « Diabolik Pluto » n’est pas connu des forces de l’ordre, même si « Diabolik » est le surnom de Fabrizio Piscitelli, l’un des leaders des Irriducibili connu pour ses liens avec la mafia et déjà condamné pour trafic de drogues.

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Un tract malheureux qui rappelle qu’en Italie les femmes sont des cibles privilégiées dans le football. Pas plus tard qu’en mars 2018, l’entraîneur italien Maurizio Sarri s’en était pris violemment à une journaliste qui lui posait une question en conférence de presse : « Tu es une femme, tu es jolie, c’est pour ça que je ne te dis pas d’aller te faire foutre« , avait lancé à la jeune femme celui qui est maintenant l’entraîneur d’Eden Hazard à Chelsea.

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