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France-Turquie, le match de toutes les tensions

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C'est dans un climat sensible que se joue le match entre la France et la Turquie ce soir au Stade de France. | © Lucas BARIOULET / AFP

Sport

Le match France-Turquie qui se déroule ce soir au Stade de France s’apprête à se jouer dans un climat de fortes tensions géopolitiques. Certains appellent à son annulation.

C’est dans un climat sensible que se joue le match entre la France et la Turquie ce soir au Stade de France. Le contexte extra-sportif parasite un match rendu sensible par le souvenir du sulfureux France-Turquie de 2009, d’une part, et par les tensions diplomatiques entre Paris et Ankara, d’autre part. Le déclenchement mercredi par le président turc Recep Tayyip Erdogan d’une opération militaire contre une milice kurde en Syrie a déclenché un tollé international. La France a dénoncé une « offensive unilatérale » et suspendu ses ventes d’armes vers la Turquie. Et à Paris, plusieurs manifestations en soutien aux Kurdes de Syrie ont déjà eu lieu ce week-end. Les problèmes géopolitiques, ils sont là. Que cela ait des conséquences ? Forcément, sur l’environnement du match. « Mais on ne va pas penser à cela », a évacué le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps. Les footballeurs turcs n’ont eux pas hésité à lier sport et politique, lorsqu’ils ont célébré vendredi leur victoire contre l’Albanie en réalisant un salut militaire, en soutien aux soldats engagés dans l’offensive. « Je ne veux pas que ces discussions prennent le pas sur le match, a précisé dimanche le sélectionneur turc Senol Günes. Nous encourageons nos soldats, mais je suis contre toute sorte de violence. »

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Le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, a demandé l’annulation de la rencontre déplorant le salut militaire des joueurs turcs lors d’un précédent match alors qu’Ankara a lancé une offensive contre des positions kurdes dans le nord-est de la Syrie. C’est avec un tel salut que des joueurs de l’équipe de Turquie ont fêté vendredi un but contre l’Albanie en éliminatoires pour l’Euro-2020. « On ne peut décemment accueillir demain au Stade de France ceux qui saluent le massacre de nos alliés Kurdes ! », a tweeté dimanche soir M. Lagarde, assortissant son tweet du hashtag #AnnulationMatchFranceTurquie et d’une photo montrant les joueurs en train de faire ce salut.  « Avec ce salut militaire, l’équipe de football turque a hélas brisé la frontière qui doit séparer le sport de la politique », a-t-il justifié. Philip Townsend, chef de presse de l’UEFA, a fait savoir dimanche que la confédération européenne de football allait « examiner » ce geste, disant ne pas l’avoir vu mais rappelant que le règlement « interdit les références à la politique et à la religion ».

La sécurité renforcée

Au Stade de France, l’attitude des autorités françaises sera scrutée dans la tribune officielle, où devraient prendre place le ministre turc de la Justice ainsi que l’ambassadeur à Paris, selon une source diplomatique turque. Les supporters de la Turquie sont attendus en grand nombre. Ils seront 3 800 dans un parcage visiteurs à guichets fermés, selon la Fédération française, et certainement beaucoup plus ailleurs, parmi les 78 000 spectateurs annoncés au total. « Nous avons entendu que 40 000 supporters seront là (…), je pense que ce sera comme un match à domicile », affirme à l’AFP Cagri Davran, journaliste pour le quotidien sportif turc Fanatik. Il y avait plus de 300 000 électeurs turcs inscrits en France lors du scrutin législatif de novembre 2015.  « C’est vrai que les supporters turcs se déplacent en nombre, ils ont une ferveur, une passion peut-être exacerbée », mais « on ne va pas compter combien ils sont », rétorque Deschamps. La précédente opposition entre les deux équipes sur le sol français, il y a dix ans à Lyon, avait fini dans la confusion, interrompue quelques minutes après des jets de projectiles et de fumigènes au stade Gerland. « J’espère qu’ils seront dans un esprit de fraternité », a déclaré Senol Günes à propos des fans turcs. « Ce qu’il se passe en Syrie, c’est une chose, le match c’est autre chose. Bien qu’il puisse y avoir des imbrications, des provocations, nous essaierons de l’éviter », a tenté de rassurer l’ambassadeur de Turquie Ismail Hakki Musa, interrogé par l‘AFP sur l’éventualité de tensions entre supporters turcs pro- ou anti-Kurdes en marge de la rencontre.

Lundi, pour ce match classé à risque, la préfecture a prévu un « dispositif de sécurisation générale pour prévenir les troubles à l’ordre public avant, pendant et après la rencontre ».  Au Stade de France, les effectifs de sécurité ont également été augmentés (1 400 contre 1 200 habituellement).

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