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10 conseils pour vous mettre au vélo cet hiver

Se mettre au vélo cet hiver

Rien de tel qu'un lever de soleil pour accompagner son trajet du matin à vélo. | © Flo Karr/Unsplash

Sport

On y parle santé, équipement, environnement et sécurité.

Vous habitez en ville et vous hésitez depuis longtemps à changer vos habitudes pour vous rendre au travail ? Régulièrement, vous pestez sur ces transports en commun bondés, qui puent en été, qui sont moroses en hiver et qui accusent du retard régulièrement ? Et cette voiture qui se traîne dans les embouteillages du matin et qu’il est de plus en plus impossible à garer. Alors, pourquoi ne pas se mettre au vélo pour aller au boulot ? Ça s’appelle le vélotaf et avec l’aide de la Nomade sédentaire, l’une des actrices les plus actives de la cause cycliste à Bruxelles, on a tenté de vous compiler quelques conseils pour vous lancer en douceur. Oui, même en hiver.

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Prendre sa place

Les vélos aussi ont le droit d’être sur la route. Contrairement à ce que certains pensent, se positionner bien en évidence sur la chaussée n’est pas une manière de ralentir les voitures ou d’énerver les automobilistes. C’est simplement une question de sécurité. Et vu l’état et le nombre de pistes cyclables à Bruxelles, les vélos n’ont de toute façon pas le choix. « En tant que cycliste, on a tendance à ne pas vouloir gêner les autres usagers de la route. Pourtant, se coller trop à droite, c’est dangereux », note celle qui se fait appeler la Nomade sédentaire sur les réseaux sociaux. Pour un maximum de sécurité, il faut se trouver au moins à un mètre des voitures garées, pour éviter tout risque d’emportièrage. « S’il y a quelqu’un d’un peu trop nerveux qui décide de me klaxonner, je prends ça comme un encouragement et je lui fais un petit signe pour lui dire que je l’ai vu, entendu, mais que je n’ai pas d’autre choix ».

Être bien équipé

« On dit toujours qu’il n’y a pas de mauvais temps, mais des mauvais équipements ». Un bon vélo, n’est pas spécialement un vélo cher. Après tout, pour faire 5 ou 6 km par jour, vous pourrez facilement trouver une bonne bécane à quelques centaines d’euros chez un vélociste qui vous fera un plaisir de vous aider lorsque vous lui expliquerez votre projet. Du moment que le vélo est bien équipé, c’est gagné. Pour ça il faut des bons phares, des pneus de bonne qualité pas trop fins (surtout en hiver) et bien gonflés. Il existe aussi des pneus increvables pas spécialement plus chers. Les freins doivent être efficaces et pas trop difficiles et pour ceux qui ont tout leur bureau à transporter, une bonne sacoche imperméable permet d’éviter de devoir porter un sac à dos. De plus, on n’insistera jamais sur l’importance d’être bien visible et bien éclairé. Et d’ajouter à sa courte liste de matériel, un bon cadenas.

Qu’en est-il du vélo électrique alors ? Pour ceux qui se sentent le moins capable d’avaler des kilomètres à la force de leurs jambes au quotidien, cela peut paraître évident. Pourtant, avant d’investir, la Nomade sédentaire conseille : « Il vaut mieux d’abord essayer un vélo musculaire. Soit avec un villo soit avec un vélo peu cher de chez n’importe quel vélociste qui fera très bien l’affaire. En général, on se rend compte qu’on en est capable et que cela va très bien. Il faut se faire confiance au début. On en est capable, même si on n’a pas bougé depuis longtemps. Et si vraiment c’est trop dur alors on peut éventuellement investir dans un vélo électrique ».

Les conseils pour rouler à vélo en ville
De plus en plus de personnes se mettent au vélo pour se rendre au travail. ©Eugene Zhyvchik/Unsplash

Se sentir à l’aise

Un vélo droit ou en col-de-cygne ? C’est à vous de choisir, en fonction de ce que vous préférez. Le principal c’est de se sentir à l’aise sur son vélo et si en plus on le trouve joli et qu’on en est fier, c’est encore mieux. Pour se sentir détendu, il faut également être certain de la sécurité de son vélo. Si on peut le rentrer chez soi et qu’il n’est pas trop lourd pour l’amener jusque dans votre appartement, c’est le mieux. Si vous êtes contraint de le laisser dans la rue, le plus sûr est de le mettre dans un endroit bien visible et si possible avec d’autres vélos, sans oublier de l’attacher avec au moins deux cadenas s’il doit passer la nuit dehors. Cyclo possède aussi des box vélo aux listes d’attente longues, mais vous pouvez toujours prendre contact avec eux pour vérifier qu’il n’y a pas une petite place près de chez vous. Bike.brussels propose aussi des autocollants munis d’un QR code pour enregistrer les vélos et à scanner pour le retrouver s’il est volé.

Être bien habillé

Se lancer à deux roues en hiver, ce n’est peut-être pas le moment idéal, mais au moins, vous êtes presque sûrs de ne pas arriver dégoulinant de sueur à votre travail. Pour bien s’équiper, c’est facile. Il faut d’abord penser au froid et à avoir 3 couches sur soi : le t-shirt ou la blouse normale, un gilet polar et une veste coupe-vent et imperméable. « Il ne faut pas s’habiller trop chaudement. C’est difficile les premiers coups de pédale, mais le corps va vite se réchauffer. Avec une météo comme aujourd’hui où il fait 12°C, par exemple, personnellement mon chemisier et ma veste sont suffisants ». Sans oublier des bons gants et un tour de cou si nécessaire.

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Par temps de pluie, le surpantalon imperméable est indispensable pour ne pas arriver trempé à destination. « Le mieux, c’est aussi de porter quelque chose de réfléchissant sur soi, sur son vélo ou sur son sac ou de s’habiller en très clair ».

Respecter le code de la route

Cela peut paraître évident, mais ce n’en est pas moins essentiel. Éviter de brûler les feux lorsque cela n’est pas permis (parce que oui, le code de la route prévoit deux panneaux, le B22 et B23, pour permettre aux cyclistes de les traverser), par exemple. Et comme l’aime à le rappeler la Nomade sédentaire : « des cyclistes prioritaires, il y en a plein les cimetières ». Autrement dit, le danger est présent, même quand on respecte le code de la route et que le conducteur du vélo est dans son droit. En tant que cycliste, il n’y a pas que les voitures à respecter, il ne faut pas oublier les piétons qui partagent avec eux le terme « usagers faibles ». « Certains cyclistes ont tendance à avoir le même comportement avec les piétons que celui qu’ils reprochent aux automobilistes ».

Le vélo n'est pas facile en montée
Les montées, il faut les prendre piano-piano. ©Jacek Dylag/Unsplash

Y aller en douceur

Bruxelles, c’est loin d’être plat. Alors, ce n’est pas les Alpes, mais il y a quand même des raisons pour lesquelles le vélo est bien plus développé dans les villes néerlandaises lisses (et on ne parle pas ici des infrastructures cyclables). Les montées peuvent en rebuter plus d’un. Et quiconque a déjà emprunté le vélo à Bruxelles connaît aussi cette galère de trouver l’itinéraire le plus plat possible. Spoiler alert : il n’existe pas. « Dans les montées, il faut y aller à son aise. On regarde le mètre devant soi mais pas plus loin, et on y va. Il ne faut pas voir cela comme un obstacle, il faut y aller tranquillement ».

Accepter l’abandon

Trop froid, trop mauvais, trop chaud, trop fatigué, trop encombré. Toutes les excuses sont bonnes pour abandonner son vélo quelques jours. Et ce n’est pas grave. « Si vous ne le sentez pas, faites une pause. Il ne faut jamais se forcer. Il y a des chances pour que très vite vous reveniez vers le vélo parce que vous trouverez cela mieux que les transports et la voiture. Au début, c’est normal de passer par là, donc il ne faut pas se forcer ». Au fil du temps, les experts du vélotaf en ville vous le promettent, vous gagnerez en confiance en vous. « Le vélotaf a pour effet de renforcer sa confiance en soi, sur la route, mais aussi en général ». Mais cela s’acquiert au fil du temps. « Il ne faut pas s’en faire. Il y aura toujours de l’appréhension, même après des années. Mais cela est sain, car c’est lorsqu’on a trop confiance en soi que cela devient risqué ».

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La conduite anticipative

Contrairement aux automobilistes à qui on exhorte d’adopter la conduite défensive, les cyclistes devront, eux, passer maître dans l’art de la conduite anticipative. La ville, ce n’est pas la jungle, mais il faut savoir que tout peut se passer et qu’en tant que deux roues, on est bien plus vulnérable que les voitures. « La concentration permet en plus de créer le vide à l’intérieur et de se vider la tête. Il faut une attention de chaque instant car tout peut arriver. Il y a une phrase que j’aime bien : ‘Au bout du pneu, c’est l’inconnu’. Pour moi en tout cas cela fonctionne et j’arrive plus détendue au travail ». De plus, il est important d’établir le contact visuel avec les automobilistes qu’on croise, « même si c’est plus difficile avec les camions et les bus », et indiquer clairement ses intentions avec le bras.

Les cyclistes à Bruxelles.
À Bruxelles, les cyclistes prennent de plus en plus de place. ©Philippe Bertrand/Unsplash

Rester calme

Les incivilités, vous en serez témoin ou victime et c’est inévitable. Dans tous les cas, il faut rester calme. « Cela ne sert à rien de s’énerver. Il faut écraser et faire profil bas. Moi dans ces cas-là, j’essaye de prendre conscience de tous les gestes sympas que j’ai déjà reçus. De plus en plus d’automobilistes sont conscients de ce que cela représente d’être cycliste et il faut se concentrer là-dessus. Cela permet de faire passer la pilule. Et surtout, il faut remercier tous ceux qui font tous ces petits gestes sympas. C’est contagieux, cela les encouragera à faire pareil pour le prochain ».

Se faire accompagner

Si malgré tous ces bons conseils, vous hésitez encore à passer le pas ou s’il vous manque toujours de la motivation, n’hésitez pas à vous faire accompagner. « Sur Twitter, il existe une grande communauté de vélotaf avec une bienveillance monumentale. Et aussi, il ne faut pas hésiter à rencontrer d’autres vélotafeurs ».  Pour être conseillé ou rassuré, Provélo propose des coaching pour les premiers trajets jusqu’au travail et le Gracq a mis en place des formations pour apprendre à rouler dans le trafic. Alors, on s’y met ?

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