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#MeToo au Festival de Berlin : Kim Ki-Duk persona non grata ?

Le réalisateur sud-coréen Kim Ki-Duk avait obtenu le Lion d'or à Venise pour "Moebius". | © EPA/FILIP SINGER

Cinéma et Docu

Le directeur du Festival de Berlin, Dieter Kosslick, a annoncé lors de la conférence de presse sur la sélection avoir exclu des films dont des protagonistes étaient l’objet d’accusations jugées crédibles d’abus sexuels.

Jeudi 15 février s’ouvrira la 67e Berlinale, le Festival de cinéma de Berlin bien connu des cinéphiles pour accueillir de nombreux talents du cinéma d’auteur et quelques stars américaines venues défier le froid en tenue de soirée. Avant même la projection du film d’ouverture, le très attendu L’Île aux chiens de Wes Anderson, le directeur du festival, Dieter Kosslick, qui doit subir une fronde d’une partie des réalisateurs allemands pour ses choix, a annoncé la couleur féministe lors de la conférence de presse, annonçant les derniers films en compétition. Il a ainsi indiqué avoir lors de la sélection exclu plusieurs films car leurs réalisateurs, acteurs ou personnes liées à la production étaient l’objet d’accusations jugées crédibles d’abus sexuels, sans donner le moindre titre.

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Dieter Kosslick a également indiqué vouloir un « forum » pour discuter des « changements concrets » à apporter sur le traitement des femmes dans l’industrie du cinéma, après la résonance internationale du mouvement #MeToo.

Kim Ki-Duk a avoué une partie des faits

Seul hic, un premier scandale a déjà éclaté : une actrice sud-coréenne, sous le couvert de l’anonymat, a critiqué les organisateurs pour avoir invité le réalisateur Kim Ki-Duk. Elle a accusé ce dernier de l’avoir giflée et forcée à tourner des scènes de sexe improvisées alors qu’elle travaillait sur son film Moebius en 2013. Elle avait finalement été remplacée par une autre actrice.

La Berlinale a dit encore « attendre des informations détaillées » alors que le cinéaste a été inculpé et avait reconnu une partie des faits en août dernier. « Lors de notre premier jour de tournage, nous tournions la toute première scène du film où le mari et la femme se livraient un combat acharné, se battant les uns les autres. J’ai peut-être giflé l’actrice en adoptant le point de vue subjectif de son partenaire, ou je l’ai peut-être giflé,  pour lui montrer jusqu’où je voulais qu’elle aille avec son partenaire de jeu », avait déclaré officiellement le cinéaste. « Dans les deux cas, je n’avais rien de personnel contre l’actrice ».

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Il doit présenter Human, Space, Time and Human dans la section Panorama du festival.

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