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Megan Rapinoe, la joueuse de foot qui défie Trump et refuse de chanter l’hymne

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La capitaine des "Stars and stripes". | © BELGA IMAGE.

Sport

La footballeuse américaine, star du ballon rond outre-Atlantique, séduit par ses dribbles sur le terrain et ses tacles envers la politique menée aux États-Unis.

C’est la joueuse aux cheveux courts, parfois blancs, parfois blonds, parfois mauves, que l’on a systématiquement vue les lèvres pincées et l’air grave sur le terrain avant chaque match de l’équipe américaine à la Coupe du monde. La co-capitaine Megan Rapinoe, 34 ans, a décidé de ne pas chanter l’Hymne national américain, « The Star-Spangled Banner », au début des rencontres. Et elle ne fera probablement pas exception à la règle ce vendredi soir face à l’Équipe de France, en quarts de finale de la Coupe du monde.

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Interrogé par The Hill, le président eut une réponse beaucoup plus mesurée qu’à son habitude en affirmant « aimer regarder le football féminin » et en considérant que l’acte de Rapinoe était inapproprié. Fin de la discussion ? Pas vraiment. Rapinoe ne mâche pas ses mots et tape durement sur le milliardaire et son administration. Elle l’a déjà qualifié, pêle-mêle, de « mesquin », « raciste », « misogyne » et « homophobe ». Forte tête.

L’effet Kaepernick

Dans ce pays où sport et politique ne sont jamais très éloignés, Rapinoe n’est pas la première personnalité sportive à avoir décidé de boycotter l’hymne national. Depuis le 4 septembre 2016, elle boycotte l’hymne en soutien au joueur de football américain Colin Kaepernick, qui proteste contre les violences policières à l’égard des noirs américains. Et elle assume. D’ailleurs, en 2016, elle fait comme le fait Kaepernick avant chaque match : elle pose un genou à terre pendant l’hymne en guise de protestation. Elle devient ainsi la première sportive blanche à marquer ainsi son opposition aux actions policières.

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Megan Rapinoe n’entonne pas l’hymne américain d’avant-match. © Henri Szwarc / ABACAPRESS.

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Le 25 juin, la joueuse de 33 ans est allée droit au but en évoquant une (possible) victoire de la Coupe du Monde, au cours d’une interview au magazine Eight by Eight : « Je n’irais pas à la p*tain de Maison Blanche […] De toutes façons, on ne sera pas invitées. J’en doute. » Le président des États-Unis a contre-attaqué plus rapidement que sa pensée en rétorquant directement sur son compte Twitter : « Megan devrait d’abord GAGNER avant de PARLER. TERMINE le boulot !« 

Figure LGBT et lutte pour l’égalité des salaires

Rapinoe avait effectué son coming-out en 2012 durant les Jeux olympiques de Londres. Considérée comme une figure importante du mouvement LGBT américain, elle pose nue avec sa conjointe, la basketteuse israelo-américaine Sue Bird, pour le magazine Sports illustrated dans son numéro spécial consacré aux corps des athlètes, qui sort ce samedi le 29 juin. Avec cette une, Megan Rapinoe et Sue Bird font un gros coup pour l’avancée des droits pour tous. Jamais le magazine n’avait fait sa une avec une sportive ou un sportif homosexuel.le.

 

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Autre cheval de bataille, l’égalité des salaires : trois mois avant le début du Mondial, les 28 membres de l’équipe américaine ont soulevé un problème devant la justice : la différence de traitement et de salaire entre elle et leurs homologues masculins. « Je pense que beaucoup de personne nous regarde, l’équipe et la voix collective que nous portons, s’en inspire et y puise de la force, comme un allié du combat pour l’égalité et les droits humains« , a souligné la joueuse à APDans leur plainte, les joueuses demandaient des millions de dollars en arriérés de salaires et en dédommagement au motif de primes plus faibles qui leur sont accordées et de leurs conditions d’entraînement moins bonnes que les hommes.

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On pourrait résumer les luttes de Rapinoe au combat entre deux Amériques : celle d’un Trump qui tweete plus vite que son ombre, des ultra-conservateurs qui veulent interdire l’IVG et ignorent le problème racial qui gangrène le pays. Et celle de Kaepernick, Spike Lee et Rapinoe, pleine d’espoir, de lumière, qui cherche à lutter contre la violence, le rejet et l’exclusion.

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