Après les larmes et le scandale Nassar, la joie retrouvée de Simone Biles

Après les larmes et le scandale Nassar, la joie retrouvée de Simone Biles

Simone Biles

Simone Biles est entrée dans l'histoire du sport mondial jeudi. | © KARIM JAAFAR / AFP

Sport

Simone Biles a remporté jeudi un quatrième titre mondial au concours général de gymnastique. Une performance historique qui redonne le sourire à la championne abusée par le docteur Larry Nassar.

 

Ce sont des larmes de joie qui ont cette fois-ci coulé sur le visage des gymnastes américaines. Jeudi, Simone Biles a remporté son quatrième titre mondial au concours général. La jeune femme est entrée dans l’histoire en devenant la première gymnaste à réaliser une pareille performance. De quoi lui donner le sourire et ouvrir, avec ses coéquipières, une nouvelle page au sein de la gymnastique américaine. Après les JO de Rio en 2016, Simone Biles avait en effet annoncé vouloir faire une pause dans sa carrière. Quelques mois plus tard, le scandale autour de Larry Nassar éclatait. Ce médecin autrefois respecté a été condamné l’an passé à une peine allant de 40 à 175 ans de prison pour avoir agressé sexuellement au moins 265 victimes durant deux décennies, dont près de 160 gymnastes, la plupart mineures. Parmi elles se trouvait Simone Biles.

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En janvier 2018, l’Américaine a révélé avoir été abusée par celui en qui elle avait autrefois confiance. « La plupart d’entre vous me connaissent comme une fille joyeuse, énergique et pétillante. Mais dernièrement… je me suis sentie un peu brisée, et plus j’essayais de me taire, plus la voix dans ma tête se mettait à hurler. A présent, je n’ai plus peur de raconter mon histoire », avait-elle écrit sur Twitter. « Longtemps je me suis demandé : étais-je trop naïve ? Etait-ce de ma faute ? Je sais à présent que les réponses à ces questions sont non. Non, ce n’était pas ma faute. Et non, je ne vais pas porter en moi la responsabilité des actes de Larry Nassar, de USA Gymnastics et des autres », avait-elle encore publié, expliquant vouloir revenir pour les JO de 2020 à Tokyo.

Aly Raisman, son ancienne coéquipière et victime elle aussi du docteur Nassar, a félicité la championne et Morgan Hurd, médaillée de bronze, sur Twitter. « Je suis fière de vous. On vous aime et on vous remercie pour tout votre dur travail. J’espère que vous comprenez toutes les deux combien vos coéquipières et vous comptez pour toute la communauté des gymnastes », a-t-elle écrit, visiblement émue.

« Rêve d’une place dans l’histoire »

Lors de la compétition, Simone Biles a fait preuve d’un parfait sang-froid. Ce qui devait être une démonstration s’est en effet très vite transformé en guerre des nerfs. Dès le premier agrès, la gymnaste a tenté son saut inédit réussi en qualifications et qui porte désormais son nom. Mais en finale, la réception a été bien plus compliquée et l’Américaine de 21 ans s’est retrouvée sur les fesses. Visiblement crispée tout au long de l’après-midi après cette entame difficile, Simone Biles a une nouvelle fois chuté, dans un mouvement à la poutre accompagné de plusieurs déséquilibres.

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Malgré ces imperfections notables, la petite gymnaste d’1 mètre 45 s’est tout de même retrouvée en tête avant le dernier passage, au sol, grâce à ses notes de difficulté bien plus élevées que celles de ses adversaires. Elle avait toutefois déjà grillé tous ses jokers et s’est retrouvée dos au mur sur un appareil dont elle est triple championne du monde. Et malgré une petite sortie de tapis, elle a fait la différence. « Ca a probablement été la médaille olympique ou mondiale la plus compliquée à aller chercher, et celle où je me suis fait le plus peur», a-t-elle reconnu en conférence de presse. «Ne rêve pas d’une place sur le podium. Rêve d’une place dans l’histoire», a réagi son sponsor, Nike, sur Twitter.

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