Paris Match Belgique

Dans la tête d’un fou de cyclisme à quelques heures du début du Tour de France

Chaque année, Laurent parcourt entre 8 et 10 000 kilomètres à vélo. | © DR

Sport

Nous avons rencontré Laurent (35 ans) qui consacre beaucoup de son temps au cyclisme en Belgique et ailleurs. Une passion qui ne le ferait rater pour rien au monde le départ de la Grande Boucle de Bruxelles ce samedi pour son édition 2019. En selle !

 

Par Laurent Depré

Il est des passions qui trouvent leur genèse dans la prime jeunesse voire l’enfance. C’est le cas de notre interlocuteur qui a toujours habité la périphérie bruxelloise. « Dans le quartier où nous vivions, j’ai toujours fait plus de vélo que de foot avec les copains. Mon grand-père regardait toutes les courses à la télévision. Au début, c’était un peu barbant pour moi je dois dire. Mais vers mes 15 ans, je n’en ratais plus une miette et je me suis inscrit dans un club de cyclo-tourisme de ma région. Tout est parti de là et aujourd’hui je parcours l’Europe pour assouvir ma passion et assister aux courses. »

Le cyclisme pro et amateur a toujours été populaire auprès des Belges. La Fédération Cycliste Wallonie Bruxelles, comme le notait la RTBF au mois de mars dernier, constate un vrai essor depuis quelques années. Le nombre d’adhérents n’a cessé d’augmenter selon la Fédération de 7 à 8%.

Comme dans le football, où les fans taquinent le ballon dès qu’ils le peuvent, en cyclisme pas d’exception à la règle. Il faut sortir plusieurs fois par semaine et empiler les kilomètres seul ou accompagné. C’est vital !

Paris Match Belgique. Qu’est-ce que tu aimes particulièrement dans ce sport ?
Notre interlocuteur (Laurent).
C’est probablement l’un des sports les plus durs, les plus exigeants en terme de souffrances physiques. À part donner le meilleur de soi-même et aller au bout de toutes leurs forces, les cyclistes ne font rien d’autre. Il faut vraiment assister à une course pour voir comment ces gars sont cramés en fin de journée… Je ne vois cela dans aucun autre sport. Les pros font entre 30 000 et 40 000 kilomètres par an qu’il neige, vente ou pleuve… C’est la dureté du sport qui me plaît.

Vous le pratiquez vous-même. C’est quoi votre plaisir? Découvrir des endroits ? Battre le nombre de kilomètres parcourus ? Rouler en compagnie ?
On peut dire que c’est un peu tout cela à la fois. Le point de départ reste l’envie de faire du sport. Et chaque fois, c’est un peu différent. C’est une découverte. On est pas cantonné à un terrain de football. Ce sont des rencontres aussi sur des randonnées. L’esprit de camaraderie est important également. C’est beaucoup moins individualiste que d’autres disciplines même au niveau amateur.

À quel rythme sortez-vous ?
J’essaie de sortir quatre à cinq fois par semaine. Des sorties qui s’étendent de deux à quatre heures, parfois plus. Combien de kilomètres par an? Disons, à la grosse louche, entre 8 et 10 000. Avec l’âge, l’hiver j’aurais tendance à faire plus de spinning en salle (rires).

Le Tour qui passe par Bruxelles et la Belgique, vous y assistez obligatoirement ?
J’ai déjà été présent jeudi soir à la Grand Place de Bruxelles pour la présentation des équipes. Samedi, pour la première étape, je n’ai pas encore de ‘spot’ spécifique d’où voir passer la caravane et les coureurs. On risque de se déplacer le long du parcours pour en profiter plusieurs fois. J’irai voir de mon côté, près de Drogenbos, et du côté de Charleroi aussi je pense. J’ai peu d’espoir de pouvoir accéder au mur de Grammont… Pour le contre-la-montre de dimanche, on va se positionner sur Auderghem non loin de l’hippodrome. Je pense que ce sera un bon emplacement.

Notre sportif essaie de sortir quatre à cinq fois par semaine. © DR

Vous avez déjà été voir d’autres tours ou courses ?
Pas mal en fait… Tour de Lombardie, Milan – San Remo, les championnat du monde à Stuttgart, Tour d’espagne du côté d’Andorre, Paris – Roubaix, le Giro… À contrario, je n’ai pas beaucoup fait le Tour de France qui est ultra sécurisé et pas évident pour être au plus près des coureurs comme sur d’autres courses.

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Un souvenir particulier vécu lors d’une de ces courses ?
Je pointerais le tout dernier Paris-Roubaix (Ndlr: avril 2019) et la fabuleuse victoire de Philippe Gilbert dont je suis grand supporter depuis 2007. Entre le podium et la salle de presse, j’ai pu avoir un vrai échange avec lui. Je ne l’oublierai pas. À force, je connais bien ses parents et sa famille. On se reconnaît sur les courses et Philippe prend toujours le temps d’au minimum nous saluer. C’était la même relation avec Tom Boonen lorsqu’il était en activité. C’est un sport où les athlètes restent très accessibles. En tant que fan, cela reste facile d’avoir un autographe ou une photo. Et avec l’expérience, je sais où me placer après la course pour être certain de croiser leur route.

C’est quoi la différence entre un supporter de foot et un fan de cyslisme ?
À bien y réfléchir, je ne suis pas certain qu’il existe un réelle différence. Quand vous êtes fan d’un coureur ou d’une équipe de football, ce sont les mêmes attentes, les mêmes motivations. Moi, je vais prendre un vol pour aller à Milan suivre une course. Le supporter de foot va peut-être prendre sa voiture pour faire 1 000 km et aller voir son club en déplacement…  Je le répète, moi ce qui me séduit dans le cyclisme, c’est l’accessibilité des coureurs et le partage qui règne encore dans le cyclisme aujourd’hui. Il n’y a pas de barrière en quelque sorte entre le champion et le public.

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Quand on adore ce sport, on fait comment pour vivre avec les scandales de dopage ?
C’est fort regrettable… Il y a énormément d’enjeux et cela pousse certain à franchir la ligne rouge. Je n’excuse certainement rien mais un coureur dopé doit à la base avoir d’énormes capacités physiques. Les coureurs sans aucune aptitude physique particulière, même chargés, ne remporteront jamais rien. Moi, je vis à chaque fois mal ces scandales et cela remet parfois en cause l’amour du sport. On passe au-dessus mais… Soyons de bon compte, un grand nombre de sports sont touchés, pas uniquement le cyclisme.

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