Après les critiques, Decathlon renonce finalement à vendre son « hijab » de sport

Après les critiques, Decathlon renonce finalement à vendre son « hijab » de sport

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Image d'illustration. | © Unsplash/Autumn Goodman

Sport

Après l’avoir « complètement assumé », le groupe français Decathlon a annoncé mardi qu’il renonçait à la commercialisation prochaine de son « hijab de running », qui suscitait la polémique en France.

Update : Cet article préalablement publié le 26 février a été mis à jour le même jour avec la décision de Decathlon de ne pas commercialiser son hijab de sport.

« Ce produit ne sera, jusqu’à nouvel ordre, pas commercialisé en France ». Au micro de RTL ce mardi 26 février, le directeur de la communication de Decathlon Xavier Rivoire a annoncé que l’équipementier sportif renonce finalement à commercialiser le hijab de course, en France, sans vouloir « entrer dans les polémiques ». Le groupe français avait fait savoir qu’il allait vendre cet accessoire pour permettre aux femmes voilées de pratiquer la course à pied notamment. « Nous continuerons tout de même, parce que c’est un angle intangible de Decathlon depuis 43 ans, à rendre le sport accessible à tous, en fonction des besoins sur chaque terrain de pratique, en proposant des produits à la fois techniques et abordables », ajoute le directeur de la communication, rappelant que ce produit a été développé à la demande de Marocaines et n’a jamais été commercialisé en France.

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Cette décision intervient après une série de critiques. Interrogée mardi sur RTL, la ministre française de la Santé Agnès Buzyn a souligné qu’un tel produit n’est « pas interdit par la loi ». Mais « c’est une vision de la femme que je ne partage pas. En tant que femme c’est comme ça que je le vis. Tout ce qui peut amener à une différenciation me gêne. J’aurais préféré qu’une marque française ne promeuve pas le voile », a-t-elle ajouté. Pour Aurore Bergé, porte-parole de La République en marche, « le sport émancipe. Il ne soumet pas. Mon choix de femme et de citoyenne sera de ne plus faire confiance à une marque qui rompt avec nos valeurs. Ceux qui tolèrent les femmes dans l’espace public uniquement quand elles se cachent ne sont pas des amoureux de la liberté ».

Ne criez pas au féminisme

De nombreux commentaires ont dénoncé cette commercialisation sous le biais du féminisme, bien que, comme le rappelle Slate, le voile qui suscite une aversion puissante en Occident n’est pas incompatible avec le mouvement. Un débat qui divise les féministes depuis de nombreuses années – parce que, oui, il n’y a pas qu’un féminisme. La journaliste du site français va pourtant bien simplifier l’ambiguité du sujet : « Je milite pour que chaque femme puisse disposer librement de son corps. En ce sens, je soutiens de la même manière les femmes qui aujourd’hui luttent – en Iran et partout dans le monde – contre le port du voile obligatoire que celles qui en France ou ailleurs souhaitent le porter ».

Plus tôt dans la journée, Decathlon avait pourtant affirmé « assumer complètement » la commercialisation prochaine d’un « couvre-tête » destiné aux pratiquantes de course à pied, déjà vendu au Maroc sous l’appellation « hijab », malgré les critiques. « Nous assumons complètement le choix de rendre le sport accessible pour toutes les femmes dans le monde. C’est presque un engagement sociétal, si cela permet à des coureuses de pratiquer la course à pied, nous l’assumons avec sérénité », avait expliqué Xavier Rivoire.

« L’engouement pour le produit a fait que nous nous sommes posé la question de le rendre disponible » ailleurs qu’au Maroc, avait détaillé le directeur de la communication avant de faire marche arrière, soulignant que « ce couvre-tête laisse le visage libre et visible ».

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