Djokovic : La folle trajectoire d’un patron si humain

Djokovic : La folle trajectoire d’un patron si humain

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Le Serbe exprime sa joie à l'issue de la finale remportée face à Rafael Nadal. | © William WEST / AFP.

Sport

Au terme d’une finale à sens unique (6-3, 6-2, 6-3), Novak Djokovic s’est adjugé un quinzième titre du Grand Chelem dimanche à Melbourne face à Rafael Nadal. Il remporte son troisième Majeur consécutif. Retour sur le parcours d’un homme définitivement à part.

Il explose, le patron du tennis mondial, à l’issue d’un match impérial dominé de long en large face à l’un de ses plus redoutables adversaires. Novak Djokovic vient de marquer une fois de plus l’histoire de son sport en écrasant Rafael Nadal (6-3, 6-2, 6-3) en deux petites heures en finale de l’Open d’Australie, dimanche à Melbourne. Djokovic est sacré pour la quinzième fois en Grand Chelem, la septième en Australie, un record absolu. Il s’agit également de son troisième Majeur de suite. Les superlatifs commencent à manquer pour le Serbe, homme si talentueux à la trajectoire hors du commun, travailleur acharné et passionné.


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Une rigueur sans faille

Réputé pour son jeu précis, son charisme et son sens du show sur les plateaux télé, Novak Djokovic est l’un des meilleurs tennismen de sa génération, et de l’histoire tout court. Il est d’ailleurs numéro un mondial depuis début novembre et totalise 235 semaines cumulées à la place de numéro un mondial, ce qui le place à la cinquième place de tous les temps. Avant de devenir ce monument, « Djoko » a dû travailler d’arrache-pied.

L’histoire commence le 22 mai 1987 à Belgrade, en Serbie (ex-Yougoslavie). La future star des courts vient au monde au sein d’une famille de sportifs, des skieurs reconvertis dans la restauration. Ses deux frères cadets se sont également lancés dans le tennis, avec moins de succès naturellement.

Le petit Novak frappe sa première balle à l’âge de quatre ans puis il ne quitte plus la raquette. Sa carrière professionnelle débute en 2003. Après de belles performances qui le font remarquer en 2006, il se hisse à la 40ème place du classement ATP, mais il ne perd pas de temps et intègre rapidement le top 10 l’année suivante.

Depuis le début de sa carrière, son travail acharné lui a permis de remporter quinze titres en Grand Chelem, Il a également gagné la Coupe Davis en 2010 pour le compte de la Serbie, son pays natal, deux ans après sa médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Pékin.

Un esprit sain dans un corps sain

Entre novembre 2010 et juin 2011, il réalise un véritable tour de force en gagnant chacune de ses rencontres, 43 en tout. Il ne s’agit pas d’un record, mais c’est suffisamment rare pour être souligné. Cette saison d’une exceptionnelle qualité intervient après un changement de régime alimentaire. En effet, à la suite d’un match qui l’oppose à Jo-Wilfried Tsonga, pendant l’Open d’Australie 2010, le Serbe se voit diagnostiquer une intolérance au gluten.


Mais ce qui plaît beaucoup, en plus de ses talents de tennisman, c’est que Novak Djokovic a le sens de l’humour, qu’il est polyglotte et qu’il n’hésite jamais à prendre la parole dans la langue des pays qui le reçoivent, en particulier lors de ses passages à la télé. Il parle notamment le serbe, le français, l’anglais, l’italien et l’allemand couramment. Cela lui a valu de séduire bon nombre des détracteurs du très farouche Rafael Nadal.

Il est aussi un fervent Orthodoxe dont les services à la communauté kosovare ont été salués par l’Eglise. Et bien qu’il n’ait que 27 ans, il partage sa vie avec la même femme depuis plus de dix ans, Jelena Ristic. Ensemble, ils sont d’ailleurs devenus parents d’un petit garçon en 2017. Rien ne semble échapper à cet homme qui domine sur le terrain, est heureux dans la sphère privée et s’investit dans des oeuvres de charité. En somme, il fait figure de modèle à suivre.

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Avec un parcours comme le sien, Novak Djokovic peut se permettre d’être confiant pour la suite. Il y a sept ans, le Serbe avait déjà remporté le duel face à Nadal en finale à Melbourne à l’issue de 5h53 d’un match épique en cinq sets. Cette fois, il n’en a fait qu’une bouchée. Il devient le maître incontesté de la Rod Laver Arena en ajoutant donc un septième sacre aux antipodes, dépassant l’Australien Roy Emerson et Roger Federer. Monstrueux, tout simplement.

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