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Adieu Gianluigi Buffon, « Gigi », ta classe nous manquera

Gianluigi Buffon

Dépité, Gianluigi Buffon n'ira pas à sa sixième coupe du monde. Et voit aussi l'Italie rater sa première coupe du monde depuis 1958. | © Isabella BonottoMAXPPP

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Après 175 sélections en équipe nationale et cinq coupes du monde, Gianluigi Buffon a quitté sa Squadra Azzura en pleurs sur un échec face à la Suède. Le monde du football international dit adieu à un gardien exceptionnel doté d’un charisme et d’une classe sans pareille.

Gianluigi Buffon fait partie de ces idoles que l’on n’oubliera jamais. Emblème et capitaine de la Nazionale pendant 7 ans, Gigi est souvent cité comme “le meilleur gardien du monde” pour ses parades titanesques, son leadership hors norme et les 68 “clean sheets” (match sans but encaissé. NDLR) à son actif. Gianluigi Buffon, c’est 1m92 de charisme, d’assurance et de sang-froid en toutes circonstances.

Fair play hors du commun

Mais si on admire Buffon, c’est surtout pour son fair play hors du commun, démontré lundi encore lors de sa dernière sélection en équipe nationale face à la Suède. Alors en qualification pour la coupe du monde, la Squadra recevait en ses murs le onze d’Andreas Granqvist. En ouverture de rencontre, les supporters italiens se sont mis à siffler copieusement l’hymne national suédois. Un geste puéril, immédiatement décrié par Gianluigi Buffon qui s’est mis à applaudir en baissant la tête, témoignant son respect pour l’équipe adverse. Fidèle à lui-même, Gigi représente une fois de plus la classe incarnée.

 

Car Buffon n’en est pas à son premier coup. Il y a un an, il effectuait le même geste lorsque, reçue pour un match amical à Bari, l’équipe nationale française a vu elle aussi son hymne abondamment sifflé dans le stade. Ses applaudissements les plus marquants resteront ceux qu’il accorde à l’hymne national allemand, sifflé lui aussi lors d’un match contre l’Italie en 2013. De ses deux mains, Buffon entraîne d’un geste presque prophétique ses coéquipiers, les ramasseurs de balles et enfin les supporters italiens qui reconnaissent alors l’absurdité de leurs quolibets.

Fidèle à la Juve

Si Buffon est souvent cité comme exemple en ce qui concerne la classe dans le monde du football, c’est aussi pour la fidélité qu’il conservera tout au long de sa carrière pour son club de coeur:  la Juve.

En 2006 notamment, après la victoire chahutée de l’Italie face à la France en finale de la coupe du monde, nombreuses sont les équipes à s’arracher le grand Buffon. AC Milan, Inter, Arsenal…plusieurs clubs de légende sont époustouflés notamment par l’arrêt venu d’une autre planète que le gardien sort face à une tête parfaite de Zidane, et veulent à tout prix le compter dans leurs rangs.

 

Mais Buffon décide de décliner toutes ces invitations, fidèle au club qui l’a fait évoluer jusqu’au plus haut niveau et ce, bien que celui-ci soit relégué en seconde division cette même année. “Je ne peux pas cacher qu’après cinq ans à la Juve, j’ai été tenté par une nouvelle expérience”, admet alors le joueur. “Mais ce club m’a aidé à remporter des titres. Si je suis devenu champion du monde, c’est grâce à la Juve.” Au total, ce sont 17 saisons que Gianluigi Buffon disputera au sein du club turinois.

Un match avec des adolescents

En dehors des grands stades, Buffon aime aussi à ravir ses fans. Lors de vacances bien méritées suite à l’élimination de l’Italie de l’Euro 2016, on a pu par exemple voir le colosse de Carrare participer à un match de football organisé entre adolescents près de sa villa à Marina du Massa. Torse nu et en maillot, l’athlète dispute le match avec les jeunes en se plaçant, bien évidemment au poste de gardien de but.

Un peu avant cette scène, on pouvait également voir Gigi, non content de simplement les saluer, faire un câlin à ses fans qui se pressaient derrière une barrière.

Gianluigi Buffon admiré par ses confrères

On l’aura compris, peu de joueurs sont aimés et admirés autant que Buffon. Une reconnaissance que l’on voit d’ailleurs tant dans son public que parmi ses collègues de terrain. “C’est le guide”, déclarait ainsi Grégory Coupet, ancien gardien de l’équipe de France. “A chaque arrêt, ses défenseurs viennent lui taper dans le dos ou l’épaule pour se rassurer. Comme l’idole que les gens ont besoin de toucher.” De son côté, le grand Zizou ne tarit pas non plus d’éloges sur le portier italien. “C’est un leader naturel. Il a été extraordinaire pendant toute sa carrière. Concernant tout ce qu’il a dit à propos des joueurs qu’il a rencontrés, il s’est toujours montré avenant envers ses collègues. Cela montre la personnalité qu’il a.”

Revanche en C1

Malgré la déchirure que représente la défaite de lundi, Buffon n’a pas encore tout à fait dit son dernier mot. Toujours membre de la Juve, il reste au gardien légendaire l’occasion de faire gagner son équipe lors de la prochaine Ligue des Champions, qui devrait être sa dernière. Un objectif qu’il s’est officiellement fixé, annonçant dans la Gazetta dello Sport qu’il comptait “se concentrer pour pouvoir soulever cette Coupe”. Trop ambitieux Gigi? Pas vraiment, surtout au vu des dernières prestations du club en Ligue des Champions. On ne peut donc que souhaiter à Buffon que son rêve se réalise. Prego, Gigi, fais-nous rêver une dernière fois.

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