Paris Match Belgique

Sophie Marceau, l’espiègle

Sophie Marceau confie s'être inspirée de "Certains l'aiment chaud" et "Tootsie", deux de ses films fétiches. © Elsa Trillat / Paris Match

Cinéma

Pour son troisième film, Mme Mills, une voisine si parfaite, Sophie Marceau se met en scène dans une comédie déjantée. L’actrice se livre à l’oreille complice de son ami Dominique Besnehard.

 

Première projection de Mme Mills, une voisine si parfaite. La lumière se rallume, ovation dans la salle. Visiblement rassurée par l’accueil réservé à sa troisième réalisation, Sophie Marceau savoure ce moment, des larmes plein les yeux. Après les années difficiles, la perte de deux êtres chers, Andrzej Żuławski, son ex-mari, père de son fils, mort en 2016, et sa mère, Simone, sa « racine », en 2017, elle retrouve enfin le sourire. Sophie a 51 ans et presque quarante années de carrière. Elle a été adulée, mais aussi jugée et critiquée avec brutalité; elle a vacillé parfois, sans jamais tomber. Ce soir, au cinéma du Panthéon, pour se sentir plus forte, la guerrière aux pieds d’argile s’est entourée de sa garde rapprochée en guise de cordon sanitaire. Danièle Thompson et moi en sommes deux piliers fidèles, témoins fondateurs de son incroyable histoire.

 

Danièle, scénariste de La boum, créatrice du personnage de Vic, a fait d’une inconnue de 13 ans une star; moi, qui fus son agent après Jean-Louis Livi, je l’ai accompagnée pendant vingt ans. Ce qu’elle me rappelle avec bonne humeur quand je lui demande pourquoi, alors que, dans l’industrie du cinéma, l’addition des notoriétés est une recette inratable, personne n’a encore jamais pensé à associer son nom sur une affiche à celui de Pierre Richard : « À quoi pouvait bien penser mon agent ? » réplique-t-elle. J’en reste coi.

Sophie Marceau de retour sur Instagram avec une bonne nouvelle

C’est Pierre Richard qui vient à mon secours. Indulgent, il me fournit l’excuse. Certes, m’explique-t-il, ils étaient tous les deux sous contrat chez Gaumont, « mais nos trajectoires cinématographiques étaient si différentes »… Question de génération, aussi? Peut-être… Finalement, le hasard a joué les messieurs bons offices. En pleine écriture de son film, Sophie découvre, sur une chaîne info du câble, un reportage sur les 80 ans de Pierre. Pour cet anniversaire, il a loué l’Olympia à l’usage de ses potes et de ses fans, et fait un spectacle en racontant sa carrière. Bingo! Elle est aussitôt convaincue que le facétieux octogénaire est son personnage. D’ailleurs, ils ont aujourd’hui le même agent, Elisabeth Tanner. Un tandem est né.

Le scénario veut que Pierre Richard, escroc international, se travestisse en femme pour dérober un objet d’art. Sa propriétaire (Sophie) est une éditrice de romans roses, aux prises avec la menace du rachat de son entreprise. Elle lui ressemble tellement, cette Hélène ! Je ne peux m’empêcher de le lui dire : « Pas de mari, solitaire et vraie battante, un personnage qui s’évade dans un monde imaginaire et vit par procuration… c’est tout toi ! Les histoires, tu les joues ou tu les écris pour en faire des films, alors qu’elle, elle les édite. Comme toi encore, elle a une grande méfiance à l’égard des autres, un comportement fréquent chez ceux qui ont été trahis. On la sent, aussi, très éprise de justice… » Sophie sourit, répète qu’elle est pudique et ajoute: « Mais cela ne m’empêche pas d’avoir envie de partager des expériences et des émotions d’êtres humains, comme tout le monde. Un film est le meilleur vecteur pour le faire, parce qu’il permet toutes les transpositions. »…

Maquillage Anne Guilmard. Coiffure Bernard Friboulet / Salon Très Confidentiel. Stylisme Charlotte Renard / Isabel Marant Etoile, Majestic Filatures, Samsoe & Samsoe, Weston, Roseanna

Retrouvez la suite de cet entretien dans Paris Match Belgique dans toutes les librairies le jeudi 22 février

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