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Pourquoi Ada Hegerberg, Ballon d’or, boycotte le Mondial

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Ada Hegerberg. | © FERENC ISZA / AFP

Sport

Comme si Luka Modric décidait de ne pas jouer à la prochaine Coupe du Monde pour des raisons politiques.

En décembre dernier, Ada Hegerberg devenait la première femme sacrée Ballon d’Or. À moins d’une semaine de la Coupe du Monde de football féminin, la buteuse norvégienne sera la grande absente de l’événement. « Hegerberg n’est pas blessée, et son pays n’a pas manqué de se qualifier », précise le Wall Street Journal. Non, la décision de l’attaquante de l’Olympique Lyonnais est politique. « Elle s’en tient à la décision qu’elle a prise il y a deux ans de quitter son équipe [nationale], car elle est déçue depuis trop longtemps par les dirigeants du football norvégien. »

« Il faut croire en ses valeurs »

La joueuse a en effet décidé de claquer la porte de sa sélection nationale en août 2017, et de mettre sa carrière internationale entre parenthèses alors qu’elle était âgée de 22 ans. La raison ? Un manque flagrant de résultats mais surtout « l’amateurisme » de la fédération norvégienne, se rappelle RTL. « Ma décision est non seulement une conséquence de l’Euro cette année, mais elle est surtout basée sur mes expériences avec les équipes nationales depuis longtemps », avait-elle déclaré dans un communiqué publié l’époque. Ada Hegerberg n’est jamais revenue sur cette annonce. Et ce, malgré l’organisation de la Coupe du Monde féminine dans l’Hexagone. « C’est dur. Il faut parfois faire des choix difficiles. Cette décision fait partie de ces choix mais je suis sereine avec celle-ci car elle était importante pour continuer au plus haut niveau même si c’est en France ou si la Norvège gagne. Il faut croire en ses valeurs », avait-elle déclaré dans un entretien à l’AFP.

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En boycottant le Mondial, Ada Hegerberg se lève contre les inégalités de traitement entre les footballeuses et leurs homologues masculins, bien mieux rémunérés. Dès 2017, la fédération norvégienne a exaucé son souhait, en devenant la première fédération de football à payer les joueuses autant que les joueurs. Un grand pas en avant, mais pas une fin en soi pour Ada Hegerberg. « Un grand nombre de choses reste à faire pour améliorer les conditions des femmes qui jouent au football », rétorquait-elle alors à Associated Press. Il reste encore un sacré chemin à parcourir pour que les femmes puissent jouer au football, dans des conditions d’entraînement plus favorables et avec une médiatisation plus importante, sans avoir besoin d’en passer par des boycotts.

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