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US Open : La victoire historique de Naomi Osaka et la colère de Serena Williams [VIDEO]

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Serena Williams a reçu un rare jeu de pénalité, avant de faire appel à un superviseur, en vain. | © AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY

Sport

La Japonaise Naomi Osaka a remporté son premier Grand Chelem en éliminant une Serena Williams des plus nerveuses, qui a reçu un rare jeu de pénalité après s’être emportée à plusieurs reprises sur l’arbitre.

La finale féminine de l’US Open aura réservé quelques grands moments. À la surprise générale, c’est Naomi Osaka qui a remporté son premier Grand Chelem en écartant son idole Serena Williams (6-2, 6-4). Une première pour un joueur d’origine japonaise. Malgré une performance impressionnante et une victoire historique, la jeune femme de 20 ans devra partager son triomphe avec l’autre moment fort du match : la colère de Serena Williams, qui passe une nouvelle fois à côté de sa 24ème couronne majeure.

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Tout a commencé en début de deuxième set, lorsque l’arbitre Carlos Ramos a donné un premier avertissement à la jeune maman pour « coaching » après avoir vu Patrick Mouratoglou faire des gestes en sa direction. « Je ne triche pas pour gagner, je préfère encore perdre », s’est-elle défendue dans un premier temps, avant d’en reparler à l’arbitre au changement de côté suivant. « Je ne triche pas, je n’ai jamais triché de ma vie, je me bats pour ce qui est juste, vous me devez des excuses », lance-t-elle, en colère.

À 3-2, l’ex-numéro 1 mondiale a reçu un deuxième avertissement pour avoir fracassé sa raquette après avoir été débreakée, ce qui lui vaut automatiquement un point de pénalité.

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AFP PHOTO / Kena Betancur

« Menteur » et « voleur »

Toujours hors de ses gonds, Serena Williams finit par insulter l’arbitre à 4-3 au changement de côté : « Vous attaquez ma personne. Vous avez tort. Vous n’arbitrerez plus jamais un de mes matches. Vous me devez des excuses. C’est vous le menteur« , lui lance-t-elle avant de reprendre : « Vous êtes un voleur. Vous m’avez volé un point ». C’est à ce moment-là que l’arbitre portugais lui inflige un rare jeu de pénalité, qui permet à Osaka de mener 5-3. En larmes, la star américaine fait appel au superviseur, en vain.

Malgré les huées du public, Osaka (19e), imperturbable, a écrit une page d’histoire en devenant la première Japonaise, hommes et femmes confondus, à s’imposer en Grand Chelem, à 20 ans seulement.

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Une victoire gâchée

C’est seulement lors de la remise du trophée que Serena Williams a retrouvé ses esprits et demandé au public de cesser leurs huées pour respecter la gagnante. « Elle a bien joué. C’est son premier titre en Grand Chelem. Faisons de ce moment le meilleur moment possible. Reconnaissons le mérite où il y en a. Ne huons plus. Félicitations Naomi », a-t-elle déclaré à côté de son adversaire en larmes, sans savoir « si c’était la joie ou si les circonstances étaient trop dures pour elle ».

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AFP PHOTO / Eduardo MUNOZ ALVAREZ

« Je sais que tout le monde était pour Serena et je suis désolée que ça se termine comme ça », s’est excusée Naomi Osaka de sa voix fluette, au moment de recevoir son trophée. « Ça a toujours été mon rêve de jouer Serena en finale de l’US Open. Je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu le faire, merci », a-t-elle adressé timidement à l’Américaine. La jeune Japonaise disputait sa toute première finale en Grand Chelem. En sachant qu’elle naviguait encore autour de la 70e place mondiale en début de saison, cette victoire est d’autant plus impressionnante.

Une décision sexiste pour Serena

En conférence de presse, Serena Williams n’a pas fait marche arrière et a rejeté une nouvelle fois la faute sur Carlos Ramos. « Il suppose que j’ai triché, et je n’ai pas triché », a-t-elle réaffirmé avant d’accuser l’arbitre de sexisme pour avoir émis une violation de code pour son accusation de « voleur ». Après la rencontre, son entraîneur Patrick Mouratoglou a reconnu avoir fait du coaching, mais il a critiqué un manque de « psychologie » de l’arbitre. « 100% des coaches coachent sur 100% des matches, toute l’année, et tout le monde le sait », a-t-il estimé. « Dans 100% des cas que j’ai vus, on prévient d’abord la joueuse (que l’entraîneur doit arrêter). Il ne l’a pas fait ».

Ce n’est pas la première fois que l’Américaine perd ses nerfs à l’US Open, rappellent nos confrères de La Libre. En 2009 notamment, en demi-finale contre la Belge Kim Clijsters, elle avait menacé une juge de ligne qui venait de signaler une faute de pied de lui « enfoncer cette balle dans la gorge ». Ça lui avait valu un point de pénalité, et le match.

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