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Wes Anderson : « Deux maîtres japonais pour inspiration : Akira Kurosawa et Hayao Miyazaki »

Wes Anderson au Festival de Berlin, le 15 février 2018. | © BELGA/John MACDOUGALL/AFP

Cinéma

Le réalisateur américain Wes Anderson présente son dernier film en ouverture du 68e Festival de Berlin : le film d’animation L’Île aux chiens.

 

De festival en festival, de film en film, le réalisateur américain Wes Anderson est toujours accompagné d’une joyeuse troupe d’acteurs qui ne refuserait pour rien au monde de tourner avec ce cinéaste unique. Pour l’ouverture du 68e Festival de Berlin, de nombreuses stars avaient fait le déplacement, parfois pour se retrouver au rang des producteurs comme l’actrice Tilda Swinton : Bill Murray, Greta Gerwig, Liev Schreiber, Jeff Goldblum, Bryan Cranston.

Mais le « chief » (le nom du personnage canin principal de L’Île aux chiens), c’est bien sûr, lui, Wes Anderson. Sur l’incroyable casting vocal de son deuxième film d’animation après Fantastic Mister Fox, il joue le candide : « Quand on fait un film d’animation, on ne peut pas nous dire : je ne suis pas disponible. On peut travailler de la maison, de jour, de nuit, il n’y a pas d’excuse pour refuser », assure-t-il. « Être une voix avec ce groupe d’acteurs, c’est un peu comme avoir participé au clip de ‘We Are The World’ », renchérit, toujours goguenard, son vieux complice Bill Murray.

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On doute pourtant que les stars se seraient pressées pour jouer un chien dans un film d’animation en partie en Japonais sans le talent fou de Wes Anderson aux manettes. « Avec mes co-scénaristes, nous avons commencé avec l’idée de vouloir raconter une histoire sur des chiens abandonnés, une bande de chiens errants qui vivent dans les poubelles. Depuis des années je voulais aussi raconter une histoire au Japon, en hommage au cinéma japonais que j’adore ». Et l’auteur de Moonrise Kingdom de citer deux maîtres : Akira Kurosawa (Ran) et Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro), ainsi qu’une troisième influence majeure : The Plague Dogs, film d’animation du début des années 80 qui l’a beaucoup marqué. Bien sûr, ne comptez pas sur lui pour délivrer un message politique à la tribune, mais ce « maire » qui veut exiler les chiens malades pourrait sévir « n’importe où et à n’importe quelle époque ».

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Son visage s’illumine quand il parle de la technique employée sur le film : le stop-motion ou animation avec des marionnettes et des maquettes, image par image, comme par exemple Ma Vie de courgette. « Quand on fait du stop motion, on travaille souvent à l’ancienne, avec des modèles physiques, je crois que, dans le film, il n’y a aucune scène entièrement numérique, que des grosses et des petites maquettes. J’adore les maquettes, cela a un charme fou. Pour moi, cela fait partie du cinéma que j’aime, comme dans les films d’Alfred Hitchcock ». Et quand on évoque les chiens de la vie réelle, c’est avec une certaine émotion qu’il confie l’une des clés du film : « avec mon frère, nous avions un labrador qui s’appelait Chief, comme le héros canin du film ».

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