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La Ligue de football américain accueille ses nouveaux « pom pom boys », et ça dérange déjà

Quinton Peron. | © Capture d'écran Instagram / @itsaquintonthing.

Sport

Historique. Trois hommes vont pour la première fois parader en tant que « pom pom boys » sur les bords des terrain de football américain cette saison.

Quinton Perron, Napoleon Jinnies et Jesse hernandez. Ces noms ne vous disent probablement rien mais ils sont en train de révolutionner l’histoire de la NFL, la Ligue nationale de football américain. Les trois danseurs ont en effet intégré une équipe officielle de « cheerleaders », ces pom-pom girls qui signent les chorégraphies sur les bords des terrains à chaque fois que la partie est interrompue. On ne sait pas encore s’ils auront l’honneur de fouler le terrain lors de l’énormissime Super Bowl, la finale du championnat, en fin de saison. Mais pour eux, la partie est déjà largement gagnée.


Quinton Perron et Napoleon Jinnies font tous les deux partie de la « Rams cheerleading squad » , qui supporte les « Rams » de Los Angeles. L’initiative n’est pas venue des dirigeants de la franchise californienne mais des deux danseurs, séduits par le spectacle proposé par les pom-pom girls de l’équipe de NBA des Los Angeles Lakers récemment. « Je me suis dit: “Pourquoi pas moi ? Pourquoi je ne pourrais pas faire cela ?” J’ai appelé mon amie et je lui ai demandé quand est-ce que les auditions des Rams se tenaient. C’était le dimanche et je me suis présenté », a commenté Quinton Peron, interrogé sur la chaîne ABC-TV’s Good Morning America. « Ils apportent tellement d’énergie et il y a quelque chose de magnétique avec leur performance qu’on ne peut plus détacher son regard », a commenté la capitaine d’équipe des cheerleaders Emily Leibert.

No words, all smiles. ♡ 📸:therams.com

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Jesse hernandez a pour sa part été sélectionné chez les « Saintstations », la troupe qui supporte les « Saints » de la Nouvelle-Orléans. Le jeune homme a effectué sa première prestation vendredi dernier lors d’un match de présaison contre les Arizona Cardinals. Et a rendu très fière sa maman, ancienne professeure de danse.

Une homophobie abominable

Mais déjà, d’ignobles commentaires à caractère homophobe sont apparus sur les réseaux sociaux et ceux-ci montrent qu’il y a encore du chemin à parcourir. Petit florilège répertorié par le site Outsports : « C’est un signe de dégradation morale », « À quel point la NFL va-t-elle devenir gay ? » ou encore « Je ne me sens pas menacé par des danses à caractère homosexuel lors des matchs de NFL. Je me sens simplement révolté et dégouté ». Certains fans de NFL ne font pas dans la finesse et le font savoir.

« Ces personnes doivent arrêter. Nous sommes en 2018. Et des activités ne doivent pas être juste pour les hommes ou pour les femmes. Si vous avez la capacité de faire ceci ou cela, vous devez le faire », a réagi la maman de Jesse Hernandez.

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En 2013, Slate rappelait par ailleurs qu’à la base les « pom pom girls » n’étaient autre que des « pom pom boys ». Et oui, le cheerleading était bel et bien une affaire d’hommes au début du XXe siècle. Et pas n’importe quels hommes : Dwight D. Eisenhower, Franklin Roosevelt et Ronald Reagan, tous trois anciens présidents américains, avaient en commun la passion du cheerleading. Du milieu du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale, le cheerleading exclusivement masculin était aussi prestigieux que pratiquer le football américain. C’est finalement avec la Seconde Guerre mondiale que les filles s’imposent dans la discipline pour y rester définitivement. Le sport, initialement lié au football américain, se fait une place sur les terrains de basket et gagne en popularité. Une preuve, s’il en fallait une, que la discipline appartient bien à tout le monde.

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