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Roland-Garros : Dominic Thiem part-il battu d’avance ?

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L'Autrichien lors de son match remporté face à Novak Djokovic. | © Leon Tanguy / MAXPPP.

Sport

Dominic Thiem affronte l’archi-favori pour la victoire finale, Rafael Nadal, en finale ce dimanche (15h10). Tous les voyants sont au rouge pour l’Autrichien, tant l’Espagnol semble au-dessus du lot, comme chaque année. Portrait de « Thieminator », véritable joueur flingueur qui affronte la montagne ibérique.

Ce n’est pas un challenge que Dominic Thiem va devoir relever aujourd’hui sur l’ocre parisien. Mais un défi digne d’Hercules. Il affronte celui qui est dans son jardin sur le Court Philippe Chatrier : la montagne Rafael Nadal. Deuxième meilleur joueur sur terre battue, quatrième mondial, l’Autrichien n’a pas à rougir, loin de là, mais d’aucuns lui prédisent la victoire finale tant l’Espagnol semble imbattable, lui qui a encore déroulé face à Roger Federer vendredi. Portrait d’un challenger « battu d’avance ».


Né le 3 septembre 1993 à Wiener Neustadt, à environ 50 km au sud de Vienne, le jeune Dominic découvre la petite balle jaune dès ses premiers pas, avec un papa nommé Wolfgang, professeur de tennis à l’académie de la capitale autrichienne. Il n’a que neuf ans quand l’ancien entraîneur de Boris Becker et Henri Lecomte le repère. Günter Bresnik le façonnera durant neuf saisons avant ses débuts professionnels en 2012, lui enseignant notamment ce revers à une main, parmi les plus efficaces du circuit et qui fait tant de ravages aujourd’hui. Avec son envergure de rapace (1,98 m sous la toise), Zverev est un joueur de rallyes de fond de court, avec un service de premier ordre.

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Une ascension patiente et froidement logique

309ème joueur mondial fin 2012, le successeur de Thomas Muster dans le cœur des Autrichiens franchit chaque année un pallier de plus. 139ème fin 2013, 39ème fin 2014, il remporte ses premiers titres sur le circuit ATP en 2015, trois Masters 250, et termine à la 20ème place du classement ATP. En 2016, il décroche à Acapulco son premier Masters 500 et signe des succès de prestige sur l’Espagnol David Ferrer, le Bulgare Grigor Dimitrov, le Français Gilles Simon et surtout Roger Federer à deux reprises. 8ème de finaliste à l’US Open après sa demie perdue contre Djokovic, il poursuit cette année-là une ascension patiente et froidement logique. Nombreux sont ceux qui le voient devenir un jour numéro un mondial.

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© Christian Liewig / Abacapress.

Puissant dans ses frappes, impeccable techniquement, juste tactiquement, Thiem poursuit sur sa lancée en 2017. Encore 8ème de finaliste en Australie, il enchaîne sur sa terre battue fétiche en s’imposant à Rio face à l’Espagnol Pablo Carrena Busta en finale. À Barcelone, il se paye le numéro 1 mondial, Murray, en trois manches. Nadal le prive de trophée, comme à Madrid deux semaines plus tard. Mais l’Autrichien prend une revanche éclatante à Rome (6-4, 6-3), mettant fin à une série de 17 victoires de rang du Majorquain sur ocre. Sèchement remis en place par Djokovic en finale du Masters 1000 italien (6-1, 6-0), il ne s’affole pas et tire les leçons de l’échec.

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« Thieminator », surnom donné en référence au « Musterminator » attribué à Muster, vainqueur de Roland-Garros en 1995, débarquait cette année à Paris avec l’étiquette de favori juste derrière Nadal et Djokovic et devant Federer, fort de sa quatrième place mondiale. L’Autrichien a donc fait honneur à son rang mais son défi d’aujourd’hui relève du test impossible : battre Nadal sur terre battue au meilleur des cinq sets. S’il y parvient, tout sera permis pour Dominic Thiem. S’il y parvient.

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