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« Il a fallu 60 ans pour que l’on parle des surfeuses »

Les surfeuses sont longtemps restées au creux de la vague. | © Flickr @ Nathan Rupert

Sport

Marie-Christine Delanne est monté pour la première fois sur une planche en 1959, à la Côte des Basques. Elle avait 12 ans. Aujourd’hui, la pionnière du surf au féminin en France se confie.

« J’étais très sportive. Je voyais les garçons évoluer sur l’eau et cela me fascinait, raconte-t-elle. Un jour, l’un d’entre eux m’a dit : « allez, vas-y, essaie. Je t’aide ». Et c’était parti ! ». Dans le sillage de Marie-Christine, quelques autres filles s’y mettent. « Nous étions une bonne quinzaine en championnat de France en 1963-1964, se souvient Marie-Christine, mais nous n’intéressions personne à l’époque. Les regards se tournaient vers ceux qu’on surnomme « les tontons surfeurs ».

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Il a fallu 60 ans pour qu’on parle des surfeuses.

Marie-Christine Delanne le regrette un peu : « nous n’étions pas les « taties surfeuses », nous étions tout simplement les pionnières en France et en Europe. Il a fallu 60 ans pour qu’on parle de nous ».  Autre temps, autres planches : à l’époque, les planches sont longues et lourdes. Il n’y avait pas de leach. Surfer était très physique. Pas de quoi décourager Marie-Christine.

 

Benjamin Nitot

Une émotion intense

« J’adorais aller sur des grosses vagues, avoue-t-elle. C’est une exaltation, une émotion si intense ». Elle se joint aux bandes de garçons qui s’entassent dans les « surf-cars » pour sillonner les plages et trouver le meilleur spot de vagues. « C’était une manière de vivre. On faisait cela entre copains, en familles. Il y avait des fratries de surfeurs. Ma sœur, Marie-Pascale a été vice-championne d’Europe. Et ma nièce, Lee-Ann Curren, sa fille et celle de Tom Curren (triple champion du monde de surf), évoluent au plus haut niveau chez les professionnelles ». Preuve que le regard sur les femmes surfeuses a bien changé : elles sont aujourd’hui ( enfin ) autant mises en lumière que les hommes.

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