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The Polka King, où quand Netflix s’approprie (avec succès) les codes du cinéma indé

The Polka King

Jack Black et Jason Schwartzman se donnent la réplique dans une pépite ubuesque | © Netflix

Cinéma

Le scénario légèrement loufoque et délicieusement désuet. Le grain rétro aux délicats accents sépia. La voix fluette de Jason Schwartzman. De prime abord, The Polka King a tous les ingrédients de la comédie indie. Et pourtant, il s’agit là du dernier coup de poker réussi de Netflix. 

Il est loin le temps où le géant du streaming se contentait de produire des séries. Presqu’aussi loin que l’époque où les codes du cinéma indépendant n’étaient pas encore devenus des gimmicks prêts à être reproduits pour donner un cachet cool à n’importe quel film. Car depuis le succès critique contesté d’Okja, production Netflix projetée au Festival de Cannes, rien que ça, plus rien n’arrête Netflix. Et après quelques films au casting aussi impressionnant que leur scénario était mauvais (here’s looking at you, The Do Over), l’entreprise US a fait le pari de produire des pastiches réussis de films indie, à l’image de The Discovery ou The Meyerovitz Stories.

The Polka King
Netflix

Oom-pa-pa

Ne serait-ce le « Netflix » rouge fièrement apposé dans le coin supérieur gauche de l’affiche, rien n’indiquerait que ces films ne sont pas sortis tout droit du cerveau d’un kid de Portland nourri au cinéma de la côte Est et aux palmarès de Sundance. Car si le cinéma indépendant s’est d’abord créé comme une alternative économique aux productions à gros budgets, le genre a depuis donné naissance à une esthétique reconnaissable entre mille, dans laquelle les studios n’hésitent pas à puiser pour séduire les hipsters cinéphiles. Et si c’est parfois une gageure aux résultats plus que douteux, il s’avère que Netflix, malgré ses 100.9 millions d’abonnés dans le monde et son chiffre d’affaires qui frôle les 3 milliards de dollars, est très doué quand il s’agit de s’approprier les codes du cinéma à petit budget.

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Dès les premières minutes, The Polka King séduit par sa loufoquerie et son ambiance à mi-chemin entre le soviet kitsch et l’Amérique profonde. Dans le rôle principal, un Jack Black en grande forme, qui donne la réplique à Jason Schwartzman, poster boy du cinéma indie des 00s, et à une Jenny Slate magistrale avec sa permanente de plouc et son accent nasillard. Le pitch : l’histoire incroyable (mais vraie) de Jan Lewan, chanteur de polka condamné à 5 ans de prison en 2004 pour avoir bâti une pyramide de Ponzi sur le dos des petites mamys qui venaient l’applaudir en concert.

On a beau connaître la fin dès le visionnage de la bande-annonce, il est impossible de ne pas se laisser emporter par le récit picaresque de cet immigré fantasque qui a plumé des retraités à travers 14 États aux USA. D’autant que si ses larcins ont fini par le rattraper, l’appropriation de Netflix, elle, est on ne peut plus réussie. La preuve : The Polka King a d’abord eu l’honneur d’être montré à Sundance avant d’apparaître sur les petits écrans. Ziggy zaggy Ziggy zaggy – Oi oi oi !

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