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Snoop Dogg pousse un coup de gueule pour l’égalité salariale dans le football

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Snoop Dogg. | © EPA/ENNIO LEANZA

Sport

Quatre fois championnes du monde, les joueuses de la sélection américaine de football gagnent beaucoup moins que leurs homologues masculins, dont les résultats sont pourtant nettement moins bons. Une injustice qui ne plaît pas à Snoop Dogg.

« Félicitations aux footballeuses américaines pour leur quatrième Coupe du Monde », félicite Snoop Dogg sur Instagram, avant de parler d’argent. « Elles ne gagnent que 90 000 $ chacune pour leur victoire, alors que les hommes, eux, s’ils la remportaient, empocheraient 500 000 $ », s’offusque le rappeur américain avant de critiquer les performances des joueurs : « Les pauvres types de l’équipe masculine ne gagneront peut-être jamais (…) ils n’arrivent même pas à passer le p*tain de premier tour. Payez ces femmes ! Payez-les à la hauteur de leur valeur. Elles devraient gagner 500 000 dollars par joueuse. Snoop Doog le dit », poursuit l’artiste qui parle de lui à la troisième personne. « Ces femmes ont gagné quatre Coupes du Monde, et 90 000 $ ? Donnez-leur 500 000 $ »

Comparé à l’équipe féminine, le niveau des hommes est faible. Avant de louper le dernier Mondial masculin en Russie, les Américains avaient été éliminés par les Diables Rouges en huitième de finale quatre ans plus tôt au Brésil. Pour ce résultat, ceux qui n’ont jamais fait mieux qu’une troisième place en 1930 ont reçu 5,3 millions de dollars de primes. Les joueuses, elles, ont touché 1,7 millions de dollars de ces mêmes primes alors qu’elles sont devenues championnes du monde au Canada en 2015.

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Snopp Dogg est loin d’être le seul à réclamer justice. À l’issue de la finale de la Coupe du monde, remportée 2-0 par les Américaines face aux Hollandaises dimanche dernier, le public du stade de Lyon a scandé à plusieurs reprises « Equal Pay ! » pour réclamer l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes dans le milieu du football.

Bientôt un procès

Après leur victoire, les Américaines qui n’iront pas à la Maison Blanche sont prêtes à s’attaquer à une autre bataille : leur procès contre la Fédération des États-Unis de soccer. En mars dernier, les 28 footballeuses américaines ont attaqué en justice leur fédération pour discrimination liée au genre, pointant du doigt une autre différence salariale. Par match, le salaire moyen d’une joueuse était de 4950 dollars, tandis que celui d’un joueur avoisinait les 13 200 dollars – pour une année hors compétition.

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L’équipe nationale américaine de football féminine se bat depuis des années pour obtenir un meilleur salaire. En 2016, cinq joueuses – Megan Rapinoe, Carli Lloyd, Alex Morgan, Becky Sauerbrunn et Hope Solo – ont déposé une plainte pour discrimination salariale auprès de la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi. Pour la première fois dans l’histoire du sport professionnel, un.e athlète a déposé une plainte pour discrimination contre son employeur actuel, a déclaré Rich Nichols, l’ancien directeur exécutif de l’Association des joueuses de l’équipe nationale féminine et conseiller. « Il a fallu du cran et du courage à ces cinq femmes pour mettre en péril leur emploi et leur carrière ». Sans suite dans l’affaire, Solo, qui a été licenciée par US Soccer en 2016, a décidé en août 2018 d’intenter une action pour discrimination fondée sur le sexe. Les 28 joueuses actuelles ont déposé leur propre plainte le 8 mars de cette année, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Après leur quatrième sacre mondial, la question ne devrait même plus se poser. Face à cette inégalité salariale flagrante, le sénateur de la Virginie-Occidentale Joe Manchin a ajouté un petit coup de pression. Ce mardi 9 juillet, ce démocrate a déposé une loi pour bloquer les fonds fédéraux alloués au Mondial (masculin) 2026 qui doit en partie se dérouler sur le sol américain, tant que l’égalité salariale entre l’équipe féminine et l’équipe masculine n’a pas été atteinte, rapporte le Huffington Post.

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