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Pourquoi les joueurs de rugby devront couvrir leurs tatouages lors de la Coupe du monde au Japon

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Le demi de mêlée du quinze néo-zélandais, Aaron Smith, lors d'un test match contre l'Australie le 18 août 2018. | © AFP PHOTO / Saeed KHAN.

Sport

La fédération internationale de rugby a averti les joueurs et les équipes qu’ils devront couvrir leurs tatouages lors de la Coupe du monde 2019, qui aura lieu au Japon.

Connus pour être de grands amateurs de tatouages, les joueurs de rugby qui participeront à la prochaine Coupe du monde au Japon vont devoir se mettre au diapason de la culture locale. L’annonce surprise, qui survient un an avant le début du tounoi se déroulant du 20 septembre au 2 novembre 2019, vient de la fédération internationale de rugby.

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Des tatouages très mal perçus

Les joueurs ainsi que les staffs des équipes engagées, et même les supporters, devront couvrir leurs plus beaux dessins corporels, comme l’annonce le site web de la BBC. La raison ? L’exhibition de ces tatouages pourrait être très mal perçue au pays du Soleil-Levant, où ils sont souvent interprétés comme un signe d’appartenance aux Yakuza, la mafia locale.

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Deux Japonais recouverts d’« Irezumi », ces tatouages traditionnels liés à l’univers des Yakuza, en mai 2018. © AFP PHOTO / FRED DUFOUR.

Apparus dans le chaos d’après-guerre, les yakuzas sont au Japon ce que sont les mafieux à l’Italie. Membres d’un groupe de crime organisé, ils sont représentés par quatre principaux syndicats présents sur tout l’archipel. Le jeu, la drogue, la prostitution ou le racket sont leur gagne-pain. Chez eux, le rituel du tatouage fait partie des grands incontournables. Chaque clan possède son tatouage particulier, connu là-bas sous le nom d’ »Irezumi », présent pour se différencier et prouver courage et fidélité envers son gang.

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La World Rugby a donc informé les équipes et les joueurs qu’ils devront cacher leurs tatouages dans certains lieux publics. « Nous allons sensibiliser les Japonais sur le fait que les gens qui portent des tatouages dans le contexte du rugby international ne font pas partie des Yakuza », a indiqué Alain Gilpin, directeur de la Coupe du monde. « Si les gens (tatoués) vont à la piscine publique, il faudra qu’ils se couvrent. […] Nous ne forcerons aucune équipe à le faire, mais ils le feront car elles veulent respecter la culture », a-t-il ajouté. 

Le tatoo, quasi devenu l’accessoire indispensable du parfait joueur de rugby

 

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Sonatane Takulua

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Un dilemme pour les « onsen »

Les touristes étrangers constituent une clientèle grandissante au Japon pour les spas, les piscines et les centres de balnéothérapie, mais ils sont souvent à l’origine d’un grand dilemme. Pour le Japonais moyen, les tatouages inspirent la crainte car ils sont associés au crime organisé. Il est même parfois impossible de contourner le tabou qui entoure les tatouages et bon nombre d’onsen (les bains thermaux japonais) refusent tout simplement leur entrée aux personnes tatouées.

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Parmi les recommandations en ligne, la fédération internationale de rugby conseille également aux joueurs de respecter certaines coutumes locales, comme celle de changer de chaussures entre l’extérieur et l’intérieur par exemple. Gageons que les nations qui visiteront l’archipel se plieront à la culture locale.

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