À Monaco, Thierry Henry rend hommage à la Belgique

thierry henry

Thierry Henry, le 23 juin 2018. | © BELGA PHOTO BRUNO FAHY

Sport

Le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France Thierry Henry a rendu hommage mercredi à la sélection de Belgique lors de sa première conférence de presse comme entraîneur de l’AS Monaco. 

« On a grandi ensemble. (Les joueurs) m’ont aussi apporté » : le nouvel entraîneur de Monaco Thierry Henry a rendu hommage mercredi à la sélection de Belgique, où il a été adjoint de 2016 à 2018. « L’accueil que j’ai reçu, Français et fier de l’être, a été très chaleureux », a expliqué le technicien de 41 ans, lors de sa présentation à la presse.

« Au début, il n’a pas été évident de trouver une façon de structurer cette équipe. Mais le coach (Roberto Martinez) a réussi, avec son staff, quelque chose qui restera à jamais dans l’histoire du football belge, même si on n’a pas gagné la Coupe du monde », en décrochant la troisième place, a-t-il poursuivi. « Je retiens aussi que d’individualités reconnues, l’équipe nationale est devenue une vraie équipe. C’est une petite victoire. »

Certains joueurs belges lui ont rendu hommage

Certains joueurs belges ont rendu hommage au Français, dont l’attaquant Romelu Lukaku. « J’ai souvent discuté avec lui, a souligné Henry. A l’hôtel, sur le terrain. J’ai toujours été honnête avec lui et lui ai dit ce que je pensais. Il a certainement aimé. »

Lire aussi > Thierry Henry publie un message émouvant à destination des Diables Rouges

« Mais l’échange est réciproque, a-t-il continué. Avec Hazard, De Bruyne, Mertens, un joueur d’une intelligence extraordinaire, si vous bafouillez, si ce n’est pas clair, ils le voient très vite. On a grandi ensemble. Ils m’ont aussi apporté. »

Il a développé sa vision d’entraîneur

Très à l’aise lors de sa présentation en tant que nouvel entraîneur de Monaco mercredi, Thierry Henry a également développé la vision de son nouveau métier, après avoir fait le « deuil » de sa « carrière de joueur ». Alors qu’en face de la salle du très select Yacht Club, les enfants de l’école de voile mettent à l’eau leurs petits optimistes, comme si de rien était, Henry, smoking noir, arrive sur l’estrade. Le directeur général de l’ASM Nicolas Holveck et le directeur sportif Michael Emenalo prennent place au premier rang. Si le vice-président Vadim Vasilyev s’installe à côté de « Titi », le patron, le milliardaire russe Dmitry Rybolovlev, est absent.

Vasilyev commence. Il précise que son nouvel entraîneur l’a impressionné, notamment par ses idées « très claires ». Plus tard, il expliquera que le projet ne changera pas. « Il fonctionne même si d’un cycle à l’autre, il peut y avoir des difficultés. » En revanche, il n’a pas « fixé d’objectifs sportifs » à son entraîneur, en raison de la 18e place actuelle. Mais Henry est très ambitieux. Après les remerciements d’usage, il passe au concret : son staff. Il se compose d’André Amitrano, Carlo Spignoli, Kwame Ampadu, « que j’ai connu avec les U18 à Arsenal, qui m’a aidé à progresser au niveau de la structure d’une séance », et Joao Tralhao, « plus jeune que moi, qui a travaillé 18 ans à Benfica et au style de jeu plus pragmatique que le mien ».

Thierry Henry est devenu l’entraîneur de l’AS Monaco. © Valery HACHE / AFP

« Tout a commencé ici et pouvoir revenir, c’est extraordinaire », indique rapidement l’ancienne gloire d’Arsenal (41 ans), qui a connu le Rocher entre 1993 et 1999. « Quand j’ai reçu l’offre de Monaco, c’était le choix du cœur. Monaco s’est présenté comme une évidence pour moi. Même si je suis très proche d’un club de Londres (Arsenal, ndlr), un rêve devient réalité. » Le champion du monde 98 assure ne « pas avoir de stress », même s’il sait « qu’il y a un énorme travail à effectuer ». Car Monaco, son club formateur, est en crise. « Il faut essayer de retrouver une certaine joie, de la sécurité, éviter les buts », précise Henry qui n’a pas échangé avec son prédécesseur Leonardo Jardim, mais dont il a loué le travail : « Il restera à jamais dans l’histoire de Monaco ».

« Le moral n’est pas bon, la situation, pas facile. Alors je pense au présent, avec la volonté de sécuriser les joueurs par des concepts de base », ajoute-t-il. « Quand on travaille, on travaille. S’il faut savoir rire, prendre du plaisir, il faudra aussi de la rigueur et être prêt physiquement. » Il promet aussi « beaucoup d’intensité » à l’entraînement. Si « Arsène Wenger a débloqué beaucoup de choses dans ma tête », Henry fait aussi référence à « l’école nantaise ». « José Arribas, Jean-Claude Suaudeau et Raynald Denoueix ont gagné des titres avec des joueurs du centre de formation ». « Clairefontaine avec Claude Dussau, Francisco Filho, André Merelle, m’a appris la rigueur, l’intelligence du jeu. »

Le footballeur Henry avait pris ses distances avec l’Hexagone, de Turin à Londres, en passant par Barcelone et New York. « Mon retour en France n’est pas un problème. J’ai fait le deuil de ma carrière en tant que joueur. C’est bien fini tout ça. » Réussira-t-il alors dans sa mission, comme « les exemples » Deschamps et Zidane ? « Le succès est une notion relative, rétorque-t-il. Dans certains clubs, c’est gagner la Ligue des champions. Pour moi, ce sera de faire progresser les joueurs, aimer le jeu et appliquer mes concepts. » Après plus de 45 minutes d’une conférence maîtrisée, l’ancien consultant de la chaîne Sky termine ses obligations par quelques images, au cinquième étage du Yacht Club, avec le palais princier en arrière-plan.

CIM Internet