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La ministre sud-coréenne démissionne à cause d’une « liste noire »

Le 17 janvier, Cho Yoon-Sun était interrogée par le Conseil indépendant sud-coréen concernant "l'affaire de la liste noire". | © AFP PHOTO / YONHAP / STR

Culture

Une liste noire qui reprendrait les noms de milliers d’artistes opposés à la présidence sud-coréenne, voilà la raison qui a poussé la ministre de la culture Cho Yoon-Sun à démissionner aujourd’hui de ses fonctions. Elle serait à l’origine de cette « black list« .

La ministre sud-coréenne de la Culture a démissionné samedi après avoir été arrêtée pour avoir constitué une « liste noire » de quelque dix mille artistes critiques de la présidente destituée Park Geun-Hye, a annoncé l’agence Yonhap. Cho Yoon-Sun aurait agi ainsi pour priver les artistes de subventions gouvernementales et d’investissements privés et les placer sous la surveillance des autorités. La ministre a remis sa démission au Premier ministre Hwang Kyo-Ahn, qui l’a aussitôt acceptée. Cette décision fait suite à un mandat d’arrêt émis par le tribunal de Séoul à son encontre, pour abus de pouvoir et parjure.

Une liste noire qui reprendrait les noms de milliers d'artistes opposés à la présidence sud-coréenne
Hubert Boesl /dpa – Le réalisateur Park Chan-Wook (Oldboy), ici avec les actrices de son dernier film The Handmaiden, ferait partie de la liste noire.

Madame Cho, 50 ans, souvent qualifiée dans les médias sud-coréens comme « la Cendrillon de (la présidente) Park », est une fervente partisane de la présidente destituée, pour qui elle avait également servi en tant que ministre pour l’Egalité des genres. Le même tribunal de Séoul a également émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Kim Ki-Choon, ancien chef de cabinet de la présidente Park, accusé d’avoir demandé à Mme Cho d’établir cette liste d’artistes « gauchisants ». Dans cette « liste noire » dressée par Mme Cho figurent des artistes appartenant tant au milieu du cinéma que du théâtre ou de la musique, ou encore de la littérature, représentant un véritable who’s who de la scène artistique sud-coréenne.

L’existence de cette « liste noire » a suscité beaucoup de ressentiment dans le pays, ravivant précisément les souvenirs de la dictature militaire des années 1960 à 1980, au cours desquelles le monde de la presse, des arts et des spectacles subissait une censure stricte.

Avec Belga

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