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Angleterre-Allemagne, un choc de prestige et une pression dantesque sur les équipes

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Harry Kane et Thomas Muller, les deux leaders de leurs nations. | © Laurence Griffith / ROBERT MICHAEL / AFP.

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Si Angleterre-Allemagne reste une affiche à part, leur choc en huitième de finale de l’Euro mardi à Wembley sur le coup de 18h00 est aussi un « match de la peur », entre deux équipes pour qui l’élimination sera une contre-performance majeure.

Évoluant à domicile, devant plus de 40 000 supporters – moins de 2 000 Allemands sont attendus, presque tous vivant en Angleterre, en raison des difficultés de déplacement liées au Covid, les « Three Lions » ont sans conteste une pression supplémentaire. Flatteur sur le plan comptable – sept points en trois matches et zéro but encaissé -, le bilan du premier tour reste très contrasté, avec notamment deux petits buts marqués par une attaque annoncée comme l’une des plus dangereuses du tournoi. Mais entre un Harry Kane très discret, une animation offensive encore tâtonnante et des joueurs au temps compté, comme Jack Grealish, Jadon Sancho ou Marcus Rashford, l’impatience gagne le public anglais.

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Si la fédération anglaise a clairement affirmé vouloir maintenir Gareth Southgate à son poste quelle que soit l’issue du match, une élimination, alors que les demies et la finale auront aussi lieu à Wembley, effacerait tout le crédit né de la demi-finale du Mondial-2018. Dans ce contexte plus inquiet qu’enthousiaste, rien de tel qu’un duel contre le « meilleur ennemi » allemand pour remobiliser tout le monde.

Des bilans contrastés

Chaque équipe a ses « agents doubles » : Sancho et Jude Bellingham évoluent en Bundesliga, alors que Ilkay Gündogan, Kai Havertz, Timo Werner et Antonio Rüdiger jouent en Premier League, et que Jamal Musiala et Leroy Sane ont aussi une connaissance intime du football anglais. L’historique des confrontations dans les grands tournois ne plaide pas en faveur des Anglais, malgré la finale du Mondial-1966 remportée dans le stade ancêtre du Wembley actuel.

« Nous, les joueurs, nous ne pensons pas vraiment beaucoup à l’histoire, ce qui compte pour nous c’est maintenant et ici », a balayé le milieu de terrain Jordan Henderson. « On est concentrés sur le défi qui se présente, sur ce que l’Allemagne fait de bien, sur les secteurs que l’on peut exploiter, sur ce qu’on peut faire pour lui faire mal », a-t-il ajouté.

La perspective d’abréger la carrière de Joachim Löw comme sélectionneur n’est cependant pas pour leur déplaire. Après quinze ans de service, chaque match peut être le dernier pour Löw et une élimination en huitièmes serait une sortie peu glorieuse, après l’échec au premier tour au Mondial-2018. Quadruple championne du monde et triple championne d’Europe, la Mannschaft est condamnée à viser haut.

« Nous avons franchi une première étape, mais ce n’est pas encore ce que nous voulons », a déclaré le capitaine Manuel Neuer. « Nous voulons retourner jouer à Londres » pour les demi-finales et la finale. L’ambition des joueurs tranche pourtant avec le pessimisme des commentaires. « Nous sommes passés, mais personne ne sait pourquoi ! » raillait le quotidien à grand tirage Bild au lendemain de la qualification, arrachée contre la Hongrie à la 84e minute (2-2), alors que le site Sportbuzzer prédisait : « On n’ira pas loin comme ça« . Pour espérer viser plus loin, l’Allemagne va devoir résoudre des lacunes en défense, où le système à trois centraux s’est révélé peu hermétique, avec déjà cinq buts encaissés.

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L’autre huitième de finale prévu mardi mettra aux prises la Suède à l’Ukraine (21h00). Les vainqueurs de ces deux matches s’affronteront en quart de finale à Rome le 3 juillet prochain. 

Avec Belga

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