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Novak Djokovic : La folle trajectoire d’un patron si humain

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Le Serbe soulève la Coupe des Mousquetaires ce dimanche, son 19ème titre du Grand Chelem. | © Anne-Christine POUJOULAT / AFP.

Sport

Au terme d’une finale de légende, Novak Djokovic s’est adjugé un 19ème titre du Grand Chelem dimanche à Paris face à Stefanos Tsitsipás. Retour sur le parcours d’un homme définitivement à part.

Il jubile, le patron du tennis mondial, à l’issue d’un match fou remporté face à Stefanos Tsitsipás. Novak Djokovic vient de marquer une fois de plus l’histoire de son sport en renversant son adversaire grec, qui avait gagné les deux premières manches, signant une remontada d’ores et déjà inscrite dans les annales (6-7, 3-6, 6-3, 6-2, 6-4). Le Serbe est sacré pour la 19ème fois en Grand Chelem, la deuxième à Roland-Garros, et se rapproche de ses rivaux Federer et Nadal (tous deux à 20 unités). Les superlatifs commencent à manquer pour le Serbe, homme si talentueux à la trajectoire hors du commun, travailleur acharné et passionné.

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Rigueur sans faille

Réputé pour son jeu précis, son charisme et son sens du show sur les plateaux télé, Novak Djokovic est l’un des meilleurs tennismen de sa génération, et de l’histoire tout court. Il va d’ailleurs entamer ce lundi sa 324ème semaine en tant numéro un mondial, un record inégalé. De nombreux commentateurs lui prédisent d’ailleurs un règne absolu et le voient volontiers dépasser Nadal et Federer en titres du Grand Chelem. Mais avant de devenir ce monument, « Djoko » a dû travailler d’arrache-pied.

L’histoire commence le 22 mai 1987 à Belgrade, en Serbie (ex-Yougoslavie). La future star des courts vient au monde au sein d’une famille de sportifs, des skieurs reconvertis dans la restauration. Ses deux frères cadets se sont également lancés dans le tennis, avec moins de succès.

Le petit Novak frappe sa première balle à l’âge de quatre ans et ne quittera plus jamais sa raquette. Sa carrière professionnelle débute en 2003 et, après de belles performances lors desquelles il se fait remarquer en 2006, « Nole » se hisse à la 40ème place du classement ATP. Le jeune homme ne veut pas perdre son temps et intègre rapidement le top 10 l’année suivante.

Depuis le début de sa carrière, son travail acharné lui a permis de remporter la bagatelle de 84 titres en simple sur le circuit ATP. Il a également gagné la Coupe Davis en 2010 pour le compte de la Serbie, deux ans après sa médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Pékin.

Un esprit sain dans un corps sain

Entre novembre 2010 et juin 2011, il réalise un véritable tour de force en gagnant chacune de ses rencontres, 43 au total. Il ne s’agit pas d’un record, mais c’est suffisamment rare pour être souligné. Cette saison d’une exceptionnelle qualité intervient après un changement de régime alimentaire. En effet, à la suite d’un match qui l’oppose à Jo-Wilfried Tsonga, pendant l’Open d’Australie 2010, le Serbe se voit diagnostiquer une intolérance au gluten. En 2016, il opte carrément pour le véganisme et suit depuis un régime très strict sans viande et produits laitiers.

Mais ce qui plaît beaucoup, en plus de ses talents de tennisman, c’est que Novak Djokovic a le sens de l’humour, qu’il est polyglotte et qu’il n’hésite jamais à prendre la parole dans la langue des pays qui le reçoivent, en particulier lors de ses passages à la télé. Il parle notamment le serbe, le français, l’anglais, l’italien et l’allemand couramment.

Au rang de ses nombreuses passions figure aussi la méditation : le Serbe ponctue chacune de ses journées par une séance de méditation d’une quinzaine de minutes. Une pratique qui lui permet de développer les qualités mentales essentielles au joueur de tennis moderne.

 

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En route pour l’exploit ultime

Fervent Orthodoxe, le champion a rendu de nombreux services à la communauté kosovare de son pays. Bien qu’il n’ait que 34 ans, il partage sa vie avec son grand amour depuis plus de dix ans, Jelena Ristic. Ensemble, ils sont parents de deux enfants, Stefan (6 ans) et Tara (3 ans). Rien ne semble échapper à cet homme qui domine sur le terrain, est heureux dans la sphère privée et s’investit dans des oeuvres de charité. Un véritable role model.

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Seule ombre au tableau, et pas des moindres, son tournoi organisé dans les Balkans en pleine pandémie l’an dernier. Le numéro un mondial avait été testé positif au Covid-19 en juin, s’ajoutant à la liste des joueurs contaminés en marge de cette compétition caritative. Une pluie de critiques s’était abattue sur lui pour non-respect des mesures de sécurité lors des différents événements, notamment une fête arrosée dans une boîte de nuit. Le Serbe avait par la suite reconnu son erreur et présenté des excuses publiques. Chaque gloire du sport a ses faiblesses, et ce n’est pas Novak qui dérogera à la règle.

Novak Djokovic pourrait cette année réaliser l’exploit ultime, réaliser le « vrai » Grand Chelem sur une année, c’est-à-dire rafler les quatres titres majeurs en 2021. Il deviendrait ainsi le plus titré de tous les temps, dépassant Federer et Nadal. S’il est bien moins populaires sur le circuit que ses rivaux, le Serbe pourrait tenir sa revanche et devenir le plus grand. « S’il arrive cette année à faire les quatre Grands Chelems, c’est la fin, on s’arrête, c’est fini. Non, non, en tant qu’entraîneur, j’arrête », s’est d’ailleurs amusé son entraîneur Marian Vajda en conférence de presse. Prophétique ?

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