Tennis : Qui est Karen Khachanov, la nouvelle sensation russe ?

Tennis : Qui est Karen Khachanov, la nouvelle sensation russe ?

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Karen Khachanov, en finale du Rolex Paris Masters ce dimanche 4 novembre. | © Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Sport

En dominant le Serbe Novak Djokovic en finale du tournoi de Bercy, le jeune Russe de 22 ans Karen Khachanov incarne l’avenir du tennis mondial.

Karen Khachanov a frappé fort. À seulement 22 ans, le colosse russe de 1 mètre 98 a enchaîné trois succès contre des Top 10, John Isner, Alexander Zverev et Dominic Thiem, au Rolex Paris Masters, avant de décrocher le trophée face au numéro 1 mondial, Novak Djokovic. Pour la nouvelle sensation russe du tennis, cette semaine restera à coup sur un grand moment. « C’est mon plus grand titre jusqu’à maintenant. Je ne pleure peut-être pas mais je suis très heureux », a reconnu le jeune discret.

442e mondial en 2013, puis 45e encore fin 2017, arrivé 18e en début de semaine à Paris, il est assuré d’occuper le 11e rang dès lundi. Une progression fulgurante qui impressionne, mais qui ne déstabilise pas le sportif qui a commencé le tennis à l’âge de 3 ans. Si sa victoire a quelque peu surpris dimanche, elle n’a revanche pourtant rien d’illogique. La figure montante vit sa meilleure saison avec 45 victoires pour 22 défaites, et trois titres à Marseille, Moscou et Paris. Et son potentiel fait l’unanimité. « La question n’est pas de savoir s’il va parvenir dans le top 10 mais quand ? », avait assuré Dominic Thiem après sa défaite en demi-finale. Selon son dernier adversaire Djoko, il a montré « pourquoi nous allons beaucoup le voir dans le futur ».

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Avec un père joueur professionnel de volley-ball, le jeune Moscovite est tombé dans l’univers du sport en étant tout petit. Après un premier départ de la maison pour Split où il s’entraînera avec le coach Vedran Martic, Karen Khachanov arrive sur le circuit en 2013. Un an plus tard, il rejoint Galo Blanco l’ancien coach de Milos Raonic, en Espagne. C’est grâce à lui que le Russe va exploser en 2017, après un premier titre sur le circuit ATP à Chengdu en 2016, alors qu’il n’était que 101e mondial.

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C’est également l’année de son mariage avec Veronika Shkliaeva, rencontrée alors qu’il n’était encore qu’un enfant. « J’avais huit ans et je n’ai pas fait une bonne première impression ! À l’aéroport, je jouais avec un chariot à bagages et je l’ai heurtée. Elle est allée dire à sa mère : ‘Quel idiot !’ Et maintenant, nous sommes mariés depuis deux ans ! », a-t-il raconté dans une récente interview. En 2017, ce grand fan de LeBron James et Cristiano Ronaldo arrête sa collaboration avec Galo Blanco pour retourner auprès de son premier entraîneur, Vedran Martic.

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© Anne-Christine POUJOULAT / AFP

L’anti-Safin ?

Surnommé le « digne héritier de Safin », Khachanov présente le même style de jeu. Coup droit, revers, service, gestuelle sur le court… « Tout est assez proche de Marat », affirme Jean-François Caujolle, directeur du tournoi Open 13 de Marseille à BFM TV. Mais la ressemblance avec l’ancien numéro 1 mondial à la retraite semble s’arrêter à l’aspect sportif. Le tombeur de Djokovic semble « plus posé et cadré » que son idole de jeunesse, analyse 20 Minutes. Alors que Marat Safin est connu pour son tempérament de feu – il a été récompensé pour avoir cassé 1055 raquettes en 2011 -, son successeur potentiel est plus stable et discret.

Mais les deux joueurs russes sont plutôt proches. Et le jeune Moscovite ne tarit pas d’éloges à l’égard de son aîné, contre qui il a joué à l’âge de 16 ans à Helsinki lors d’une exhibition. « C’était un joueur charismatique sur le court. Il savait toujours ce qu’il devait faire : son revers, son service, tous ses coups étaient puissants. J’aimais vraiment sa façon d’être sur le court, sa personnalité », confie-t-il avant d’ajouter qu’il a toujours essayé de l’imiter. Se voit-il lui-même comme étant le nouveau Safin ? « Je dois encore travailler davantage pour parvenir à son niveau. C’était le numéro un mondial. J’ai encore un long chemin à parcourir avant d’y parvenir mais j’espère y parvenir ». La relève est en tout cas assurée.

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