Paris Match Belgique

Sur les greens, le maître c’est Dustin Johnson

Les dates du prochain Masters sont d’ores et déjà connues. Si la pandémie le permet, le tournoi se déroulera du 8 au 11 avril 2021, soit aux dates traditionnelles. D’ici là, les organisateurs espèrent tomber le masque et pouvoir accueillir à nouveau des spectateurs. | © Photo by William WEST / AFP

Sport

Disputé à huis clos et au cœur de l’automne, le Masters d’Augusta était, cette année, très atypique. Mais il a néanmoins couronné le meilleur joueur de la planète.

 

Par Miguel Tasso

Ses admirateurs rêvaient de le voir accrocher une sixième « green jacket » à sa garde-robe personnelle. Mais, cette fois, Tiger Woods n’a pu relever le défi. Le héros black des greens n’a pas démérité mais, à l’arrivée, il a dû se contenter de la 38e place, à 19 coups du lauréat final, l’impressionnant Dustin Johnson.

Ce Masters 2020, décalé dans le calendrier d’avril à novembre en raison de la pandémie, dégageait un parfum très inhabituel. Drapé dans ses couleurs automnales et privé de public, le légendaire parcours d’Augusta National était visuellement méconnaissable. Toujours aussi beau, bien sûr. Mais un peu tristounet avec ses feuilles orange accrochées aux arbres et, surtout, sans les clameurs de la foule en fond sonore.

A l’instar de tant d’autres champions élevés dans le sérail des plus grands exploits et nourris au biberon de l’adrénaline, le « Tigre » a sûrement déploré cette ambiance de huis clos. On le sait : l’icône du golf mondial a besoin d’être électrisé par ses supporters pour élever au plus haut son niveau de jeu. Là, lors de ce cru 2020 bouchonné, on ne l’a jamais senti réellement inspiré.
Lors du dernier tour, il a même sombré sur le trou n° 12, un petit par 3 sur lequel signa un score hallucinant de 10 coups ! Sa balle se retrouva tantôt dans l’eau, tantôt dans un bunker : un vrai cauchemar.

 

Tenant du titre, Tiger Woods remet à Dustin Johnson la « green jacket » du vainqueur du Masters. ©Kyodo/MAXPPP

Lire aussi > À seulement 10 ans, le fils de Tiger Woods fait jalouser la toile avec un swing parfait

Il aurait pu, de guerre lasse, jeter l’éponge mais, touché dans son ego, il mit un point d’honneur à réagir et signa cinq birdies sur ses six dernier trous. La griffe d’un vrai champion.
Bryson DeChambeau portait aussi le masque au terme de ce Masters si -atypique. Le Californien, lauréat du dernier US Open, ambitionnait ouvertement d’entrer dans l’histoire en affichant ses biceps et sa toute-puissance. Mais l’Augusta National n’est pas un parcours comme les autres.

Dessiné tout en subtilité, le chef-d’œuvre de Bobby Jones n’aime pas être agressé par de jeunes loups arrogants. Certes, tout de muscles habillé, le colosse du swing catapulta des balles à plus de 350 mètres qui survolèrent les arbres à la façon d’un drone téléguidé. Mais, parallèlement, il commit aussi plusieurs erreurs fatales. Comme, le deuxième jour, sur le trou n° 3, où il concéda un terrible triple bogey après avoir égaré sa balle au départ.

Il est probable que Bryson DeChambeau remportera un jour le Masters. Mais, pour cela, il devra adapter son jeu aux caractéristiques d’Augusta. Sur ce parcours, il faut faire preuve de patience, d’humilité et de stratégie. Et, surtout, ne pas brusquer un terrain modelé par près de cent ans d’histoire. C’est précisément avec ces armes que Dustin Johnson a remporté le tournoi. Le géant américain, abonné aux places d’honneur, traînait derrière lui une réputation de grande fragilité dans les moments décisifs.

Cette fois, il a affiché haut et fort sa supériorité d’un bout à l’autre. Impressionnant, il a terminé à 20 sous le par, battant le record du score le plus bas détenu par Tiger Woods (1997) et Jordan Spieth (2015). Très solide dans tous les compartiments du jeu, le n° 1 mondial a clairement franchi un cap ces derniers mois. On le sent en confiance, bien dans son swing et bien dans sa tête. Même son test positif au Covid-19 – qui l’a obligé à se mettre en quarantaine avant le tournoi – n’a pas freiné la marche en avant du fiancé de la jolie Paulina Gretzky, fille du légendaire joueur de hockey sur glace.

Dominateur, serein, il cache sous de faux airs de nonchalance un tempérament de vrai killer. Qu’on se le dise : à 37 ans, il est capable d’ajouter encore bien d’autres Majors dans sa besace.

Lire aussi >Golf belge : « Nicolas Colsaerts a montré la voie »

CIM Internet