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Les swings étoilés de Pierre Résimont

. « Sur un parcours, je ferme mon GSM et je déconnecte complètement. J’essaie de me libérer l’esprit au contact de la nature" nous explique le chef. | © ©Hatim Kaghat

Sport

Le célèbre chef du restaurant gastronomique « L’Eau vive » aime se ressourcer sur les parcours de golf. Dans son club de Rougemont, à Profondeville, il mélange même les cartes de score et de menu.


Par Miguel Tasso

Pierre Résimont a découvert les joies du swing voici une dizaine d’années, lors d’une initiation sur le practice du club de Rougemont. « A priori, ce sport ne me tentait pas trop. J’étais plutôt branché sur des disciplines bien plus physiques, comme le foot ou le VTT. Mais j’ai tout de suite senti une attirance spéciale. Et, depuis, j’ai carrément mordu. »

Son agenda très chargé ne lui autorise pas de nombreuses mises au green. Mais dès qu’il en a l’occasion, il aime se ressourcer en chassant les birdies. « J’ai un tempérament de compétiteur. Donc, une fois la balle posée sur le tee n°1, je me concentre pleinement sur mon jeu. Mon niveau est moyen. Mais, dans un bon jour, je joue plutôt mieux que mon handicap officiel de 22. »

Ceci dit, il savoure aussi le golf pour d’autres raisons. « Sur un parcours, je ferme mon GSM et je déconnecte complètement. J’essaie de me libérer l’esprit au contact de la nature. Et puis, bien sûr, il y a le dix-neuvième trou. C’est un moment important. Je suis un épicurien et un bon vivant. Se retrouver à table avec les copains après une partie, c’est magique. On refait sa carte de score, mais aussi le monde ! »

À l’instar de la plupart des golfeurs, il aime, bien sûr, découvrir de nouveaux parcours, un peu comme le gastronome découvre de nouvelles tables. « En Belgique, j’ai eu l’occasion de jouer à Rigenée, au Sart Tilman, à Falnuée, à Sept Fontaines, au Bercuit et à La Tournette, probablement mon préféré. Chaque terrain a ses spécificités, ses pièges et ses plaisirs. C’est chaque fois une nouvelle aventure. »

 

©Hatim Kaghat

De la même façon, une fois par an, avec quelques amis, il s’offre une escapade golfique de trois ou quatre jours à l’étranger, souvent en France ou en Espagne. « On a déjà joué à Las Colinas et à Finca Cortesin. Ce sont de merveilleux moments de partage. Le golf, c’est aussi un art de vivre. » Il n’a d’ailleurs pas résisté à la tentation d’exporter ses talents de chef près des fairways.

Depuis trois ans, il apporte ainsi sa griffe à la carte du « Green de l’Eau vive », dans son cher club de Rougemont. L’adresse est devenue très tendance dans la région, y compris auprès des non- golfeurs. Le restaurant a élu résidence dans le château-clubhouse et sa nouvelle terrasse offre une vue imprenable sur la vallée de la Meuse. Idéal pour troquer la carte de score contre celle du menu et oublier l’un ou l’autre double bogey. « L’idée est évidemment de répondre aux attentes des joueurs après leur partie avec des suggestions de style brasserie. Mais nous proposons aussi des plats plus gastronomiques. »

Parallèlement, Pierre Résimont décline également son talent au « Comptoir de l’Eau vive » à Erpent (un concept décontracté avec une épicerie fine), aux « Terrasses du Prince » à Gembloux (une nouvelle brasserie tendance et familiale) et à l’« Espace Medissey » (une maison d’hôtes à Bois-de-Villers, où il prodigue aussi des cours de cuisine).

Mais c’est évidemment dans son restaurant emblématique de « L’Eau vive », à Profondeville, que le très charismatique chef namurois a réellement pignon sur fourneaux. Voilà de près de vingt ans qu’il y fait swinguer les papilles des plus fins gourmets grâce à une créativité récompensée de deux macarons Michelin et d’un 17/20 au Gault & Millau. Ses secrets ? « Mettre mon travail et mon expérience au service de très bons produits », sourit-il, un peu comme si la haute cuisine était encore plus simple que le golf.

 

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