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Pourquoi le « low impact » a tout bon

BarreShape à l'Elephant Paname, à Paris. | © D.R.

Sport

Douces et extrêmement efficaces, ces disciplines éclipsent peu à peu les cours traditionnels dans les clubs de gym. Décryptage de cette mouvance qui réinvente le fitness.

 

Si aujourd’hui le Pilates, le yoga, le qi gong ou encore la barre au sol ont la cote, c’est parce qu’on a (enfin) pris conscience de l’importance de préserver son corps. Depuis les années 1980, la tendance était plutôt à l’aérobic et aux gyms toniques, des disciplines qui ont fait leurs preuves mais qui ont aussi négligé la sécurité et les bons placements des pratiquants. Résultat : des maux de dos, des genoux amochés, mais aussi des désagréments gynécologiques dus à de « mauvais » abdominaux.

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À rebours de ce courant, le « low impact » propose de tonifier son corps tout en le protégeant grâce à des exercices lents (mais pas forcément faciles) et réalisés avec concentration pour des résultats optimisés. Et ça fonctionne. À raison de deux séances par semaine de Gyrotonic, de swiss ball ou de stretching, les effets sur la silhouette sont bluffants. C’est la raison pour laquelle Pippa Middleton et les anges de Victoria’s Secret ne jurent que par le Pilates, tandis que Gisele Bündchen et Cara Delevingne ne font jamais l’impasse sur leurs séances hebdomadaires d’étirements. Verdict, on s’y met !

Géraldine Werner, fondatrice du concept BarreShape. – © D.R.

Renforcer les muscles en les étirant, voilà le mantra de ces gyms douces. Le principe ? Des exercices qui raffermissent les muscles profonds en ne faisant subir aucun impact aux articulations (pas de sauts ni de chocs) en rééquilibrant la silhouette. En cours de Pilates, par exemple, on tonifie la sangle abdominale et le dos, mais on découvre aussi comment bien placer sa nuque (allongée), ses épaules (basses) et son bassin (pas cambré). Il en va de même pour la barre au sol ou le concept new-yorkais du ballet Beautiful, un mix de barre classique et de Pilates dont raffolent Gwyneth Paltrow et Victoria Beckham ; ils proposent de s’assouplir et de se muscler en gommant les mauvais réflexes qui provoquent des douleurs chroniques. Quant au yoga, le principe reste le même : gagner en amplitude au niveau des muscles et des tendons pour se sentir mieux au quotidien, récupérer plus vite après un effort et limiter l’ostéoporose. Si l’on souhaite aussi perdre du poids, il est essentiel d’intégrer une ou deux séances de cardio-training à sa routine car ces gyms douces ne sollicitent pas autant la capacité respiratoire que des activités comme le running, le vélo ou le rameur.

Trente séances pour avoir un corps tout neuf

« Dix séances pour sentir la différence, vingt séances pour voir la différence, trente séances pour avoir un corps tout neuf ». Telle était la devise de feu Joseph Pilates, né en 1880 en Allemagne et inventeur du concept qui porte désormais son nom. Emilie, professeure de Pilates et de yoga dans un studio parisien, confirme : « Même quand ils sont non sportifs ou grands débutants, et peu importe leur âge, les élèves progressent de façon spectaculaire ».

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La raison ? La pédagogie ultra-efficace de ces cours. D’abord parce qu’ils donnent de nombreuses astuces pour comprendre le fonctionnement du corps, ensuite grâce à la lenteur d’exécution qui permet de mieux appréhender les mouvements. Ainsi, on peut commencer à tout âge (il existe des cours pour les enfants), sans risque, et même si on présente des pathologies. Par exemple, l’arthrose, les faiblesses aux genoux, les lombalgies ou bien les cervicalgies ne sont pas des contre-indications à la pratique de la plupart de ces activités. D’ailleurs, les kinés sont de plus en plus nombreux à travailler avec des instructeurs de Pilates pour la rééducation de leurs patients. Quant aux futures mamans, elles peuvent trouver des cours prénataux qui leur sont dédiés. Fred Mompo, créateur du Maternity Fitness dans son studio de Vincennes à Paris, explique : « Grâce à des exercices qui renforcent et assouplissent le corps, les femmes enceintes contrôlent leur poids, gagnent en mobilité du bassin et améliorent leur retour veineux ».

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Les bienfaits de ces pratiques douces dépassent le cadre sportif. D’abord parce qu’elles (ré)apprennent à respirer correctement, grâce à ce que l’on appelle la respiration consciente, c’est-à-dire profonde, fluide et localisée (par le nez ou par la bouche, au niveau de l’abdomen, des côtes ou des clavicules). En yoga, on l’appelle Pranayama, et en Pilates, la part belle est faite à la respiration costale. En cours de stretching, chaque étirement s’accompagne de larges expirations pour oxygéner les muscles. Le point commun de ces cours ? Permettre d’éliminer les tensions et de se relaxer. Résultat : au fil des séances, on applique ce principe à sa vie quotidienne, on respire plus intensément, donc on gère mieux les situations de stress. Ensuite, à l’instar de la méditation, ces disciplines low impact exigent de se recentrer sur soi. « Si on se focalise sur un geste, on le réalise avec davantage de précision, et ainsi ses effets sont maximisés », analyse Fatima qui enseigne le Feldenkrais, une méthode d’assouplissement qui permet d’éliminer les tensions et d’améliorer sa mobilité en utilisant l’imagination et la sensorialité. Ainsi, au fur et à mesure des cours, on augmente sa capacité de concentration, on améliore la perception de son corps tout en s’apaisant durablement.

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