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Les curieux transferts d’argent des membres du Comité olympique réveillent le spectre de la corruption

L'ancien président (belge) du comité olympique Jacques Rogge et les membres Alexander Popov et Frankie Fredericks | © EPA/KELD

Sport

Frankie Fredericks, ancien athlète et membre du Comité international olympique a été mis en examen pour corruption passive. Les indices retenus contre lui font écho à des révélations passées.

L’ex-sprinter namibien Frankie Fredericks a été mis en examen jeudi soir pour corruption passive et blanchiment de corruption dans le cadre de l’enquête en France sur des soupçons d’achats de voix dans l’attribution des jeux Olympiques de Rio, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier. M. Fredericks, membre du Comité international olympique (CIO), est dans le collimateur de la justice française à cause notamment d’un versement de 299 300 dollars (262 000 euros) provenant de la société du fils de l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) le jour même de l’attribution à Rio des JO de 2016.

L’ancien champion du monde du 200 mètres et quadruple médaillé olympique, âgé de 50 ans, s’était rendu jeudi matin à la convocation du juge Renaud Van Ruymbeke. L’information judiciaire, ouverte en décembre 2015 sur des soupçons d’achats de voix au sein du CIO dans l’attribution des jeux Olympiques d’été 2020 à Tokyo a été étendue en juillet dernier à ceux de Rio-2016.

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©Belga – Frankie Fredericks (gauche) sur le podium des JO d’Athènes 1997.

La compétence de la justice française, qui s’est saisie de cette affaire dans le sillage de son enquête sur un pacte de corruption entre le sommet de l’IAAF et la Russie, s’explique notamment par le fait que des fonds ont pu être blanchis à Paris.

Le fils de Lamine Diack dans tous les dossiers

Point commun de tous ces dossiers, Papa Massata Diack, ou « PMD », puissant consultant marketing de l’IAAF, que son père Lamine Diack a présidée de 1999 à 2015. En mars, le journal Le Monde a révélé l’existence de ce virement d’une société de Papa Massata Diack vers une structure liée à Frankie Fredericks en date du 2 octobre 2009. Ce jour-là, Rio obtenait l’organisation des JO-2016 lors d’une session du CIO à Copenhague (Danemark). Problème : Fredericks, qui a justifié ce virement par des activités de promotion pour l’athlétisme, était scrutateur du vote pour le CIO, dont il est devenu membre en 2012.

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De plus, trois jours plus tôt, la société d’un homme d’affaires brésilien, Arthur Soares, surnommé le « Roi Arthur » et proche de l’ex-gouverneur de Rio Sergio Cabral, avait versé 1,5 million de dollars à l’une des sociétés de « PMD ». Sergio Cabral est aujourd’hui en détention, condamné à 14 ans de prison dans l’immense scandale de corruption Lava Jato (« lavage express ») qui secoue le Brésil.

Peu après sa mise en cause, Fredericks avait démissionné de la présidence de la Commission d’évaluation des jeux Olympiques 2024. Le champion, seul médaillé olympique de la Namibie, avait également précisé qu’il ne participerait pas au vote pour les JO-2024, qui ont été attribués à Paris.

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