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Le miracle de Medinah a 10 ans : Colsaerts était dans l’équipe victorieuse des Américains

Nicolas Colsaerts exprime toute sa joie après avoir battu Tiger Woods lors de la Ryder Cup de 2012, au Medinah GC. | © ©Philippe Gaudy

Sport

En 2012, Nicolas Colsaerts faisait partie de l’équipe européenne de Ryder Cup qui domina les États-Unis au terme d’une improbable remontada. Le premier jour, le Belge avait même battu le grand Tiger Woods. Évocation.


Par Miguel Tasso

C’était il y a dix ans, quasiment jour pour jour. Premier joueur belge à participer à une Ryder Cup, Nicolas Colsaerts, 29 ans, s’offrait le scalp de Tiger Woods et participait, en première ligne, à l’improbable victoire européenne face aux États-Unis sur le parcours du Medinah Country Club, dans l’Illinois. Souvenirs, souvenirs…

À l’époque, le golf défrayait rarement la chronique du Plat Pays. Mais, cette fois, la sélection d’un joueur belge pour la plus grande compétition mondiale avait attisé la curiosité des médias. Ils ne furent pas déçus : cette édition 2012 fut, en effet, l’une des plus passionnantes de l’histoire avec, en toile de fond, un vrai thriller et une folle remontada de la formation européenne.

Pour sa pendaison de crémaillère, le « rookie » bruxellois hérita, d’entrée, d’un défi à la mesure de son talent. Lors de son premier match de double, il défia en effet Tiger Woods en personne ! Pour l’occasion, il faisait équipe avec l’Anglais Lee Westwood, tandis que Steve Stricker épaulait l’icône mondiale du swing. Mais, à l’arrivée, ce fut un vrai mano a mano entre le « Coels » et le « Tigre » ! Au sommet de son art et pas complexé pour un sou, Nico sortit le grand jeu – huit birdies et un eagle – et -s’adjugea une victoire inespérée sous les yeux d’un public américain incrédule. Woods, subjugué, dira plus tard : « Je n’ai jamais vu un joueur putter aussi bien ! »

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Le lendemain, Colsaerts faisait les gros titres des journaux américains. Jamais un « rookie » n’avait signé une si belle prestation pour son premier match en Ryder Cup. Partout, on louait la terrible frappe de balle du « Belgian Bomber » mais aussi la facilité de son swing, son élégance naturelle et son charisme. Depuis les exploits de Justine Henin ou Kim Clijsters, aucun sportif de la petite Belgique n’avait à ce point suscité l’admiration de l’autre côté de l’Atlantique.

Malgré ce succès de prestige, l’équipe européenne n’en menait cependant pas large à l’aube de la dernière journée. Après les doubles du vendredi et du samedi, elle était même carrément menée 10-6. Bref, la messe semblait dite. C’était sans compter sur l’orgueil du capitaine espagnol José María Olazábal qui, dans les vestiaires, en appela à l’esprit de son compatriote Severiano Ballesteros pour transcender ses troupes. Le légendaire champion, héros de tant de Ryder Cup, était décédé un an et demi plus tôt. « J’ai demandé à mes joueurs de se battre en sa mémoire. Il nous a inspirés. Son âme nous a indiqué le chemin à suivre », raconte Olazábal.

Portée par le winning spirit du regretté conquistador lors des douze derniers simples, la formation européenne revint du diable Vauvert pour s’imposer, au bout du suspense, d’un petit point. C’est l’Allemand Martin Kaymer qui porta l’estocade en enquillant le dernier putt. La légende du « miracle de Medinah » était née.

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Ce sacre reste, sans nul doute, le moment le plus fort de la carrière de Nicolas Colsaerts. Dix ans après, il en parle toujours avec de l’émotion plein la voix. « C’était fou, c’était magique. J’ai encore la chair de poule rien qu’en y pensant. Le golf est traditionnellement un sport individuel mais, en Ryder Cup, il se dispute en équipe. Et face aux Américains, ça change tout. Ça crée des liens pour la vie. Chaque fois que je croise un autre membre de l’équipe de Medinah, il y a une étincelle qui jaillit. On forme une famille. »

Depuis 2012, le « Coels » n’a plus été sélectionné en Ryder Cup. Mais il sait qu’une grande partie de sa notoriété planétaire est toujours liée à sa performance dans l’Illinois et à ce 28 septembre 2012 où le « ketje de Bruxelles » domina, en prime time sur NBC, le grand Tiger Woods.

 

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