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Euro : L’Italie sacrée aux tirs au but, l’Angleterre toujours maudite

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Giorgio Chiellini, de l'Italie, soulève le trophée après leur victoire contre l'Angleterre. | © David Klein / Sportimage.

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Ce dénouement est un crève-coeur pour l’Angleterre qui a cru à la consécration, 55 ans après son dernier titre conquis au Mondial-1966 à domicile, mais a fini par sombrer devant son public désabusé.

D’après un article Paris Match France de La Rédaction.

L’Italie est de retour au sommet! Les Azzurri, en pleine renaissance, ont brisé le rêve de l’Angleterre aux tirs au but (1-1, 3-2 t.a.b.) pour s’adjuger un deuxième titre européen, dimanche en finale de l’Euro à Londres, dans le volcan incandescent et indiscipliné de Wembley, temple du foot au coeur gros.

La Mère patrie du ballon rond pensait enfin ramener un titre à la maison, cinquante-cinq ans après le dernier acquis en Coupe du monde 1966. Mais la bande de Gordon Banks, Bobby Charlton et Geoffrey Hurst, tombeuse de la RFA à domicile, n’a pas encore trouvé de successeurs.

C’est finalement l’Italie du mister Mancini, pourtant douchée d’entrée par les Anglais (2e, 1-0), qui monte sur le trône laissé vacant par les Portugais, champions d’Europe en 2016 sur le terrain des Français. La malédiction du pays hôte a cette fois frappé l’Angleterre, pourtant portée par la ferveur incroyable d’un peuple passionné et qui a tout donné.

Mais au petit jeu des tirs au but, les Anglais se sont littéralement écroulés, malgré deux arrêts de Jordan Pickford. Marcus Rashford, Jason Sancho et Bukayo Saka ont raté leur tentative, laissant le gardien italien Gianluigi Donnarumma exploser de bonheur, devant la tribune désormais éteinte des plus fervents supporters anglais. C’est une véritable douche froide pour la sélection des « Three Lions », persuadée que son heure était enfin venue.

Marée rouge et blanche

Partout en ville, de Piccadilly Circus à Leicester Square, dans les rues ou dans les pubs, les mêmes scènes dimanche: un patchwork de maillots, drapeaux et chapeaux aux couleurs de la sélection anglaise, du maquillage sur les visages et des ballons sur les voitures ou les devantures, des klaxons et du bruit, beaucoup de bruit!

Devant Wembley, une marée rouge et blanche a chaviré en fin d’après-midi, bercée par les tubes « Football is Coming Home » ou « Sweet Caroline », dans une odeur teintée de fumigènes et d’alcool, avec des débris de verre par milliers et des masques quasiment absents.

L’ambiance s’est parfois tendue quand des personnes, éméchées, ont jeté en l’air des pierres, canettes de bières, sacs à dos et cônes de signalisation sur des passants, ou quand des supporters sans billet ont réussi à s’introduire dans le stade, selon la police et la société gestionnaire du stade londonien.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, visiblement prise dans les couloirs du stade, on peut voir un groupe d’hommes frapper à coups de pieds et de poings, y compris quand des gens sont à terre, alors que des agents du stade tentaient d’intervenir.

A l’intérieur de Wembley, 67.173 spectateurs selon l’UEFA étaient massés les uns contre les uns, en très grande majorité des Anglais. Quelque 7.500 tifosi étaient présents, ainsi qu’un parterre de personnalités comme le Premier ministre britannique Boris Johnson, le président italien Sergio Mattarella, l’acteur Tom Cruise ou l’ex-footballeur David Beckham.

Sur les écrans, le prince Williams est apparu hilare au moment de l’ouverture du score anglaise, survenue après seulement une minute et cinquante-sept secondes.

Bonucci répond à Shaw

L’identité de l’improbable buteur y était aussi peut-être pour quelque chose: Luke Shaw a attendu le jour de son 26e anniversaire pour inscrire son premier but en sélection, dépassant un record de précocité dans une finale de l’Euro qui datait depuis 1964.

« Lucky » Luke a dégainé d’une demi-volée sèche au second poteau à la réception d’un centre de Kieran Trippier, l’invité surprise du onze de départ anglais, après une montée de balle du capitaine Harry Kane qui a fait lever tout le stade.

Un dégagement en touche en force? Le public se lève, le poing rageur! Un contrôle italien mal exécuté? Pareil. Le public anglais a montré qu’il avait du coffre, mais aussi du vice parfois, comme lorsqu’il a copieusement Fratelli d’Italia, l’hymne italien.

Avec leur jeu court et leurs dribbles habiles, les Azzurri ont bien essayé de remettre l’église au centre du village, mais Federico Chiesa a manqué sa première tentative (34e) et Lorenzo Insigne n’a pas fait mieux (51e). À force de pousser, ils ont pourtant fait craquer leurs rivaux.

Jordan Pickford a repoussé l’échéance une première fois avec sa main ferme sur une frappe de Chiesa (62e), mais pas la seconde. Il a certes repoussé une tête de Marco Verratti sur le poteau, mais l’inusable défenseur Leonardo Benucci a bien suivi (67e).

Neuf ans après sa dernière finale d’Euro, perdue en 2012 contre l’Espagne (4-0), la Nazionale rentre chez elle avec un nouveau titre et encore plus de certitudes encore qu’au début du tournoi. Sous l’impulsion de Roberto Mancini, elle s’est replacée dans la cour des grands et dans plus d’un an, elle lorgnera forcément sur la Coupe du monde au Qatar.

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