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La censure d’un film sur le viol fait (enfin) souffler un vent de #MeToo au Pakistan

Verna

"C'est un jeu de pouvoir. Tout est un jeu de pouvoir. Tu comprends pas bête fille ?" | © HUM Films

Cinéma

Après la censure (puis l’autorisation) d’un film sur le viol, les Pakistanaises en ont profité pour imposer le débat sur l’injustice envers les femmes dans leur pays. Comme un air de #MeToo.

Alors qu’il est plutôt passé inaperçu de notre côté du globe, Verna, sorti en novembre dernier, a bouleversé le Pakistan, et les Pakistanaises. Le pitch : Sara, compagne d’un homme handicapé avec qui elle forme un couple heureux, se fait kidnapper et violer par le fils d’un homme politique influent durant trois jours, avant d’être relâchée. Elle entame ensuite un long combat pour que justice soit rendue. Seule contre tous.

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Considéré comme « déviant » et accusé de « ternir l’image des institutions étatiques » par le Pakistan’s Central Board of Film Censors, le drame de Shoaib Mansoor fut tout d’abord censuré pour la simple et bonne raison qu’il traite d’un sujet encore tabou au Pakistan, là où les femmes sont encore dépourvues de droits fondamentaux, souligne Slate. Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir une partie de la société pakistanaise via une campagne sur les réseaux sociaux et les médias. Grâce au hashtag #UnbanVerna (Autorisez Verna), la censure fut levée.

Dans la vague de #MeToo

Au lieu d’étouffer le sujet, la censure de Verna a inspiré les Pakistanaises à s’inscrire dans le mouvement post-Weinstein en exposant les agressions sexuelles dont elles sont victimes. Même avant la sortie du film le 17 novembre, les témoignages se sont multipliés sur les réseaux sociaux.

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Mahira Khan, l’interprète de Sara, estime, d’après le New York Times, que le film s’inscrit dans le mouvement #MeToo puisqu’il envoie le message selon lequel rester silencieuse face à l’injustice n’est « plus une option ». « C’est ce que mon personnage prouve. Elle parle haut et fort et c’est ce que les médias pakistanais, le grand public, les internautes et les fans ont fait en exigeant que l’interdiction du film soit annulée ».

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