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La réponse parfaite des supporters anglais face aux chants racistes (et affligeants) entendus en Bulgarie

marcus rashford

L'entraîneur britannique Gareth Southgate réconforte sa pépite Marcus Rashford, buteur et encore victime de chants nauséabonds en Bulgarie. | © NIKOLAY DOYCHINOV / AFP.

Sport

« Qui a foutu le ballon dans le but des racistes ? Raheem fucking Sterling ! »

0-6, c’est la raclée anecdotique infligée par les Anglais à la sélection bulgare ce lundi lors de le huitième journée des éliminatoires pour l’Euro 2020. Une claque bien méritée tant il y avait trois classes d’écart entre les « Three Lions » et la modeste équipe d’Europe de l’Est. Le jeu, c’est tout ce qui devrait primer dans le sport roi. La beauté du dribble, la vivacité d’un joueur, une frappe enroulée en pleine lucarne ou un tacle glissé : le puriste veut se régaler lorsqu’il va au stade ou quand il boit sa petite bière face à sa télévision. Mais ces derniers temps, l’atmosphère anxiogène qui règne dans le football gâche ce plaisir si bon, et inquiète.

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Écœurement

Car ce qu’on retiendra d’hier soir, ce n’est pas la puissance de l’armada britannique mais bien les cris de singe, les chants racistes et les saluts nazis vus et entendus dans les travées du stade Vasil Levski de Sofia. Raheem Sterling, Marcus Rashford et le néophyte Tyrone Mings, trois joueurs de couleur, ont dû essuyer pendant 90 minutes de stupides attaques. L’information a été confirmée par la Fédération anglaise qui n’a pas manqué de condamner ces agissements et de soutenir ses joueurs dans un communiqué : « Nous pouvons confirmer que nos joueurs ont été victimes de chants racistes durant leur match de qualification pour l’Euro 2020 face à la Bulgarie. C’est inacceptable et nous soutenons immédiatement les joueurs et les membres du staff concernés. »

Le match a été interrompu deux fois mais pas suspendu, alors que le règlement de l’UEFA (l’Union des associations européennes de football) stipule clairement que l’arbitre peut annuler la partie en cas de comportements racistes et dsicriminants. Les fauteurs de troubles ont tout de même été jetés du stade manu militari par les stewards comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous.

« Qui a foutu le ballon dans le but des racistes ? »

Des incidents qui font écho à ceux déjà entrevus au match aller, où Sterling avait déjà été victime de racisme, et à bien d’autres agissements ici et là en Europe. On pense évidemment à notre Romelu national, qui depuis son arrivée en Italie a déjà pu goûter aux chants immondes des supporters transalpins. Pour essayer de sauver la soirée, les supporters anglais présents dans la capitale bulgare ont alors lancé un chant fabuleux : « Who put the ball in the racists’ net ? Raheem fucking Sterling ! » (« Qui a foutu le ballon dans le but des racistes ? Raheem fucking Sterling ! »). La plus géniale des réponses à la bêtise d’infâmes individus. Voyez plutôt.

La presse britannique était quant à elle bien remontée ce matin et n’y est pas allée de main morte. « Cris de singes, saluts Nazis, nous le demandons à l’UEFA : ‘dégagez les !’ », titrait notamment le Sun. « Désolé pour la Bulgarie d’être représentée par de tels idiots dans leur stade », a pour sa part écrit Raheem Sterling dans une publication Instagram.

Une affaire politique

Et le pire dans tout ça, c’est que l’entraîneur de la Bulgarie Krasimir Balakov avait osé déclarer ce week-end que l’Angleterre a de « plus gros problèmes de racisme » que son pays. « Tout ce que je peux dire c’est que je ne pense pas que nous ayons un problème. Dans notre Championnat, nous avons beaucoup de joueurs de différentes origines et de couleurs de peau différentes. Je ne crois pas que nous ayons un si gros problème comme par exemple l’Angleterre », s’était-il épanché en conférence de presse.

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Visiblement, ces dérapages à la pelle n’ont pas plu au premier ministre bulgare Boyko Borissov, qui a « fermement condamné » les incidents survenus et demandé la démission du président de la fédération bulgare, comme le rapporte la BBC. Et l’UEFA dans tout ça ? Elle reste encore (bien trop) silencieuse.

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