Paris Match Belgique

Ce sport a profité du Covid-19 pour faire de nombreux nouveaux adeptes

C'est le cas un peu partout dans le monde et chez nous en Belgique. | © Photo by Odd ANDERSEN / AFP

Sport

La crise sanitaire a incité de nombreux nouveaux joueurs à découvrir les joies de cette pratique Le nombre d’affilié est à la hausse aux quatre coins du monde.

 

Par Miguel Tasso

Le golf serait-il l’un des grands gagnants de la crise du Covid-19 ? Il est trop tôt pour tirer des enseignements définitifs, mais différentes statistiques indiquent que le swing a été l’une des danses préférées de cet été atypique. La société anglaise Hole 19 estime ainsi que la fréquentation des parcours a augmenté de près de 50 % après le confinement. L’étude porte sur un échantillon de deux millions de golfeurs dans près de deux cents pays.

Les Etats-Unis jouent évidemment les locomotives dans cette tendance de fond. Une enquête de la National Golf Foundation a relevé une augmentation de 14 % des parties jouées en juin. Dans un pays où le golf est une religion pratiquée par plus de 30 millions de fidèles, le chiffre interpelle mais s’explique parfaitement. Après le « lockdown » des mois de mars et avril, les golfeurs étaient en manque. Dès la réouverture des parcours, ils ont souhaité étancher au plus vite leur soif de birdies.

Le golf a été l’un des premiers sports à sortir du confinement. Il symbolise le contact avec la nature et la distanciation sociale par excellence. Il peut même se pratiquer seul. Certes, quelques mesures sanitaires ont été mises en place mais, dans l’ensemble, le jeu a été autorisé sans grandes contraintes. Du coup, non seulement les joueurs habituels ont repris le chemin des greens mais, parallèlement, de nombreux curieux ont cédé à la tentation.

Lire aussi >En pleine pandémie, Donald Trump se remet au golf sous un flot de critiques

Et en Belgique ?

Notre pays est un bel exemple de ce phénomène. Tout au long du printemps, des centaines de débutants ont profité de différents « packages » d’initiation (souvent très intéressants financièrement) pour découvrir le sport de St Andrews ou passer leur brevet. Dans la plupart des clubs, de nouvelles têtes sont ainsi sorties des bunkers. Reste à savoir à présent si ces débutants vont poursuivre sur leur lancée et transformer l’essai en devenant « full members ». Il faudra attendre quelques mois pour le savoir.

En Belgique, le golf conserve encore une image assez élitiste. Il n’est pas toujours simple d’oser franchir la porte d’un clubhouse. A l’évidence, la période a été propice pour briser certains tabous. Souvent confinés à la maison et privés de vacances à l’étranger, de nombreux joueurs se sont dit : « Et pourquoi ne pas essayer ? »

Pour les clubs, le grand défi a toujours été d’attirer des membres plus jeunes. La majorité des golfeurs recensés à la fédération ont 50 ans et plus. Jusqu’ici, les jeunes adultes (25-40 ans), prisonniers d’obligations professionnelles et familiales, hésitaient à s’adonner réellement à un sport souvent chronophage. Qui sait si la nouvelle donne ne va pas les faire changer d’avis ?

En Grande-Bretagne, en tout cas, la catégorie des 25-35 ans est désormais la plus importante au sein du marché des green fees. Durant le mois de juin, 28 % des recettes du pay and play ont été générées par cette tranche d’âge. On est loin de cette situation en Belgique, où il faut être membre d’un club pour accéder aux parcours, mais on sent néanmoins une évolution.
On sera attentif, en tout cas, aux chiffres de fin d’année. Pour l’heure, rappelons qu’on recense environ 67 000 licenciés à la Fédération royale belge de golf.

 

CIM Internet