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Les hommages de Naomi Osaka contre le racisme et les violences policières

Naomi Osaka, Us Open, racisme

Elle a souhaité prendre position. | © Belga

Sport

La joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka montre son engagement contre le racisme et les violences policières à chaque match de l’US Open. Mardi, elle portait un masque avec le nom de George Floyd.

D’après un article Paris Match France de Kahina Sekkai.

Un engagement discret, mais bien présent. À chaque match qu’elle a disputé lors de l’US Open, la Japonaise Naomi Osaka est entrée sur le court portant un masque noir, sur lequel était inscrit le nom d’une victime de racisme et de violences policières. Mardi, il s’agissait de Geoge Floyd, tué le 25 mai dernier, asphyxié lors de son interpellation à Minneapolis. Dimanche, elle portait un masque portant le nom de Trayvon Martin, cet adolescent de 17 ans tué par un surveillant volontaire, qui le pensait menaçant, dans un quartier résidentiel de Floride. Vendredi, elle a rendu hommage à Ahmaud Arbery, un jeune homme de 25 ans pourchassé en voiture et tué alors qu’il faisait son jogging en Géorgie, en février dernier.

Deux jours auparavant, elle portait un masque au nom d’Elijah McClain, tué en 2019 après une interpellation musclée par des officiers de police d’Aurora (Colorado), intervenus après des appels évoquant une «personne suspecte». Le 31 août, c’est à Breonna Taylor, une jeune ambulancière tuée par des policiers vennat effectuer une perquisition chez elle, dans le cadre d’une enquête à laquelle elle n’était pas mêlée, qu’elle rendait hommage.

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Lorsque la chaîne ESPN lui a montré des vidéos de Sybrina Fulton, la mère de Trayvon Martin, et Marcus Arbery, le père d’Ahmaud Arbery, la remerciant pour son geste, la sportive s’est montrée très émue : «J’ai tout fait pour retenir mes larmes. C’était un peu irréel et très touchant de savoir qu’ils étaient touchés par ce que j’ai fait. J’ai l’impression que je ne fais rien. C’est une fraction de ce que je pourrais faire. Donc c’était très émouvant. Après l’avoir vu, j’étais au début sous le choc, mais maintenant, je suis vraiment reconnaissante et remplie d’humilité» , a-t-elle déclaré après son match, mardi, citée par le New York Post.

« Il y a des questions beaucoup plus importantes qui nécessitent une attention immédiate »

Avec ces masques, la joueuse de tennis de 22 ans, qui a grandi aux États-Unis avant de devoir, à la fin de l’année dernière, abandonner cette deuxième nationalité en vertu de la loi japonaise, montre son engagement contre le racisme. Quelques jours avant le début de l’US Open, elle avait annoncé son intention de boycotter la demi-finale du tournoi de Cincinnati, se disant prête à laisser son adversaire Elise Mertens gagner par forfait plutôt que de participer à un match de tennis alors que l’actualité était si chargée, suivant le boycott de l’équipe de basket des Milwaukee Bucks pour protester contre ce qui était arrivé à Jacob Blake, un père de famille noir paralysé après avoir reçu sept balles dans le dos, tirées par un policier alors qu’il allait monter à bord de sa voiture. «En tant que femme noire, j’ai l’impression qu’il y a des questions beaucoup plus importantes qui nécessitent une attention immédiate, plutôt que de me regarder jouer au tennis» , avait-elle alors expliqué.

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Après des discussions avec la fédération américaine de tennis et la direction du tournoi, elle avait finalement disputé le match, décalé de 24 heures. «Je ne m’attends pas à ce que quelque chose de radical se produise si je ne joue pas, mais si je peux engager une discussion dans un sport majoritairement blanc, je considère que c’est un pas dans la bonne direction» , avait ajouté la jeune femme, née de mère japonaise et de père haïtien.

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