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« Identify » : la série olympique qui sacre les athlètes transgenres

Identity suit le parcours de Pat Manuel, qui retourne à la compétition après avoir changé de sexe. | © Olympic Channel

Sport

La chaine olympique consacre une mini-série de cinq épisodes aux sportifs de haut niveau transgenres, un an après la fin de leurs restrictions d’accès à la compétition.

 

Schuyler Bailar nage comme un requin, Harrison Browne manie le palet comme personne, Chis Mosier est une étoile du triathlon, Pat Manuel boxe comme pour sa vie et pour Chloe Anderson, « à la fin de la journée, je suis juste une personne qui aime le volley ». « J’aime juste le sport que je joue, et je veux continuer à le faire, donc je continue à me pousser pour être sûre d’y arriver », explique la volleyeuse olympique. Et plus que les autres athlètes, Schuyler, Harrison, Chris, Pat et Chloe ont dû « pousser » pour se faire accepter, non seulement sur les podiums, mais aussi dans le monde du sport ultra-genré : ils sont nés avec avec un sexe qui ne correspondait par à leur identité de genre.

Pour le Comité olympique, ces sportifs de très haut niveau imposent le respect et forcent à remettre en question de nombreuses certitudes que pensait avoir l’univers du sport – comme le fait qu’une femme ne pourra jamais se mesurer en compétition aux hommes, par exemple. C’est ainsi, qu’en collaboration avec VICE, il a fait produire la série documentaire « Identify », soit le portrait de cinq athlètes transgenre.

Olympique et inclusif

On y voit les cinq hommes et femmes y raconter leurs premiers pas dans la compétition, leur rêve et leurs victoires, mais aussi leur peur d’être soi sans perdre la fierté d’être de grands sportifs, leur transition et tout ce qui se cache derrière celle-ci, quand on évolue entre les vestiaires et le terrain. Battante et nécessaire, la série est un bel hommage olympien, un an après que le Comité ait accepté que les personnes transgenres n’aient plus forcément à subir une opération de changement de sexe pour concourir avec les adversaires de leur genre.

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Chris Mosier est également le premier sportif qui a changé de sexe à avoir posé nu et à avoir sa propre pub Nike.

Depuis 2003, elles avaient le droit de le faire uniquement après deux ans de traitement hormonal et une opération de réassignation. Les athlètes femmes transgenre doivent cependant prouver que leur taux de testostérone ne dépasse pas un certain seuil.

De nombreux combats à gagner encore

Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi, et tous les sports, les ligues et les compétitions ne permettent pas encore aux personnes transgenre de concourir dans la catégorie de leur identité. Comme le rappelle L’Obs, la Ligue américaine de golf féminin n’autorise en compétition que celles qui sont nées femmes. En 2008, Lana Lawless, golfeuse transgenre, remportait le championnat du monde de long drive – une discipline qui consiste à envoyer la balle le plus loin possible. Après s’être faite confisquer sa médaille, elle était parvenue à la récupérer et à être réintégrée dans la Ligue en 2011, après un procès contre la fédération de golf.

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La perchiste allemande Yvonne Buschbaum, devenue un homme, avait elle dû sacrifier sa carrière pour pouvoir être définitivement réassignée.

©EPA PHOTO APA-ROBERT JAEGER-gi-fob – Yvonne Buschbaum (à droite) en 2002, aux championnats d’athlétisme de Vienne.

Le cas d’Heidi Krieger démontre quant à lui la violence de l’industrie du sport sur le corps des athlètes. En 1997, des changements irréversibles causés par des stéroïdes – pris à son insu – avaient conduit l’ex-champion de lancer de poids à changer de sexe. L’homme transgenre était ensuite parvenu à faire condamner le président des Fédérations sportives de RDA pour les dommages causés à sa santé et à celle des autres sportifs.

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