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Lindsey Vonn s’exprime sur l’importance de la santé mentale chez les sportifs

Lindsey Vonn

Lindsey Vonn en février 2019. | © Michael Kappeler/dpa.

Sport

La légende du ski, Lindsey Vonn, a abordé mercredi avec «USA Today» l’importance de la santé mentale chez les sportifs. Une question relancée après le forfait à Roland-Garros de la joueuse de tennis Naomi Osaka, qui ne souhaitait plus faire de conférences de presse en raison de son anxiété.

 

D’après un article Paris Match France de La Rédaction

Lindsey Vonn n’est plus en activité. Mais la championne olympique de ski, légende de son sport, regrette aujourd’hui de n’avoir pas pris la parole sur la question de la dépression et la santé mentale chez les athlètes dès le début de sa carrière. La jeune femme a expliqué qu’à l’époque, elle voyait ça comme une faiblesse et ne comprenait pas l’impact que sa prise de parole aurait pu avoir, d’autant que ce sujet était alors encore rarement abordé aux Etats-Unis. « J’aurais aimé pouvoir parler – ou être assez forte – pour le faire au début de ma carrière. Mais je crois que plus je vieillissais, plus j’étais soutenue et j’ai compris qu’il n’y avait aucune honte à tout ça », a-t-elle expliqué.

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Des propos qui interviennent quelques semaines après que la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka a décidé de déclarer forfait à Roland-Garros, expliquant ne pas être capable de donner de conférences de presse d’après-match en raison de sa très grande anxiété et de sa fragilité mentale. Pour Lindsey Vonn, il est donc primordial, aujourd’hui, d’offrir un suivi aux athlètes, avant et après des compétitions, notamment les Jeux Olympiques. « Honnêtement, je crois que tout le monde devrait avoir un thérapeute. Cela devrait être comme aller chez le dentiste ou le pédiatre. Nous devrions tous prendre soin de notre santé mentale et nous assurer chaque jour que nous y faisons attention », a-t-elle confié. En 2012, la skieuse avait révélé combattre la dépression, une maladie qui touchait déjà sa famille, et qu’elle prenait des médicaments pour atténuer ses symptômes.

Plusieurs sportifs ont pris la parole

Dans le documentaire The Weight of Gold, diffusé sur HBO, la légende de la natation, Michael Phelps est lui aussi revenu il y a quelques mois, avec une dizaine d’autres grands sportifs, sur ses souffrances et sur le manque de soutien psychologique au cours de sa carrière. Regrettant de n’avoir été qu’un «produit», il déplorait : « Je peux le dire honnêtement, je ne crois pas qu’en me remémorant ma carrière, quelqu’un ait été assez impliqué pour nous aider. Je ne crois pas que quiconque soit venu nous demander si nous allions bien. Tant que nous avions des performances, je crois que rien d’autre ne comptait. » « Cela me brise le cœur parce qu’il y a tellement de gens qui se soucient tellement de notre bien-être physique, mais je n’ai jamais vu personne se soucier de notre bien-être mental », ajoutait-il.

En 2018, le Français Lucas Pouille avait lui aussi évoqué son mal-être, indiquant avoir souffert d’un burn-out. « Je n’étais pas heureux en dehors du tennis. Quand on fait plus de 300 jours par an à l’hôtel et le resto trois fois par jour, à la fin, ça devient une corvée », avait-il expliqué, cité par Le Monde. Auprès de Paris Match, le champion olympique de snowboard cross, Pierre Vaultier, avait lui aussi évoqué la difficulté pour les sportifs d’aborder ce genre de problématique. « Je pense que dans le sport on est exigeant avec nous-même. On n’a pas le droit de dire qu’on veut faire un break. On n’a pas le droit de dire qu’on n’est plus motivé parce que je pense que les gens ne comprennent pas. »

Le Français glissait n’avoir jamais vraiment osé dire qu’il ne se sentait pas toujours bien : « Je n’ose pas dire que je me relâche. Nos vies d’athlètes de haut niveau ne sont quand même pas dégoûtantes. Et puis il ne faut pas oublier qu’on est des compétiteurs et que parfois, on veut aussi ne pas se l’avouer à nous-même. » Après la Coupe du monde de football 2018, Adil Rami avait également évoqué son burn-out, racontant à quel point son mental avait lâché. Martin Fourcade, lui aussi, a dit, en 2019, au cours d’une saison compliquée, avoir vécu « un burn-out sportif ».

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