En Belgique, sept clubs de foot sur huit sont aux mains d’investisseurs étrangers

En Belgique, sept clubs de foot sur huit sont aux mains d’investisseurs étrangers

L'Union Saint-Gilloise, le second club de la capitale dans la hiérarchie, est détenu par l'Anglais Tony Bloom. | © BELGA PHOTO BRUNO FAHY

Sport

Turcs, Israéliens, Thaïlandais, Anglais, Chinois… L’antichambre de de la D1 de football professionnel belge (D1B) est composée de huit clubs dont sept appartiennent à des intérêts étrangers. Focus.

 

Par Laurent Depré

Le club de Lommel SK s’apprête à être repris par un investisseur israélien selon une information parue dans le Belang van Limburg. La nouvelle ne devrait pas être officialisée avant la semaine prochaine, mais a été confirmée par plusieurs sources. L’ancien avocat israélien Udi Shochatovitch devrait devenir le nouvel homme fort du Soevereinstadion. Le contrat n’a pas encore été signé, mais le rachat ne comporterait pas de somme importante. Selon le quotidien flamand, Shochatovitch va racheter le club pour un euro symbolique et prendre en charge environ un demi-million d’euros de dette. En outre, l’investisseur injecterait un montant total de 2,6 millions d’euros pour le développement sportif du club.

Après le rachat de Westerlo par un homme d’affaires turc fin avril, six clubs qui évolueront normalement en D1B la saison prochaine (dans l’attente des décisions sur l’affaire Malines/Waasland-Beveren de la saison passée) sont aux mains d’investisseurs étrangers. Le nouveau propriétaire du club campinois se nomme Oktay Ercan. Il est directeur général d’une entreprise spécialisée dans la fourniture de matériel militaire qui emploient 10.000 personnes selon Het Laatste Nieuws. C’est une grande page qui se tourne du côté de Westerlo dirigé durant 40 ans par l’indéboulonnable Herman Wijnants.

Il y a douze mois, le club bruxellois de l’Union Saint-Gilloise passait de pavillon allemand à pavillon anglais.Tony Bloom reprenait le club officiellement en juin 2018. Et il a très récemment décidé d’augmenter le capital du club de 3,1 millions d’euros qui passe donc de 7,7 millions d’euros à 10,8 millions d’euros. Quel est le profil de ce riche anglais ? Déjà président du club de Brighton, il a fait sa fortune en revandant sa société de paris PremierBet. Il est une réference dans l’analyse des données autour des paris.grâce à sa société Starlizard. Celle-ci vend de l’analyse aux sociétés de paris et d’autres acteurs intéressés.

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En 2017, c’est le club de Louvain, OHL, qui tombait dans l’escarcelle de l’homme d’affaires thaïlandais Vichai Srivaddhanaprabha qui fait des merveilles du côté de Leicester, le club actuel de Youri Thielemans en Premier League. Le consortium King Power Group entendait à l’époque du rachat ramener rapidement les Louvanistes au sein de l’élite du football. Ce n’est pas encore le cas deux saisons plus tard. L’OHL se sauvant d’ailleurs de justesse de la rélégation cette saison…

Au bout de la saison 2017-2018, on apprenait qu’un prince saoudien reprenait à 50% le… Beerschot-Wilrijk. Abdullah Bin Mosaad a aussi pour objectif de ramener ce club historique en D1. Il s’en est fallu de peu pour que l’objectif ne se réalise dès la fin de cette saison 2018-19. Le prince a en tout cas mis de l’argent sur la table pour racheter le matricule mythique du club, le 13.

 

Le Beerschot Wilrijk est détenu à 50% par un prince saoudien depuis 2018. ©BELGA PHOTO JASPER JACOBS

Souci de liquidités

En Flandre occidentale, Roulers a été repris en 2017 par la femme d’affaires chinoise Dai Xiu Li Hawken active dans la construction et propriétraires de plusieurs centres commerciaux en Chine. Roulers était confronté à des soucis de liquidités récurrents… Ce qui mettait en péril régulièrement l’obtention nécessaire de sa licence pour pouvoir jouer en D1B.

Enfin, dans le Brabant wallon, ce sont des Sud-Coréens qui ont investi dès 2014 dans le club de Tubize avec aussi beaucoup d’ambitions. Sportizen, société coréenne d’organisation d’événements liés aux sports et de management de sportifs de haut niveau, n’a pas rencontré ses objectifs. Les sang et or, en fonction du dossier de fraude concernant Waesland-Beveren et le FC Malines, devraient descendre de division. Ils ont terminé huitièmes et bons derniers cette saison. Sans l’apport en argent de Sportinzen, Tubize aurait disparu il y a plusieurs saisons déjà…

Au final, sur la saison 2018-2019 qui s’est achevée avec le sacre du FC Malines et la descente, non officielle encore (Ndlr: voir plus haut) de Tubize, ce sont sept des huits clubs qui sont passés sous pavillon étrangers. Très souvent, ce sont des problèmes de liquidités qui activent le mécanisme de reprise.

On remarque que la D1B est un terrain de jeu très prisé par les investisseurs étrangers… Avant de s’intéresser de beaucoup plus près à la D1 ? L’avenir nous le dira.

 

 

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