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Pourquoi les Indiens n’aiment pas faire de sport (alors qu’ils devraient)

(Image d'illustration) | © Flickr @Prashant Menon

Sport

Même si les salles de sport pullulent de plus en plus en Inde, la population n’est pas pour autant des plus convaincues à s’y rendre.

 

Les séances de sport en plein air, les cours de yoga dans les écoles, ceux de zumba dans les salles de fitness… Depuis plusieurs années, l’Inde se met au sport. Et pour cause : le pays détient le plus grand nombre de diabétiques au monde avec près de 51 millions de personnes touchées, il y a aurait plus de 30 millions d’obèses, et avec la Chine, l’Inde compte le plus grand nombre d’enfants obèses (14,4 millions). Mais malgré la multiplication des salles de sport en tout genre, l’Indien n’est pas très sportif. Un sondage relayé en 2014 par The Times of India révélait que moins de 10% des Indiens pratiquaient une activité physique, et que 54,4% de la population était totalement inactive soit environ 392 millions d’Indiens. Dans un autre sondage publié un an plus tard, on apprenait que 30% des Indiens entre 18 et 47 ans ne pratiquaient aucune activité sportive.

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En juillet dernier, Amaresh Ojha, fondateur et CEO de Gympik, leader du fitness en Inde qui prône le sport pour tous, déclarait au site Yourstory : « Le plus grand défi auquel je suis confronté est l’état d’esprit des gens. Dans notre pays, nous sommes formés culturellement pour nous occuper de la santé d’autrui mais pas de la nôtre. Mais la vision d’un pays sain devient de plus en plus forte chaque jour qui passe ». Forte mais surtout urgente.

Pour identifier pourquoi les Indiens et le sport ça fait deux, Gympik a alors mené l’enquête. Dans un sondage mené auprès de 1,06 million de personnes âgées de 20 à 35 ans habitant à Delhi, Bengalore, Bombay et Hyderabad, Gympik a constaté que 53% des Indiens n’avaient tout simplement aucune motivation à s’abonner à une salle de sport, et que seuls 30% des interrogés avaient déclaré avoir pris un abonnement à une salle ou à un centre de fitness. Et parmi ces 30% seuls 11% ont avoué s’y rendre régulièrement depuis plus de six mois.

Pour Amaresh Ojha, la raison principale est un manque de motivation. Mais si l’on regarde le sondage de plus près, on remarque que c’est surtout le fait que les salles, trop bondées, rendaient l’accès aux machines difficile. « Il faut bien garder à l’esprit que trop de gens s’inscrivent » précise Amaresh, ce qui fait que pour une salle destinée à 200 personnes, il y a en réalité 2 000 personnes inscrites. « Donc ce qui se passe, c’est que le plus souvent, le mardi ou le mercredi, les gens se ruent à la salle, et de nombreuses personnes n’ont pas accès aux machines ou trouvent alors que c’est surpeuplé » poursuit-t-il.

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Parmi les autres raisons évoquées qui dissuadent les Indiens à faire du sport, on retrouve le manque de résultats (22%), les coûts d’adhésion (20%), le manque d’entretien (17%) ou encore la qualité médiocre des équipements (11%). Et au contraire, les raisons qui les poussent à s’inscrire sont : réduire les risques liés à la santé (53%), améliorer la condition physique (46%), perdre du poids (42%) et combattre le stress (33%).

En Inde, le marché du sport est en plein essor. Il devrait dépasser les 1,05 milliard de dollars d’ici la fin de l’année selon l’enquête Gympik. En 2016, l’Inde comptait plus de 18 000 clubs de sport selon Euromonitor International.

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