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David Antoine et ses 10 000 étoiles ont besoin de vous : « Noël était important pour moi avant, mais plus maintenant »

David Antoine

Les étoiles sont vendues au prix de 5 euros. | © Instagram

Culture

L’animateur de Radio Contact s’est confié en toute transparence sur ce projet si cher à son coeur.

 

Lancée en 2018, l’opération 10 000 étoiles a permis à plus de 12 000 enfants de célébrer Noël comme ils le méritent vraiment. David Antoine, l’homme qui se cache derrière le projet, nourrit une ambition: mettre des étoiles plein les yeux à tous ces enfants qui sont placés ou abandonnés. Pour ce faire, il a imaginé des petites étoiles, qui cette année sont en bois, à accrocher dans son sapin. Ces dernières sont vendues au prix de 5 euros et sont à retrouver dans l’un des très nombreux points de vente à travers la Wallonie, que vous pouvez retrouver ici. Les bénéfices générés seront ensuite reversés à l’ASBL Pêcheur de Lune.

Expliquez-nous le concept des 10 000 étoiles ?

« On est face à une problématique qui touche un petit peu tout le monde et qui nous rappelle une partie de notre enfance. On se souvient tous avoir découpé dans des magazines les photos des jouets que l’on souhaitait avoir avant d’envoyer notre lettre au Père Noël. Et bien on s’est rendu compte que dans certains instituts, les enfants faisaient une lettre au Père Noël mais ils n’obtenaient jamais de réponse. Il fallait qu’on trouve une solution parce que ces enfants ils se demandaient pourquoi le Père Noël ne leurs avaient rien envoyé à eux alors que d’autres avaient eu une réponse. Ils se demandaient s’ils avaient fait quelque chose de mal, si peut-être ils n’avaient pas été assez sages. On a donc créé le projet des étoiles pour financer la distribution de jouets par le Père Noël à ces enfants le 25 décembre. Ces enfants, ils se retrouvent en institut car leurs parents ne sont plus là, ou alors parce qu’on a abusé d’eux, ils ont été battus, violés… Tant d’horreurs. Mais ils restent malgré tout innocents et croient toujours au Père Noël. »

Les enfants recevront donc le jouet de leur choix ?

« Oui, ils vont vraiment avoir les jouets qu’ils ont demandés, j’y tenais vraiment. Alors attention, nous aussi quand on était petit on demandait des gros jouets et des trucs impayables. Donc ici, le Père Noël leur dira dans quelle page ils peuvent choisir. Ce ne seront pas des jouets de seconde main. Pas question de leurs donner des jouets qui ont déjà servis ou qui sont un peu abîmés. Ce seront des jouets neufs qui seront bien entendus emballés rien que pour eux. »

Combien d’enfants vont pouvoir bénéficier du projet ?

« Cette année, on est à plus de 3 700 enfants qui auront une réponse. Il faut savoir que l’opération des 10 000 étoiles continue tout au long de l’année. On espère qu’il restera un peu d’argent pour pouvoir continuer à leurs proposer des activités. L’ASBL Pêcheur de Lune. elle aide à mettre en avant tout ce qui est futile et pourtant si nécessaire pour un enfant. Quand on pense aux enfants qui sont placés en institut, on s’imagine qu’ils ont besoin de vêtements, de nourriture ou de jouets. Mais ce n’est pas suffisant, ils ont aussi besoin d’aller au cinéma, d’aller au musée, de s’amuser en fait. »

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Comment vous est venue l’idée de créer ces étoiles ?

« J’ai travaillé toute ma vie pour avoir beaucoup de chance. Pour le moment je n’ai pas à me plaindre et je veux rendre la pareille. Il y a quelques années, mon équipe du 16-20 et moi-même nous voulions faire quelque chose pour les enfants, avec qui j’ai toujours eu beaucoup d’empathie. Du coup, on s’est rendu dans une association et on est tombé sur un petit garçon de 5 ans: Raphaël. Il était en train dessiner, et moi en faisant un peu le con, si je peux dire, je lui ai demandé s’il allait écrire une lettre au Père Noël. Sauf que je me suis pris une claque, car il m’a dit: ‘Cela ne sert à rien, il ne répond pas’. Je ne savais pas quoi répondre, et du coup je lui ai dit que cette année il allait lui répondre. »

Cette année, la confection des 10 000 a semble-t-il été compliquée ?

« Oui, en effet. Il faut savoir que l’on n’est pas nombreux à travailler sur le projet, juste mon équipe du 15-18. Moi je m’occupe de la partie gestion et de la conception et j’avais commandé les étoiles à l’étranger. Sauf qu’à la suite du conflit géopolitique en Ukraine, toutes les étoiles ont été bloquées en Pologne. On ne les a jamais reçues. On a été pris de court et on a dû trouver un endroit où les produire en Belgique. Nous avons lancé un appel et nous avons trouvé un partenaire à Braine-l’Alleud, Made of Wood. Je sais que des gens diront ‘pourquoi tu les as commandées en Chine, cela t’apprendra’. Mais en les commandant là-bas, je ne paie l’unité que 0,38 euros contre 2,20 euros en Belgique. Et donc cela veut dire que j’aurais un plus gros chèque à donner à l’association. Alors oui, je pourrais mettre en vente les étoiles au prix de 10 euros, mais ce n’est pas mon but. Moi je souhaite qu’elles restent accessibles au grand public et que cela puisse aider les commerces locaux. On essaie de les aider également en augmentant leur visibilité. »

 

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Pourquoi avoir choisi la forme d’une étoile ? Il existe beaucoup d’autres symboles de Noël ?

« À la base, l’étoile je la voyais en haut du sapin. Je voulais que ce symbole de l’enfance soit en haut, mis en avant. J’ai ce souvenir, lorsque j’étais petit, mon père me prenait dans ses bras et j’accrochais l’étoile. J’avais également une autre idée en tête. En fait quand on regarde le ciel, les étoiles on ne les voit pas tout de suite. Elles n’apparaissent que par après et finalement on ne voit plus qu’elles. J’adorerais faire 100 000 étoiles l’année prochaine. Je pense qu’on va le faire, le nom du site est d’ailleurs déjà réservé ! »

Est-ce que Noël est une fête importante pour vous ?

« C’était important, mais plus maintenant. Même si je veux garder le côté magique. Je trouve que finalement cette fête est un peu surfaite. On est tous dans le mensonge. Personne ne reconnaîtra jamais que nos repas de Noël sont un peu catastrophiques. Qu’on a des engueulades dans la famille, que l’on s’entend bien la première heure et puis que chacun est sur son téléphone. Mais par contre, on sera ravis de montrer sur les réseaux sociaux que le sapin était magnifique et que le repas était délicieux. En fin de compte, tout le monde pense la même chose. Mais on est un peu gêné de reconnaitre que c’était un Noël raté, puisque sur les réseaux sociaux les Noël des autres semblent parfaits. »

Comment allez-vous fêter Noël ?

« Je vais passer le réveillon à la Villa Indigo, c’est un centre qui se trouve tout près de chez moi. Avant tout, c’est un centre de répit pour les familles, car il y a des enfants qui ont certaines complications de maladies très difficiles à gérer pour les parents. Ce centre leurs permet de souffler un petit peu. Il y a également des enfants qui se trouvent en soins palliatifs et qui n’ont eux pas de famille. Des enfants qui ont 7-8 ans et qui s’apprêtent à célébrer leur dernier Noël et je serai avec eux. Je suis très sensible et c’est un sujet qui me touche vraiment. »

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Quels sont vos projets pour la nouvelle année qui s’apprête à démarrer ?

« J’ai un projet en télévision dont le tournage devrait débuter fin janvier. Cela se passera autour des friteries, un sujet que j’aime beaucoup vous savez bien (rires). Je serai toujours sur Radio Contact bien sûr et dans l’émission Waldorado, j’adore vraiment découvrir les entreprises belges. Il y a également d’autres projets sur le feu mais je ne peux rien dire pour le moment car je suis tenu à la confidentialité. »

En passant du 16-20 au 15-18, vous perdez une heure d’antenne. N’est-ce pas un regret ?

« Oui j’ai perdu une heure, mais je commence une heure plus tôt ! Ma priorité c’était d’aller chercher les enfants qui sortent de l’école, donc je suis ravi. J’aurais bien aimer continuer le 16-20, car la marque est tellement ancrée auprès du public, mais je gagne en confort de vie et cela me permet d’avoir encore une journée après 18h. »

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